LA SUIVANTE
Seigneur, ma maltresse va venir dans l’instant.
ISAAC
A son lobir ; — qu’elle ne se presse pas.
La suivante sort.
isaac, seul , continuant.
C’est grand dommage que je ne me sois jamais exercé à jouer les scènes d'amour. — Je crains bien de faire dans ce rôle-là une triste figure. Je ne serais pas plus effrayé si je me préparais à comparaître devant l’inqubition. Bon ! la porte s’ouvre ; — la voici qui vient, — il n’est pas jusqu’au frôlement de sa robe de soie qui n'ait quelque chose de dédaigneux.
Entre LA DUÈGNE, sous les Têtemens de Louisa. isaac, continuant.
Je n’ose tourner la tète de son côté; — si je le fais, sa beauté, sans nul doute, va me rendre muet ; je voudrais qu’elle me parlât la première.
Seigneur, je suis à vos ordres.
ISAAC
Bon ! la glace est rompue, et voilà un début on ne peut plus civil. — Hum ! — Snadame, —mademoiselle, —je suis tout attention.
LA DUÈGNE
Non, seigneur, c’est à moi de vous écouter, à vous de parler.
isaac, à part.
Ma foi , je ne vois rien là de si dédaigneux; je crois que je pub m’aventurer à regarder. — Non, — je n’ose; — un seul regard de ces yeux fripons me rendrait tout interdit.