ACTE II, SCÈNE II
LA DUÈGNE
Eh bien ! seigneur, quelle est votre détermination ?
ISAAC
Mademoiselle, le ravissement seul m’avait été la voix ; j’applaudis votre résolution, et j’accepte avec joie ce que vous me proposez ; permettez que je dépose sur cette blanche main l’expression de ma gratitude.
LA DUÈGNE
Il vous faut d’abord, seigneur, obtenir de mon père la permission de vous promener avec moi dans le jardin; mais donnez-vous bien de garde de l’informer de mes bontés pour vous.
ISAAC
Non, certes, cela gâterait tout ; mais fiez-vous à moi, quand il y a quelque malin tour à jouer; je suis votre homme; aujourd'hui même vous serez hors de sa puissance.
LA DUÈGNE
Fort bien ; je vous laisse arranger tout cela comme vous l'entendrez. Je vois parfaitement, seigneur, que vous êtes un homme dont l’intelligence n’est pas facile à mettre en défaut.
Vous avez raison, mademoiselle, vous avez raison, je vous assure.
Entre LA SUIVANTE.