ACTE 11, SCÈNE III
celte demeure ne le protégeait, tout vieux que je suis, cette épee me ferait justice.
isaac, à part.
Tâchons de nous tirer d’affaire le mieux que nous pourrons : la fortune de la future n’en est pas moins belle.
isaac chante.
Vous offenser, seigneur.
Fut loin do ma pensée ;
Apaisez la fureur * De votre âme blessée.
J’aime encor mon ami ;
J'adore mâ maîtresse;
Couronnez ma tendresse,
Je l’épouse aujourd’hui.
DUO
Jérôme.
D’irriter ma rage
18AAC.
D’irriter sa rage
JÉROME
Garde-toi, morbleu.
' ISAAC
Gardons-nous, morbleu. - •*
Seigneur, soyez sage.
JÉROME
Va, sors de oe lieu.
ISAAC
Don Jérôme, voyons, laissons là la plaisanterie et parlons sérieusement. »
JÉROME
Comment dites-vous?
ISAAC
Je veux être pendu, si vous n’avez pas pris au sérieux le mal que je disais de votre fille.
T * JÉROME
Ce n’étaient donc pas vos sentimens que vous exprimiez tout à l'heure ?
ISAAC
Tant s’en faut! une pure plaisanterie seulement pour voir jusqu’à quel point fa chose vous fâcherait.
JÉROME
En vérité? Ma foi, je ne vous croyais pas si plaisant. [Il rit.) Ha ! ha ! ha ! par saint Jacques, savez-vous que vous m’avez mis étrangement en colère? Eh bien, vous trouvez donc Louise jolie?
LA DUÈGNE
ISA AC
Jolie ! Venus de Médicis était une sibylle auprès d’elle.
JÉRÔME
Donnez-moi votre main, mauvais petit plaisant que vous êtes! j'ai vu le moment où tout allait être rompu entre nous.
FERDINAND, Ù part.
Allons ! j’espérais qu’ils allaient se brouiller; mais je vois que ce juif est un /usé coquin.
JÉROME
Cette bouffée de colère m’a singulièrement altéré, — il est rare que je me fâche. — (A Ferdinand.) Dis qu’on nous apporte du vin dans la pièce voisine ; nous boirons à la santé de la chère enfant. Pauvre Louisa! toi, laide! (Il rît.) Ha! ha! ha! la plaisanterie était bonne ! t
isaac, à part.
Elle était vraie, après tout.
JÉROME
Ferdinand, j’exige que tu boives au succès de mon ami.
FERDINAND
Je boirai de bien bon cœur au succès de mon ami.
JÉROME
Venez, mon petit Salomon ; s’il reste encore entre nous la moindre étincelle de colère, c'est le seul moyen de l’éteindre.
TRIO
Un verre de vin généreux Nous mettra d’accord beaucoup mieux Que ne pourraient jamais le faire Procureur, juge, ni vicaire.
JÉROME
Viens doue entre nous,
Mon cher camarade, *
Noyer ton courroux * Dans uneVasade
De ce jus si doux.
Mais si la querelle est plus grave, Buveurs assemblés en conclave.
Vidons tout le tonneau pour rétablir la paix ; Et que le breuvage céleste, «
Avalé par nous à longs traits,
Apaise tout ferment funeste.
TRIO
Un verre de vin généreux