‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 13 sur 136 · I.XVI · texte numérisé non relu

I.XVI

INTRODUCTION

titre , quoique éternel et infini , se rapporte à la Nature naturée La Pensée divine est donc absolument indéterminée ; et son objet, c’est l’Être absolument indétermiué, la Substance en soi, dégagée de ses attributs, qui déjà le déterminent en le développant.

Si telle est la Nature , si tel est l’objet de la Pensée divine , qu’a-t-elle à voir avec l’entendement des hommes? L’Entendement en général est une détermination de la Pensée, et toute détermination est une négation J. Or, il n’y a pas de place pour la négation dans la plénitude de la Pensée.

Pour Spinoza, l’entendement humain n’est rien de plus qu’une suite de modes de la Pensée , ou , comme il dit encore, une idée composée d’un certain nombre d’idées. Supposer dans l’âme humaine , au delà des idées qui la constituent , une puissance , une faculté de les produire , c’est réaliser des abstractions. Tout l’être de l’Entendement est compris dans les idées, comme tout l’être de la Volonté s’épuise dans les voûtions. La Volonté en général, l’Entendement en général sont des êtres de raison ; et, si on les réalise, des chimères absurdes, des entités scolastiques, comme l’humanité ou la pierréité 2.

Or, il est trop clair que la Pensée de Dieu ne peut être une suite déterminée d’idées; si donc l’on attribue à Dieu un entendement, il faut le supposer infini. Mais qu’est-ce qu’un entendement infini? uue suite infinie d’idées. Concevoir aiusi la Pensée de Dieu, c’est la dégrader; car c’est lui imposer la condition du développement , c’est la faire tomber dans la succession et le mouvement , c’est la charger de toutes les misères de notre nature. L’Entendement est de soi déterminé et succes-

• De Dieu, Propos. XXXI. — Comp. Lettre à Simon de Vries, tome n,

• 'HUviï)

4 Lettres, tome 11.

5 De l’Ame, Scliolie «te la Propos . XI. VIII. ’ .

Digil

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