CLXV
INTRODUCTION
parce qu’elle est la vie ia plus raisonnable , la plus libre , la plus heureuse, la plus pleine; en un mot, parce qu’elle nous donne plus d’être que toute autre vie > et satisfait plus complètement le désir fondamental qui constitue notre essence
A l’aide de ce principe fécond, Spinoza, qui semblait avoir détruit toutes les vertus en les confondant en un mélange sacrilège avec les vices, va les retrouver l’une après l’autre.
Il avait fait de l’humanité un assemblage d’êtres égoïstes, uniquement occupés -de la satisfaction de leurs grossiers appétits, un troupeau de l)êtes féroces prêtes à s’entre-égorger sans pitié ; il va maintenant réconcilier les hommes et les unir en une grande famille où régnera la charité. Quelle est en effet la cause de toutes les haines, de toutes les violences des hommes? C’est l’appétit qui les pousse à des objets dont la possession est incertaine et ne peut se partager, niais la raison pacifie toutes nos passions en les élevant à leur véritable objet ; et le privilège sublime de ce divin objet, c’est qu’il se donne tout entier h tous * et , loin de s’affaiblir , s’augmente encore par une possession commune '. « U amour de Dieu , dit