‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 64 sur 136 · DES PROPHÈTES · texte numérisé non relu

DES PROPHÈTES

Il résulte du chapitre qui précède que les prophètes n eurent pas en partage une âme plus parfaite que celle des autres hommes, mais seulement une puissance d’imagination plus forte. C’est aussi co que nous enseignent les récits de l’Écriture. Il est certain, en effet, que Salomon excellait entre les hommes par sa sagesse; il no l'est pas qu’il eut le don de prophétie. Heman, Darda, Kalchol étaient des hommes d’une profonde érudition, et cependant ils n’étuient pas prophètes; au lieu que des hommes grossiers, sans lettres, et même des femmes, comme Hagar, la servante d’Abraham, jouirent du don de prophétie. Tout ceci est parfaitement d’accord avec l’expérience et la raison. Ce sont, en effet, les hommes qui ont l’imagination forte qui sont les moins propres aux fonctions de l’entendement pur, et réciproquement les hommes éminents par l’intelligence ont une puissance d’imagination plus tempérée , plus maîtresse d’elle-même, et ils ont soin de la tenir en bride afin qu’elle

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ne se mêle pas avec les opérations de l’entendement. Ainsi, c’est s’abuser totalement que de chercher la sagesse et la connaissance des choses naturelles et spirituelles dans les livres des prophètes ; et puisque l’esprit de mon temps, la philosophie et la chose ellemême m’y invitent, j’ai dessein de démontrer ici ce principe tout à mon aise, sans m’inquiéter des cris de la superstition, celte ennemie mortelle de tous ceux qui aiment la science véritable et mènent une vie raisonnable. Hélas ! je le sais, les choses en sont venues à ce point que des hommes qui osent dire ouvertement qu’ils n’ont point l'idée de Dieu, et qu’ils ne connaissent Dieu que par les choses créées (dont les causes leur sont inconnues) ne rougissent pas d’accuser les philosophes d’athéisme. Mais quoi qu’il en soit, je poursuis, et, pour procéder avec ordre, je vais démontrer que les prophéties ont varié, non-seulement suivant l'imagination de chaque prophète et le tempérament particulier de son corps, mais aussi suivant les opinions dont les prophètes étaient imbus; d’où je conclus que le don de prophétie ne rendit jamais les prophètes plus instruits qu’ils n’étaient, ce que je me réserve d’expliquer plus loin avec étendue; mais je veux traiter d’abord de la certitude des prophètes, parce que mon sujet m’impose d’abord celte question, et de plus, parce qu’une fois résolue, elle me servira à établir la conclusion dont je viens de parler.

L’imagination pure et simple n’enveloppant point en elle-même la certitude à la façon des idées claires et distinctes, il s’ensuit que pour être certains des choses que nous imaginons il faut que quelque chose s’ajoute à l’imagination, savoir, le raisonnement. Par conséquent la prophétie, par elle-même, n’implique pas la certitude, puisque la prophétie, ainsi que nous l’avons démontré, dépend de la seule imagination ; d’où il résulte que les prophètes n’étaient pas certains de la révélation divine par la révélation elle-même, mais par quelques signas, comme on peut le voirdans la Genèse (ch. xv, vers. 8), où Abraham, après avoir entendu la promesse que Dieu lui faisait, lui demanda un signe. Assurément il croyait en Dieu et avait foi en sa promesse, mais il voulait être assuré que Dieu la lui faisait effectivement. Cela est plus évident encore pour Gédéon : « Faismoi, dit-il à Dieu, un signe, [afin que je sache] que c'est toi qui me parles (voyez Juges, ch. vi, vers. 17). » Dieu dit aussi à Moïse :

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« Et que ceci [te soit ; un signe que c'est moi qui l ai envoyé. » Ezéchias, qui savait depuis long-temps qu Isaïe était prophète, lui demanda néanmoins un signe de la guérison qu'il lui prédisait. Tout cela fait donc bien voir que les prophètes ont toujours eu quelque signe qui les rendait certains des choses qu’ils imaginaient prophétiquement, et c’est pour cette raison que Moïse (voyez Deutéron., ch. xviii, dernier vers.) commande aux Juifs de demander aux prophètes un signe, c’est-à-dire la prédiction de quelque événement sur le point de s’accomplir. Par cet endroit la connaissance prophétique est donc inférieure à la connaissance naturelle, qui n’a besoin d'aucun signe, et de sa nature enveloppe la certitude. Du reste, cette certitude des prophètes n’était point mathématique, mais morale , et je le dis en me fondant sur l’Écriture. Moïse, en effet, ordonne que l’on punisse de mort le prophète qui voudra enseigner de nouveaux dieux, bien qu’il confirme sa doctrine par des signes et des miracles [Deutéron., ch. xiv); car, dit-il, Dieu fait aussi des miracles et des signes pour tenter son peuple ; et c’est aussi ce dont Jésus-Christ a soin d’avertir ses disciples ( Matthieu , ch. xxiv, vers. 24). Ezéchiel va plus loin; il dit en propres termes (ch. xvi, vers. 8) que Dieu trompe quelquefois les hommes par de fausses révélations : « Et quand un prophète (il s’agit ici d’un faux prophète) se montre et vous adresse quelque parole, cesl moi qui envoie ce prophète. » Et ce témoignage est confirmé par celui de Michée touchant les prophètes d’Achab (Rois, liv. I, ch. xxu, vers. 21).

Quoique ces passages semblent établir que la prophétie et la révélation sont choses fort douteuses, elles avaient pourtant beaucoup de certitude, Dieu ne trompant jamais les justes ni les élus; mais, suivant cet ancien proverbe cité par Samuel (I, ch. xxiv, vers. 13), et comme le fait bien voir l’histoire d’Abigaïl, Dieu se sert des bons comme d’instruments de sa bonté, et des méchants comme de moyens et d’instruments de sa colère ; ce qui se confirme plus clairement par le témoignage de Miellée que nous avons cité tout à l’heure; car, bien que Dieu eût résolu de tromper Acliab, il ne se servit pour cela que de faux prophètes, et découvrit la vérité au prophète pieux, sans l’empêcher nullement de la prédire. Mais avec tout cela il n'en est pas moins vrai que la certitude des prophètes était purement morale, nul ne pouvant, comme l’ensei- I. 8

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gne l'Écriture, se déclarer juste devant Dieu, ni se vanter d’être l’instrument de sa miséricorde. Et David lui-même fut poussé par la colère do Dieu au dénombrement de son peuple, bien que l’Écriture rende hommage en plusieurs endroits à sa piété. Ainsi donc toute la certitude des prophètes était fondée sur ces trois choses : 1° en ce qu’ils imaginaient les choses révélées avec une extrême vivacité, analogue à celle que nous déployons dans les songes; 2° ils avaient un signe pour confirmer l’inspiration divine; 3U leur âme était juste et n’avait d’inclination que pour le bien. Quoique l’Écriture ne fasse pas toujours mention du signe, il y a lieu de croire que les prophètes avaient toujours un signe; car l’Écriture d'ordinaire, comme plusieurs l’ont déjà remarqué, ne fait pas toujours mention de toutes les conditions et circonstances des choses, les supposant suffisamment connues. Ajoutons à cela «pie nous pouvons parfaitement accorder que les prophètes qui n'avaient rien a prédire de nouveau et qui ne fût contenu dans la loi de Moïse n’avaient pas besoin de signes, parce que l'Écriture était là pour confirmer leurs paroles, far exemple, la prophétie de Jérémie sur la ruine de Jérusalem, étant confirmée par celles des autres prophètes et par les menaces de la Loi , n’avait pas besoin d'un signe. Chananias, au contraire, qui prophétisait, contre le sentiment de tous les autres prophètes, la prochaine restauration de la cité, avait absolument besoin d'un signe; autrement il aurait dû douter de sa prophétie jusqu’à ce qu elle fût confirmée par l’événement (voyez Jérémie, ch. xxvm, vers. 8).

Puisque la certitude que les signes donnaient aux prophètes n’était pas une certitude mathématique (comme celle qui résulte de la nécessité même de la perception de la chose perçue), mais seulement morale , et que les signes n’avaient d'autre objet que de persuader le prophète, il s’ensuit que ces signes ont dû être proportionnés aux opinions et à la capacité de chacun; de telle sorte qu’un signe qui avait rendu tel prophète parfaitement certain de sa prophétie aurait laissé dans l’incertitude tel autre prophète imbu d opinions différentes; et de là vient qu’il y avait pour chaque prophète un signe particulier. Il en était de même de la révélation, i|ui varie pour chaque prophète suivant la disposition de son tempérament, de son imagination, des opinions qu’il avait embrassées.

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Quant au tempérament, si le prophète était d’une humeur gaie, il ne lui était révélé que victoires, paix, et tout ce qui porte les hommes à la joie; les tempéraments de cette humeur n'imaginant le plus souvent que des choses semblables. Si le prophète était triste, il prédisait des guerres, des supplices et loutessortes.de malheurs; et de cette façon, suivant que le prophète était d’humeur douce, irritable, sévère, miséricordieuse, etc., il était plus propre à telle ou telle espèce de révélation. Les dispositions de l’imagination étaient e icore une cause de variété dans les prophètes. Si le prophète avait l’imagination belle, c’est en beau style qu’il communiquait avec l’àme de Dieu; s’il l’avait confuse, c’était en confuses paroles, et de môme pour le genre d'images qui lui apparaissaient. Si le prophète était un homme des champs, c’étaient des bœufs, des vaches, etc. ; s’il était homme de guerre, c’étaient des généraux, des armées; homme de cour, des trônes, et des objets analogue». Enfin, la prophétie variait suivant les opinions des prophètes. Aux mages, qui croyaient aux rêveries de l’astrologie (voyez Matthieu, ch. n) , la nativité du Christ fut révélée par l'image d’une étoile qui apparaissait dans l'orient Aux augures de Nabucadonossor (voyez Ezéchiel, ch. xxi, vers. 26), ce fut dans les entrailles de3 victimes que leur fut révélée la dévastation de Jérusalem , que ce roi connut aussi par les oracles et la direction des flèches qu'il jeta en l’air au -dess is de sa tète. Quant aux prophètes qui croyaient que les hommes ont le libre choix de leurs actions et une puissance propre, Dieu se révélait à eux comme indifférent à l’avenir et ignorant les futures actions des hommes, toutes choses que nous allons démontrer l’une après l’autre par l’Écriture.

Le premier point de notre doctrine est établi par Élisée {Rois, liv. IV, ch. ni, vers. 15) qui, pour prophétiser à Jéhoram, demanda une harpe, et ne put percevoir la volonté de Dieu que lorsque la musique eut charmé ses sens; mais après avoir entendu les sons do la harpe, il put prédire à Jéhoram et à ses alliés des événements heureux ; ce qu’il avait été incapable de faire auparavant, étant irrité contre Jéhoram. Car on sait que ceux qui sont en colère contre une personne sont plus disposés à imaginer des choses désagréables pour elle que des choses heureuses. Quelques-uns même ont bien voulu dire que Dieu ne se révèle pas aux hommes irrités et tristes;

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mais cette opinion est chimérique; car Dieu révéla à Moïse irrité contre Pharaon le massacre épouvantable des premiers-nés (voyez Exode , ch. xi, vers. 8), et cela, sans le secours d’aucun instrument de musique. Dieu révéla aussi l’avenir à Kaïn furieux. I, 'obstination des Juifs fut révélée à Ezéchiel tandis qu’impatient de sa misère, son Ame était pleine d’irritation (voyez Ezéchiel, ch. ni, vers. 4 4). Jérémie, le cœur plein de tristesse et d’un immense ennui de la vie , prophétisa les malheurs de Jérusalem , et ce fut à cause de cette tristesse que Josias ne voulut pas le consulter; il préféra une femme de ce temps que sa constitution même de femme rendait plus propre à lui révéler la miséricorde de Dieu ( Paralipom ., liv. II, ch. xxxv ). Michée ne prédit jamais rien de bon à Achab, quoique d’autres vraies prophètes l’aient pu faire (flots, liv. I, ch. xx); mais au contraire, il lui prédit du mal pour toute sa vie (voyez Rois, liv. I, ch. xxn, vers. 7, et plus clairement encore dans les Paralipom. (liv. II, ch. xvm, vers. 7). Je conclus que les prophètes étaient par leur tempérament plus ou moins propres à telle ou telle espèce de révélation.

Le style des prophéties variait avec le degré d’éloquence de chaque prophète. Les prophéties d’Ézéchiel et d’Amos, dont le style a quelque rudesse, n’ont pas l’élégance de celles d’Isaïe et de Nachum. Il serait intéressant pour ceux qui savent l’hébreu d’examiner de près et de comparer entre eux quelques chapitres de divers prophètes aux endroits où ils parlent sur le môme sujet, ce qui laisserait mieux voir la différence de leur style : par exemple, le chapitre Ier d’Isaïe, qui était un homme de cour (du vers. 4 4 au vers. 20), avec le chapitre v du rustique Amos (du vers. 24 au vers. 24). On pourrait comparer aussi l’ordre et les pensées de la prophétie écrite à Edom par Jérémie (chap. xxix) avec- l’ordre et les pensées d’Hobadias. Une autre comparaison à faire est celle d’Isaïe (chap. xl, vers. 49, 20; chap. xliv, vers. 8) avec Hosée (chap. vin, vers. 6; chap. xiii, vers. 2). Et de même pour tous les autres prophètes. Si l’on veut bien peser tout cela, on s’assurera aisément que Dieu n’a aucun style particulier, et que, suivant le degré d’instruction et la portée d’esprit du prophète qu’il inspire, il est tour à tour élégant et grossier, précis et prolixe, sévère et confus.

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Les représentations prophétiques et les hiéroglyphes variaient également, même pour exprimer une même chose; car la gloiie de Dieu abandonnant le temple n'apparut pas à Isaïe de la tr.éme façon qu’à Ézéchiel. Les rabbins prétendent que chacune de ces représentations fut identique à l’autre; mais qu’Ézéchiel, homme grossier, en ayant été plus frappé, l’a racontée dans toutes ses circonstances. Cette explication est à mes yeux tout artificielle; à moins que les rabbins n’aient recueilli une tradition certaine du fait luimème, ce que je ne crois pas. En effet, Isaïe vit des séraphins à six ailes, et Ézéchiel des bêtes à quatre ailes. Isaïe vit Dieu avec des vêtements et assis sur un trône royal ; Ézéchiel le vit semblable à une flamme. 11 n’y a pas de doute que l’un et l’autre virent Dieu, suivant les habitudes particulières de leur imagination. Les représentations ne variaient pas seulement de nature , mais elles avaient des degrés divers de clarté. Celles de Zacharie furent tellement obscures, d’après son propre récit, qu’il fut incapable de les comprendre sans une explication; et Daniel, même avec une explication, ne put comprendre les siennes. Et il ne faut point attribuer cette obscurité à la difficulté inhérente à la révélation elle-même ; car il s’agissait de choses purement humaines et qui ne surpassaient les facultés de l’homme qu’à cause qu’elles étaient dans l'avenir; mais il faut dire que l’imagination de Daniel n’avait pas ur.e aussi grande vertu prophétique dans la veille que dans le sommeil ; ce qui devient très-visible dès le commencement de la révélation de Daniel, où il est tellement effrayé qu’il désespère presque de ses forces. Cette faiblesse d’imagination, ce défaut d’énergie rendirent ses apparitions très-obscures, et, même avec une explication, il fut incapable de les comprendre. Et il faut remarquer ici que les paroles entendues par Daniel furent, comme nous l’avons montré plus haut, des paroles tout imaginaires; ce qui explique fort bien qu’ayant l'esprit troublé , il n’ait imaginé toutes ces paroles que d’une façon très-obscure, et n’ait pu ensuite y rien comprendre. Ceux qui disent qu’il n’entrait pas dans les desseins de Dieu de révéler clairement la chose à Daniel n’ont pas lu sans doute les paroles de l’ange, qui dit expressément (voyez chap. x, vers. 14) a qu’il est venu pour faire comprendre à Daniel ce qui arriverait à son peuple dans la suite des jours , » Cette prophétie est donc restée

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obscure parce qu’il ne se rencontra personne en ce temps-là qui eût l’imagination assez forte pour qu’elle lui fût révélée plus clairement. Nous voyons enfin le prophète à qui Dieu avait révélé qu'il enlèverait Élie vouloir persuader à Élisée qu’Élie avait été transporté en un lieu où ils pourraient le retrouver, ce qui prouve bien qu’ils n’avaient pas bien compris la révélation que Dieu leur avait faite. 11 est inutile que je m’arrête à démontrer cela avec plus d’étendue; car, si quelque chose résulte clairement de l’Écriture, c’est, que Dieu n'accordait pas au même degré le don de prophétie à ses prophètes. Mais quant à ce principe que les prophéties ont varié avec les opinions du prophète , et que les prophètes avaient des opinions diverses et mômes contraires et une grande variété de préjugés (je ne parle ici que de ce qui regarde les choses purement spéculatives ; car pour les choses relatives à la probité et aux bonnes mœurs, il en va tout autrement), c’est ce que je vais rechercher avec plus de curiosité et établir plus au long; car la chose est, je crois, de grande conséquence; et je prétends conclure de là que les prophéties n’ont jamais rendu les prophètes plus instruits qu'ils n’étaient auparavant, et les ont toujours laissés dans leurs préjugés antérieurs ; d’où il suit que nous ne devons nullement nous considérer comme liés par les prophéties en matière de choses purement spéculatives.

C’est avec une merveilleuse précipitation qu’on s’est généralement persuadé que les prophètes savaient tout ce que l’entendement humain est capable de connaître. Et, bien que plusieurs endroits de l’Écriture nous fassent voir le plus clairement du monde que les prophètes ignoraient de certaines choses, on aime mieux dire qu’en ces endroits on n’entend pas soi-môme l’Écriture que d’accorder que les prophètes aient ignoré quelque vérité; ou bien on s’efforce do torturer les paroles de l’Écriture pour lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Avec ce système, c’en est fait de l’Écriture; caron s’efforcerait vainement de rien en tirer, si les choses les plus claires peuvent être considérées comme obscures et inintelligibles ou interprétées d’une façon arbitraire. Quoi de plus clair, par exemple, que l’opinion de Josué, et peut-être aussi de celui qui a écrit son histoire, sur le mouvement du soleil autour de la terre, l’immobilité de la terre, et le soleil arrêté pour un temps dans sa marche?

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