‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 93 sur 136 · THEOLOG1CO-POLITIQUE · texte numérisé non relu

THEOLOG1CO-POLITIQUE

en captivité à Babylone1. — Pour Hosée, je ne puis affirmer qu’il ait écrit un plus grand nombre de prophéties que nous n’en avons dans le livre qui porte son nom. Et toutefois il y a lieu d’ètre surpris qu’il nous reste si peu de chose d’un prophète qui , au témoignage de l’écrivain sacré, a prophétisé pendant plus de quatre-vingtquatre ans.

Nous savons du moins en général que les Écritures ne contiennent, ni tous les prophètes, ni toutes les prophéties de ceux qui n’ont pas entièrement péri. Ainsi nous n’avons absolument rien de tous les prophètes qui ont prophétisé sous le régne de Manassé, et dont il est fait mention dans le liv. II des Paraît pomènes (chap. xxxiii, vers. 10, 18 et 19); et quant aux douze petits prophètes, nous sommes loin de posséder toutes leurs prophéties. Il me suffira de citer Jonas, dont nous n'avons que la prophétie qu’il adressa aux Ninivites; or, nous savons qu’il prophétisa aussi aux Israélites, comme on le voit par le second livre des Rois (chap. xiv, vers. 25).

Le livre de Job et Job lui-même ont fait l’objet d’un grand nombre de controverses. Quelques-uns pensent que Moïse est l’auteur de ce livre, et que l’histoire de Job tout entière n’est qu’une parabole. C’est l’opinion de certains rabbins dans le Talmud; et Maimonide , dans son livre More Nebuchim , y incline fortement. D’autres admettent que l’histoire de Job est véritable; et parmi ceux-là quelques-uns pensent que Job a vécu du temps de Jacob, et qu’il a même pris en mariage sa fille Dina. Mais Aben Hezra est fort éloigné de ce sentiment, comine j’ai déjà eu occasion de le dire ; il est d’avis (voyez son commentaire) que le livre de Job est une traduction : et, quant à moi, je voudrais bien qu’il en fût ainsi ; car il en serait d’autant plus évident que les Gentils ont eu aussi des livres saints. Mais il est plus sage de tenir la chose pour douteuse ; et je me borne à penser, comme simple conjecture, que Job était un Gentil d’une grande force d’âme, qui passa d’une fortune prospère à dos destinées malheureuses pour revenir ensuite à sa première condition de prospérité. Ézéchiel , en effet (chap. xiv, vers. 12), le cite entre quelques autres personnages, et je suis porté à croire que ces alternatives de la destinée de Job et la force d’âme

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