Voyez les Notes marginales de Spinoza, note
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qu’il a déployée donnèrent occasion à plusieurs de discuter sur la providence de Dieu ; ou du moins elles déterminèrent l’auteur du livre de Job à composer un dialogue sur cette matière ; car ni le fond de cette composition ni le style ne portent le caractère d’un auteur accablé par la maladie et couvert du cendres : elles trahissent au contraire le travail et le loisir du cabinet. Sous ce point de vue , j'incline à l’opinion d’Aben-Hezra , que le livre de Job est une traduction. L’auteur en effet paraît imiter la poésie des Gentils; car le père des dieux y convoque deux fois l’assemblée où Momus, sous le nom de Satan, critique les actions de Dieu avec une extrême liberté, etc. Mais ce ne sont là, je l’avoue, que de simples coujoctures, et elles ne sont point assez fondées pour qu’on y insiste.
Tassons au livre de Daniel. Il n’y a aucun doute qu’à partir du chap. vin ce livre ne soit l’ouvrage du prophète dont il porte le nom. Mais d’où a-t-on tiré les sept premiers chapitres , voilà ce qu’il est difficile de dire. Il y a toute apparence que c’a été des chronologies chaldéennes ; tous ces chapitres , excepté le premier, ayant été écrits en chaldéen. Si ce point était une fois bien établi, nous y trouverions un éclatant témoignage do la vérité de ce principe, que la Bible ne doit pas son caractère de livre saint aux paroles et aux discours qu’elle contient, ou à la langue où elle est écrite , mais aux choses mêmes que l’intelligence y découvre ; et par conséquent tous les livres qui contiennent des récits et des enseignements d’une moralité excellente, en quoique langue qu’ils soient écrits, chez quelque nation qu’on les rencontre, sont également sacrés. Quoi qu’il en soit, nous pouvons toujours noter ici que les sept premiers chapitres de Daniel ont été écrits en chaldéen, et qu’ils n’en sont pas réputés moins sacrés que tout le reste de la Bible.
Le premier livre d 'Hezras est si étroitement lié à celui de Daniel qu’il est aisé d’y reconnaître l’ouvrage d’un seul et même auteur qui continue dans ce dernier livre à exposer l’histoire des Juifs depuis leur première captivité.
Tour le livre d ’Esther, je n'hésite pas à le rattacher à celui û' Hezras, la conjonction par où il commence ne pouvant s’interpréter dans un autre sens. Et il ne faut pas croire que ce livre d'Eslher soit celui que Murdochée a écrit, puisqu’au chapitre ix (vers. 20, 21 , 22) un autre que Mardochée parle de Mardochée lai —
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môme, des lettres qu’il a écrites et de ce qu’elles contenaient. De plus, il est dit au verset 31 du même chapitre que la reine Esther avait confirmé par un édit toutes les sûretés relatives à la célébration de la fête des Sorts ( Purim ), et qu’on avait écrit cet édit dans le Livre, c’est-à-dire, en langage hébraïque, dans un livre parfaitement connu de tous à cette époque. Or, il faut bien avouer ici, comme le fait Aben Hezra, que ce livre a péri avec les autres. Enfin, le reste de l’histoire do Mardochée est emprunté aux chroniques des rois de Perse. C’est donc une chose certaine que le livre d 'Esther est l’ouvrage du môme historien qui a écrit le livre de Daniel, celui û'Jlezras , et sans doute aussi celui de Néhémias qu’on appelle le second livre d ’Hezras. Maintenant qu’il est établi que les quatre livres de Daniel, A'Hezras , d 'Esther et de Néhémias sont du même auteur, on me demandera quel est cet auteur. J’avoue franchement que je n’en sais rien, et je n’ai même à proposer sur ce point aucune conjecture. Mais, dirat-on, de quelle source l’auteur, quel qu’il soit, de ces quatre livres a-t-il pu tirer les récits historiques qui les remplissent , et dont il a peut-être écrit lui-même la plus grande partie? Je ferai remarquer ici que les chefs ou princes des Juifs, à l’époque du second temple, avaient, comme les rois au temps du premier, des scribes ou historiographes, qui étaient chargés d’écrire les annales de l’empire et de consigner la chronologie des événements. Ainsi dans les livres des Rois nous trouvons souvent citées les annales ou la chronologie de leur règne. De même les annales des princes et des pontifes sont citées dans Néhémias (chap. xii, vers. 23) et dans les Machabées (livre 1er, chap. xvi, vers. 14). Il n’y a donc aucun douto que ce livre des annales ne soit celui dont nous parlions tout à l’heure (voyez Est hcr , chap. ix, vers. 31), où devaient se trouver l’édit d’Esther ot l’histoire de Mardochée, et qui a péri, comme nous en sommes tombé d’accord avec Aben Hezra. Et il résulte de là que tous les récits historiques contenus dans les quatre livres de Daniel, d Hezras, d' Est hcr et de Néhémias ont été tirés de ce livre des annales , puisque c’est le seul qui soit cité dans les quatre autres, et le seul aussi qui eût, à notre connaissance, le caractère