‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 95 sur 136 · TRA11TÊ · texte numérisé non relu

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et l’autorité d'un document public. Si maintenant on veut avoir la preuve que ces quatre livres n’ont pas été écrits par Hczras ni par Néhémias, il suflit de considérer que dans Néhémias (chap. xii, vers. 9 et 40) la généalogie du grand pontife Jésuhga est continuée jusques à Jaduah, le sixième pontife, celui qui alla au-devant d’Alexandre, à l’époque où l’empire des Perses était déjà presque entièrement abattu (voyez Joséphe , Antiquités , liv. XI, chap. viii; voyez aussi Philon le Juif, qui, au livre des Temps, appelle Jaduah le sixième et dernier pontife qui ait exercé le sacerdoce sous la domination des Perses). De plus, dans ce même chapitre de Néhémias, on lit au vers. 22 : Quant aux Lévites qui étaient du temps d'Eljasib, de Jdiada, de Jonathan et de Jaduha , les noms des chefs de famille et des prêtres ont été écrits au-dessus 1 du règne de David. C’est dans les chronologies que oes noms avaient été écrits. Or, je ne pense pas que personne soutienne qu’Ilezras ou Néhémias * aient vécu assez long-temps pour voir mourir quatorze rois des Perses. Cyrus est en effet le premier de ces rois qui ait permis aux Juifs de rebâtir leur temple, et depuis cette époque jusqu’à Darius , quatorzième et dernier roi des Perses , on compte plus de 230 années. Je regarde donc comme une chose certaine que ces • livres ont été écrits long-temps après que Judas Machabée eut rétabli le culte du temple : et ce qui me le fait croire, c’est qu’à cette époque on voit se répandre de faux livres de Daniel, d ’Uezras et A’Eslher, fabriqués dans des vues perfides par des hommes qui appartenaient sans doute à la secte des Saducéens; car les pharisiens n’ont jamais, que je sache, reconnu l’autorité de ces faux livres. Et, bien qu’on rencontre au livre qu’on nomme le quatrième A’Hezras de certaines fables qui se trouvent également dans le Talmud, ce n’est point une raison pour les attribuer aux pharisiens, puisqu’il n’y a personne parmi eux, sauf quelques entêtés absolument stupides, qui ne tombe d’accord que ces fables ont étér introduites après coup dans le texte par une moquerie sacrilège, ou dans le but de rendre leurs traditions ridicules. Une autre rai-

1. A moins qu 'au-dessus de ne soit pris dans le sens d'avant, il faut croire que le copiste a fait ici une erreur et qu’il a confondu le mot hébreu qui veut dire audessus de avec celui qui signifie jusques à. [Noie de Spinoza.) '

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