Zeilsclirift fur Philosophie. Bd
3. Freudenthal. dans ses Etudes sur Spinoza déjà citées, a soutenu que les dialogues étaient postérieurs au Traité. Nous examinons ce point plus loin. — Voir page 22.
4. Nous savons en etîet, par le témoignage de Spinoza luimèrae, qu'il n'écrivait pas le hollandais très couramment.
.">. Exception faite pour cette Apolof/ie qui n'a pas été retrouvée. Il .se peut que l'appendice et quelques-unes des notes soient à peu près du même temps que le traité de la Réforme de l'Entendement.
Au sujet de l'appendice, nous ferons observer qu'il est difficile départager l'opinion émise par Lagneau dans ses Notes sur Spinoza {Revue de Métaphysique et de Morale, 189îi). Suivant Lagneau, l'appendice, au moins dans sa première partie, serait
livre sur les deux premières phases du panihéistne spinoziste, le font remonter jusqu'en 1654. La connaissance que nous avons aujourd'hui, grâce surtout aux travaux de Meinsma et de Freudenthal des circonstances dans lesquelle a été composé le Court Traité, rendent cette hypothèse tout à fait inadmissible*.
Mal vu de ses proches, suspect à ses coreligionnaires et tout près d'être persécuté par eux, victime des mauvais procédés de sa sœur Rebecca et de son beaufrère Samuel de Casseres ^, Spinoza fut naturellement amené, avant même son excommunication (1650), à entrer en relation avec des chrétiens^; ce ne furent bien entendu pas les calvinistes rigides qui Taccueil-
très ancien, antérieur au traité. L'idée de l'Etre absolument réel, du Dieu identique à la nature et connu en lui-même, peut avoir été en effet très ancienne dans l'esprit de Spinoza ; la forme sous laquelle il la présente dans l'appendice est dune date certainement postérieure à la composition du traité, et qu'un passage de la lettre adressée à Oldenburgen septembre 1061, permet d'assigner à peu près.
1. Indépendamment de ces circonstances, on observera qu'eu 1654, deux ans avant re.\coramunicalion (qui est du 27 juillet 1636), Spinoza ne devait pas avoir commencé depuis bien longtemps ses études latines sous van den Enden, lequel a ouvert son école en 16.o2. C'est postérieurement à la mort de son père (30 mars 1054) et à la rupture avec sa famille qui s'ensuivit, que Spinoza semble s'être particulièrement rapproché de van den Enden et avoir même habité sa demeure; cela prouve évidemment qu'il était déjà en relation avec lui, mais on croira difficilement qu'il ait eu, dès 1634, la connaissance du latin et de la philosophie de Descartes que suppose le Court Traité. A cette date, âgé de vingt-deux ans seulement, il en était encore aux études préliminaires indispensables aux plus grands et qui furent pour lui plus tardives que pour d'autres.
2. A la mort du père, Uebeccaet Casseres firent de leur mieux pour dépouiller Spinoza de sa part d'héritage.
3. Il y a à ce sujet un témoignage de Lucas, auteur de la plus ancienne biographie de Spinoza (V. Freudenthal, Lebengeschichte Spinoza's, p. 9), témoignage confirmé par celui de Lefèvre, un
lirent; ce furent des hommes d'esprit assez libre, à peu près détachés de la religion traditionnelle tels que Louis Meyer et Dirck Kerckrinck, ou appartenant à «les sectes très peu orthodoxes comme celle des Mennonites (Baptistes, ainsi nommés de Menno) et celle des Collégiants (ou des Collégiants de Rijnsburg, du nom de Tendroit où ils se sont quelque temps réunis; le christianisme des Collégiants semble s'élre rapproché de celui que professe Tolstoï) ; à ces sectes appartenaient, outre le libraire Rieuwertsz et Jarig Jelles déjà nommés, Pieter Balling, Simon de Vries, Johannes BouAvmeester, tous amis et admirateurs de Spinoza, reconnaissant la supériorité de son génie et très désireux de recevoir de lui un enseignement qu'ils n'étaient pas toujours en état de comprendre.
C'est pour ces hommes, pour ce petit cercle d'amis et de disciples que Spinoza composa le Court Traité * ; d'où cette conséquence qu'il n'a pu l'écrire avant la formation du groupe et qu'un certain temps a dû s'écouler avant qu il eût acquis l'autorité nécessaire au maître et au guide.
Suivant Meinsma, Spinoza aurait écrit son premier ouvrage avant son départ d'Amsterdam, c'est-à-dire avant le commencement de l'année 1660 ; si Ton admet l'hypothèse de W. Meijcr dont nous avons déjà fait mention : Spinoza dictant son livre à quelques amis ou
vieillard ayant connu Spinoza, que 6lr)lle rencontra à l'auberge lu Capitaine de Brème (Voir Meinsma. 0. c, p. 88, 89 ; — P'reulenlhal, 0. c, p. 222).
i. C'est ù eux aussi, et il quelques autres, qu'il communiqua plus tard les dill'érentes parties de l'Klhique, au fur et à mesure qu'il l'écrivit. Ce sont les survivants de ces amis et correspondants de Spinoza qui, après sa mort, publièrent les Œuvres posthumes.
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à l'un d'eux, on se rangera tout naturellement à l'avis (le Meinsma.
Ce mode de travail expliquerait d'ailleurs quelquesunes au moins des nombreuses imperfections du texte. Toutefois, les paroles par lesquelles se termine l'ouvrage, celles surtout qui sont relatives aux règles à observer en le lisant et à l'usage qu'il convient d'en faire, semblent plutôt s'adresser à des absents, comme le fait observer Freudenthal ', qu'à des hommes avec qui l'auteur eût eu de fréquents entretiens. Il est donc très vraisemblable que, si le Court Traité a été commencé avant le départ d'Amsterdam, il a été terminé après l'installation à Rijnsburg. Il ne peut en tout cas être postérieur à 1660.
Que faut-il penser maintenant des deux dialogues joints au chapitre II de la première partie? On a vu plus haut ce qu'il y avait de commun à leur sujet entre l'opinion de Sigwart et celle d'Avenarius. Ce dernier en place la composition en 1651 ou au plus tard en 1652 -. Sigwart l'avance de quelques années, mais l'un et l'autre sont d'accord pour la croire sensiblement antérieure à celle du traité. Sigwart, à la vérité,