Voici la traduction de ce petit morceau
Au Livre
« Que nous te disions né d'un génie meilleur ou que de la source de Descartes tu sois rené, petit Livre, tout ce que tu exposes, toi seul étais digne de le posséder et tu ne tiens ton mérite d'aucun modèle. Que j'aie égard à ton génie propre ou à
Dresser mais que Meinsma attribue, avec raison semblet-il, à Johannes Bouwraeester '. L'année suivante : les PrincijJes et les Pensées Métaphysiques furent traduits en hollandais par Pieter Balling, un des membres les plus intéressants du petit groupe d'amis pour lequel Spinoza avait écrit le Court Traité et auquel il communiqua VElhiqne au fur et à mesure qu'il l'écrivit. Le livre eut du succès tant en Hollande qu'à l'étranger ; c'est sans doute à cette pul)lication, la seule faite de son vivant sous son nom, que Spinoza dut, dix ans plus tard, l'offre d'une chaire de philosophie à l'Université de Heidelberg-. L'auteur cependant paraît s'être assez peu inquiété de ce livre où il exposait la doctrine d'un autre, qu'il avciit composé pour l'instruction d'un élève
les enseignements, il me faut élever jusqu'aux astres ton Auteur. Ce qu'il nous a donné est sans exemple jusqu'ici; mais toi, petit Livre, fais en sorte d'être un e.xcmple et, ce qu'au seul Spinoza doit Descartes, que Spinoza se le doive à lui-même. »
(Johannes Bouwmeester, Medicinae Doctor.)
1. Meinsma. Ouvrage cité, p. 210. Bouwmeester, contemporain de L. Meyer, ayant, comme lui, étudié la médecine et son grand ami, entra en relation, sans doute par son intermédiaire, avec Spinoza qui avait pour lui de l'aifection, comme le prouve la lettre 37 à lui adressée (et non à Bresser contrairement à ce que disent van Vloten et Land). Toutefois, sa compréhension des questions philosophiques parait avoir été fort petite et la poésie latine dont j'ai donné la traduction dans la note précédente le montre capable d'éloges hyperboliques plutôt que d'une saine appréciation des choses.
2. 11 semble qu'un Français, Urbain Chevreau, résidant à la cour de Charles-Louis, électeur palatin, ait eu quelque part à l'ofl're ; du moins affirme-t-il qu'il signala Spinoza, connu par lui seulement comme auteur des Principes de la Philosophie de Descartes et qu'il appelle un juif protestant, à l'attention de l'électeur. — Voir Freudenthal, Lebensfjeschichte Spinoza's,
et publié à la prière de ses amis, dans Tespoir, écrit-il à Oldenburg, de gagner la protection de quelques personnages et de pouvoir, sans crainte d'être inquiété, publier d'autres écrits '. Il n'eut, semble-t-il, jamais ridée de compléter l'exposition de la Physique de Descartes interrompue au commencement de la troisième partie des Principes. Il est fort probable du reste que son jugement sur la Mécanique et la Physique cartésiennes s'est modifié dans les années qui suivirent et, assez favorable au début, l'est devenu de moins en moins. La sévérité avec laquelle il s'exprime dans une lettre à Tschirnhaus^ sur les principes des choses naturelles admis par Descartes permet de le croire ; il n'a pas hésité, dit-il, à déclarer ces principes inutiles pour ne pas dire absurdes. Telle n'était sans doute pas son opinion au moment où il les exposait à Casearius. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de revenir sur cette appréciation dans les notes explicatives et de la rapprocher d'autres jugements.
1. Ce passage de la Lettre 13 n'infirme pas i'iiypotlièsé que je fais dans la note 2 de la page 282 ; il viendrait plutôt à l'appui.