‹ Œuvres de SpinozaChapitre 125 sur 204 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

mais seulement en tant qu'elles informent l'esprit luimême towme vers cette partie du cerveau.

III. Par réalité objective d'une idée j'entends l'être ou l'entité de la chose représentée par l'idée, en tant que cette entité est dans l'idée.

On pourra dire dem,éme façon perfection objective, artifice objectif, etc. Car tout ce que nous percevons dans les objets des idées est objectivement dans ces idées mêmes.

IV. Les mêmes choses sont dites être /"orwie/Zemew; dans les objets des idées quand elles sont en eux telles que nous les percevons ; et éminemment quand elles n'y sont pas telles, à la vérité, mais si grandes qu'elles puissent tenir lieu de celles qui seraient telles.

On observera que, si je dis qu une cause contient émxnemment les perfections de son effet, je veux signifier par là que la cause contient les perfections de V effet 'plus excellemment que ne les contient l'effet lui-même (Voir aussi l'Axiome 6).

V. Toute chose dans laquelle réside immédiatement comme en un sujet, ou par laquelle existe, quelque chose que nous percevons, c'est-à-dire quelque propriété, qualité, ou attribut, dont l'idée réelle est en nous, est appelée substayice.

Nous n'avons pas en effet d'autre idée de la substance, elle-même pre'cisément prise, sinon qu'elle est une chose dans laquelle existe formellement ou éminemment ce quelque chose que nous jiercevons, c'est-à-dire qui est objectivement dans Vune de nos idées.

VI. La substance dans laquelle réside immédiatement la pensée est appelée Esprit.

Je parle ici d'un esprit plutôt que d'une âme parce que le nom d'Ame est équivoque et souvent pris pour désigner une chose corporelle.

VII. La substance qui est le sujet immédiat de rétendue, et des accidents qui présupposent Tétendue, comme de la figure, de la situation, du mouvement dans l'espace, etc., est appelée Corps.

Quant à savoir si c'est une seule et même substance qui est appelée Espi-it et Corps^ ou si ce sont deux substances différentes, cela devra être examiné plus tard.

VIII. La substance que nous connaissons qui est par elle-même souverainement parfaite et dans laquelle nous ne concevons absolument rien qui enveloppe quelque défaut, c'est-à-dire quelque limitation de perfection, est appelée Dieu.

IX. Quand nous disons que quelque attribut est contenu dans la nature ou le concept d'une chose, c'est de même qne si nous disions que cet attribut est vrai de celte chose, c'est-à-dire qu'il peut être affirmé d'elle avec vérité.

X. Deux substances sont dites être réellement distinctes quand chacune d'elle peut exister sans l'autre.

Nous avons ornis ici les Postulats de Descartes parce que noi'S nen lirons aucune conclusion dans ce qui suit ; nous prions cependant sérieusement les lecteurs de les lire et de les méditer attentivement.

AXIOMES

I. Nous ne parvenons à la connaissance et à la certitude d'une chose inconnue que par la connaissance et la certitude d'une autre chose qui est elle-même antérieure en certitude et en connaissance.

IL 11 existe des raisons qui nous font douter de l'existence de notre corps.

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