‹ Œuvres de SpinozaChapitre 128 sur 204 · V. Si une chose pensante vient à connaître quelques · texte numérisé non relu

V. Si une chose pensante vient à connaître quelques

perfections qu'elle n'ait pas, elle se les donnera aussitôt si elles sont en sa puissance.

Chacun observe cela en lui-même^ en tant qu'il est chose pensante; c'est pourquoi (par la Proposition 4, Scolie) nous en sommes très certains, et pour la même cause, nous ne sommes pas moins cei^tains du suivant axiome, savoir :

VI. Dans l'idée ou le concept de toute chose est contenue l'existence ou possible ou nécessaire {Voir Axiome 10 de Descartes).

L'existence nécessaire dans le concept de Dieu, c'est-àdire de l'être souverainement parfait; car autrement, il serait conçu comme une chose imparfaite , ce qui va à T encontre de la conception qu'on suppose; l' existence contingente ou possible dans le concept d'une chose limitée.

VII. Aucune chose, et aucune perfection actuellement existante d'une chose, ne peut avoir le néant, c'est-à-dire une chose non existante, pour cause de son existence.

Cet axiome est j^our nous aussi évident que je suis pensant comme je l'ai démontré dans la Proposition 4, Scolie.

VIII. Tout ce qu'il y a de réalité ou de perfection dans une chose, se trouve ou formellement ou éminemment dans sa cause première et adéquate.

J'entends par éminemment que la cause contient toute la réalité de l'effet plus parfaitement que l'effet lui-même ; par formellement qu'il la contient avec une yterfection égale.

Cet axiome dépend du précédent, car, si l'on supposait que dans la cause il y a le néant, ou qu'il y a moins que dans l'effet, le néant dans la cause serait

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