‹ Œuvres de SpinozaChapitre 138 sur 204 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Maintenant les substances qui peuvent être Tune sans l'autre sont réellement distinctes [par la Définition 10) ; or Tesprit et le corps sont des substances {jpar les Définitions 5, 6 et 7) qui peuvent exister l'une sans l'autre [nous venons de le prouver); donc l'esprit et le corps sont réellement distincts.

Voir Proposition 4 à la fin de la Réponse aux Deuxièmes Objections et ce qui se trouve dans la partie I des Principes depuis l'article 22 jusqu'à l'article 29. Car je ne juge pas qu'il vaille la peine de le transcrire ici.

PROPOSITION IX

Dieu est suprêmement connaissant.

Démo nstrat io n

Si on le nie, c'est donc que Dieu, ou bien ne connaît rien, ou bien ne connaît pas tout, mais seulement certaines choses. Mais connaître seulement certaines choses et ignorer les autres suppose un entendement limité et imparfait qu'il est absurde d'attribuer à Dieu [par la Définition 8j. Quant à ne rien connaître, ou bien cela indique en Dieu un manque de capacité de connaître, comme il arrive pour les hommes, lorsqu'ils ne connaissent rien, et dans ce manque est contenue une imperfection qui [par la même Définition) ne peut se rencontrer en Dieu ; ou bien cela indique, que cela même, à savoir connaître quelque chose, répugne à la nature de Dieu. Mais si la capacité de connaître est ainsi entièrement refusée à Dieu, il ne pourra créer aucun entendement [par T Axiome 8j. Or, comme nous percevons clairement et distinctement l'entendement.

Dieu peut en être cause [par le Corollaire de la Proposition 7). Il s'en faut donc de beaucoup qu'il répugne à la nature de Dieu de connaître quelque chose. Donc, il sera suprêmement connaissant.

SCOLIE

Bien qu'il faille accorder que Dieu est incorporel comme le montre la Proposition 16, cela cependant ne doit pas être entendu comme si toutes les perfections de l'Etendue devaient être écartées de lui, mais seulement en tant que la nature de l'étendue et ses propriétés enveloppent quelque imperfection. 11 faut dire la même chose de la capacité de connaître de Dieu, comme l'avouent tous ceux qui veulent s'élever par la clarté de la pensée au-dessus de la foule des Philosophes, ainsi qu'il sera plus amplement expliqué dans notre Appendice, partie 11, chapitre vu.

PROPOSITION X

Tout ce qui se trouve de perfection en Dieu est de Dieu.

Démonstration

Si on le nie, supposons qu'il existe en Dieu quelque perfection qui ne soit pas de Dieu. Cette perfection sera en Dieu, ou bien par elle-même, ou bien par quelque être différent de Dieu. Si elle est par elle-même, elle a donc l'existence nécessaire* (par le Lemme 2 de

Je supprime les mots «ire minime possibilem qui me paraissent avoir été ajoutés par inadvertance.

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