PREMIÈRE PARTIE
hi Proposition 7), elle sera donc quelque chose de parfait au suprême degré et ainsi [par la Définition 8) sera Dieu. Si donc on dit qu'une chose est en Dieu par elle-même, cela revient à dire qu'elle est de Dieu.
Si, au contraire, elle est en Dieu par un être différent de Dieu. Dieu ne peut donc pas être connu par luimême comme parfait au suprême degré, ce qui est contre la Définition 8. Tout ce qui se trouve de perfection en Dieu est donc de Dieu.
PROPOSITION XI
Il n'existe pas plusieurs Dieux.
Démonstration
Si on le nie que l'on conçoive, s'il est possible, plusieurs Dieux, par exemple A et B. Alors nécessairement [par la Proposition 9), aussi bien A que B sera suprêmement connaissant, c'est-à-dire que A connaîtra toutes choses, donc se connaîtra lui-même et aussi B; et inversement B se connaîtra lui-même et aussi A. Mais comme A et B existent nécessairement <j)ar la Proposition 5), la cause de la vérité et de la nécessité de l'idée de B, qui est en A , est B lui-même ; et par contre, la cause de la vérité et de la nécessité de l'idée de A qui est en B est A lui-même. Par conséquent, il y aura en A une perfection qui n'est pas de A et en B une
perfection qui n'est pas de B; donc {par la Proposition préce'denle) ni A ni B ne seront Dieux, et, par suite, il ne peut y avoir plusieurs Dieux.
On observera ici que, de cela seul qu'une chose enveloppe de soi Veocistence nécessaire ainsi que Dieu, il suit nëcessairetnent qu'elle est unique; comme chacun pourra le reconnaître en soi-même par une méditation attentive, et comme j'aurais pu le démontrer ici, mais non d'une façon aussi percevable pour tous que l'est la démonstration pre'ce'dente .
PROPOSITION XII
Tout ce qui est, est conservé par la seule force de Dieu.
Démonstration
Si on le nie que Ton suppose quelque chose qui se conserve soi-même; il faudra donc [par le Lemme 2 de la Proposition 7) que sa nature enveloppe l'existence nécessaire ; et par suite (par le Corollaire du Lemme 1 de la Proposition 7) cette cliose serait Dieu ce qui est absurde [par la Proposition précédente). Donc rien n'existe qui ne soit conservé par la seule force de Dieu.
COROLLAIRE I
Dieu est créateur de toutes choses.