‹ Œuvres de SpinozaChapitre 140 sur 204 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Démonst7'ation

Dieu [par la Proposition précédente) conserve tout, c'est-à-dire [par T Axiome 10) qu'il a créé tout ce qui existe et continue de le créer.

COROLLAIllE II

Les choses n'ont cV elles-mêmes aucune essence qui soit cause cViine connaissance contenue en Dieu ; mais au contraire Dieu est cause des choses en ce qui concerne aussi leurs essences.

Démonstration

Comme il ne se trouve en Dieu aucune perfection qui ne soit de Dieu [par la Proposition 10), les choses n'auront d'elles-mêmes aucune essence qui puisse être cause d'une connaissance contenue en Dieu. Mais, au contraire, comme Dieu non seulement n'a pas fait naître d'autre chose, mais a entièrement créé toutes choses {par la Proposition 12 et son premier Corollaire) et que l'action créatrice ne reconnaît aucune cause sinon la cause efficiente [c'est ainsi que je définis la création) qui est Dieu, il suit que les choses avant la création n'étaient absolument rien et qu'ainsi Dieu a été aussi la cause de leurs essences.

Il est à noter que ce Corollaire suit encore manifestement de ce que Dieu est la cause ou le créateur de toutes choses [par le premier Corollaire)^ et que la cause doit

contenir en elle toutes les perfections de V effet {par l'Axiome 8), ainsi que chacun peut le voir facilement.

COROLLAinE III

11 suit de là clairement que Dieu ne sent et à proprement parler ne perçoit rien; car son entendement n'est déterminé par aucune chose extérieure à lui, mais tout coule de lui.

COROLLAIRE IV

Dieu est, par sa causalité, antérieur à l'essence et à l'existence des choses, comme il suit clairement des Corollaires I et JI de la précédente Proposition.

PROPOSITION XIII

Dieu est ve'ridique au suprême de^ré, il n'est aucunement trompeur.

Démonstration

Nous ne pouvons rien attribuer par fiction à Dieu {par la De finition 8), en quoi nous reconnaissions quelque imperfection. Et comme toute tromperie [ainsi qu'il est connu de soi*) ou volonté de tromper n'a d'autre origine que la crainte ou la malice, nulle tromperie ou volonté de tromper ne pourra être attribuée

1. Je nai pas mis cet axiome au nombre des axiomes parce que cela était fort peu nécessaire. Je n'en avais besoin, en effet, que pour démontrer cette seule proposition et de plus, aussi longtemps que j'ignorais l'existence de Dieu, je n'ai voulu tenir pour vrai que ce que je pouvais déduire de la première chose

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