DEUXIÈME PARTIE
nous Dieu, qui est lui-même le souverain bien et par qui toutes les choses, qui ont quelque essence, sont ce qu'elles sont, et nous aussi qui vivons en lui.
(8j En outre, cette connaissance nous conduit à tout rapporter à Dieu et à l'aimer uniquement parce qu'il est souverainement magnifique et parfait, et à faire de nous complète offrande à lui ; car c'est en quoi consiste aussi bien le véritable service divin que notre propre salut et notre félicité. Car l'unique perfection et la fin dernière d'un esclave et d'un instrument consiste à accomplir comme il faut le service qui leur est imposé. Si, par exemple, un charpentier dans l'exécution de son travail se trouve servi pour le mieux par sa hache, cette hache est par là parvenue à sa fin et à sa perfection ; si cependant il s'avisait de penser: cette hache m'a si bien servi, je veux la laisser reposer maintenant et n'en plus faire usage ; alors cette hache serait éloignée de sa fin et ne serait même plus une hache.
(9) De même l'homme, aussi longtemps qu'il est une partie de la Nature doit suivre les lois de la Nature, ce qui est le véritable service divin ; et, aussi longtemps qu'il agit ainsi, il se maintient dans sa santé. Si cependant Dieu, pour ainsi parler, voulait que l'homme ne le servît plus, ce serait exactement la même chose que de le dépouiller de sa santé et le détruire, car tout ce qu'il est consiste à servir Dieu.