‹ Œuvres de SpinozaChapitre 8 sur 204 · Spinoza's Werken IV,Koile Verhandeling (Amsterdam · texte numérisé non relu

Spinoza's Werken IV,Koile Verhandeling (Amsterdam

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en outre, le texte hollandais du Sommaire trouvé par Boehmer (il n' avait pas été réimprimé depuis 18o2) et une traduction latine de ce texte plus exacte que celle de Boehmer.

ORIGINE PnOnABLE ET VALEUH RELATIVE DES MWUSCniTS

Un point sur lequel tous les éditeurs sont daccord, c'est que ni dans l'un, ni dans l'autre des deux manuscrits, nous navons le texte original d'un ouvrage de Spinoza. Le manuscrit A joint au titre l'indication suivante : Court Traite, etc., écrit ^ d' abord e^i langage latin à V usage de ses disciples par B. de S., etc., et traduit maintenant en langue néerlandaise à Vusage des amis de la vérité^ etc. B, sans s'exprimer aussi formellement dans le titre, ne se donne pas davantage pour loriginal. Ainsi la tradition suivant laquelle Spinoza aurait d'abord rédigé l'Ethique en hollandais serait fausse-. Si l'on a égard à son origine, cette tradition s'explique d'ailleurs sans peine. Il existait, etRieuwertsz

1. D'après une note qui se trouve en marge à la Un du manuscrit A (et que Schaarschmidt n'a pas cru devoir reproduire), Spino/a aurait dicté son travail à quelques amis : or. nous savons par Louis Meyer [Préface des Principes de la Philosophie de Descartes) et par Spinoza lui-même (lettre 13 que l'exposilion géométrique de la partie H des Principes fut aussi dictée d'abord à, un disciple, puis revue par l'auteur. Peut-être, comme le suppose W. Meijer, le mode de composition du Court Traité n-t-il été semblable, à cela près que Spinoza n'a jamais arrêté d'une façon définitive le texte de ce dernier ouvrage.

2. II faut dire cependant que Meinsma (0. c, p. 154, note) semble disposé à admettre que le. Court Traité, en dépit de l'affirmation contraire du manuscrit A, a été écrit en hollandais par Spinoza, l'étude du texte rend cette hypothèse inadmissible.

le fils a pu montrer à Stolle, une rédaction hollandaise et primitive de VElhique ; mais cette rédaction n'était elle-même qu'une traduction contrairement à ce que Stolle a cru.

11 y a d'ailleurs dans l'un et l'autre manuscrits, mais particulièrement dans le plus ancien A, des fautes de toute nature, des gaucheries de traducteur embarrassé, des impropriétés de langage, des obscurités, voire même des non-sens, qui ne permettent pas de le considérer comme transcrit de Spinoza ni même comme étant la copie d'une traduction faite sous les yeux de l'auteur et ayant reçu son approbation.

Pour ce qui concerne maintenant l'origine des manuscrits, celle de B est connue à peu près aussi sûrement qu'il est possible en pareille matière. Ce manuscrit est de la main de Monnikhoff', ce médecin que nous savons déjà qui a écrit les notes trouvées par Boehmer dans un exemplaire de Colerus et transcrit le Sommaire paru en 1852. Sans savoir à quelle date précise remonte ce manuscrit B, nous sommes certains aussi qu'il ne peut être antérieur à 1743, vu que, dans la préface assez volumineuse jointe au traité par Monnikhoff, il est parlé de la reconstruction en cette année 1743 de la maison habitée à Amsterdam par les parents de Spinoza -.

Le manuscrit A, qui est d'une belle écriture du xvii^ siècle et dont l'orthographe est également celle du xvii^ siècle, contient, en sus du texte attribué à Spinoza, des corrections et notes marginales qui sont de

1. Voir le travail déjà cité de Van der Linde <Zeitschrift fur Ph., Bd. 45, p. 301).

2. Meinsma (0. p., Inh'od., p, xx), affirme même que le œannscrit de Monnikholfn'a pu être écrit avant 1730.

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l'écriture du même Monnikhoff ; il est donc permis de considérer B comme procédant de A, et c'est la raison principale qui a déterminé Schaarschmidt à n'accorder à B aucune valeur pour l'établissement du texte. 11 est certain que A, en raison de son ancienneté plus grande, doit être tenu pour la source principale ; Sigwart, toutefois, combat, par des raisons qui nous semblent bonnes, la condamnation sommaire prononcée par Schaarschmidt contre B. Il montre que les leçons données par B sont souvent plus satisfaisantes que celles de A ; il est disposé à croire que Monnikhoff a pu avoir sous les yeux outre A, sinon le texte latin original', du moins un texte hollandais meilleur que A.

Il convient d'observer à ce sujet que le Sommaire, également transcrit par Monnikhoff, semble être l'œuvre d'un homme plus intelligent et plus instruit que ne l'était le copiste du manuscrit A, et ayantà sa disposition untexteplus satisfaisant-. On esten droit de supposer que ce Sommaire est de Deurhoff, non seulement parce qu'il a été pieusement trancrit par Monnikhoff, dépositaire des papiers de Deurhoff, mais parce qu'un mot introduit dans son résumé par l'auteur du Sommaire (Chap. VI, part. I) dénote un homme étudiant curieusement la doctrine de Spinoza, mais se piquant aussi de la juger et n'y adhérant pas.

Au sujet de la main qui a tracé le manuscrit A, il n'est possible que de faire des conjectures plus ou moins

1. Par les tournures de phrase, dit Sigwart, sinon par la terminologie, B se rapproche plus du latin que A, et ressemble davantage à une traduction d'après l'originsd {Prolégomènes, p. xxi).

2. C'est la raison pour laquelle je me suis décidé à joindre à ma traduction du Court Traité celle du Sommaire qui n'avait jamais paru qu'en hollandais et en latin.

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plausibles. Schaarschmidt, dans sa publication, l'attribue à Deurhofî ; W. Meijer, dans la préface de sa récente édition en hollandais moderne, examine cette hypothèse et montre qu'elle ne peut être admise. L'écriture du manuscrit n'est pas celle de Deurhofî dont il a pu se procurer un spécimen ; il est difficile de croire qu'un homme de la culture de Deurhoff ait pu produire un manuscrit aussi incorrect que A ; enfin, la courte préface jointe au titre est d'un fervent disciple de Spinoza, ce que Deurhoff n'était pas.

L'hypothèse la plus vraisemblable nous semble être celle de W. Meijer ; le manuscrit A serait de la main de Jarig Jelles ou une transcription d'une copie lui appartenant. Outre que l'admiration de cet excellent homme pour Spinoza et son zèle, parfois excessif ', à répandre les œuvres de son grand ami, nous sont connus par de nombreux témoignages, le fait que le manuscrit A se trouve réuni en un même volume avec une traduction hollandaise du Traite Théologico-Poliiique différente de celle de Glazemaker, paraissant plus ancienne et visiblement faite en vue de l'impression (voir la note précédente) milite en faveur de la conjecture -.

1. Spinoza (lettre 44) le prie de suspendre la publication d'une traduction hollandaise du Traité Théulof/ico-Politique, entreprise déjà en voie d'exécution, et dont Jarig Jelles voulait sans doute faire les frais, comme il avait fait les frais de la publication des Principes de la Philoiiophie de Descartes.

2. On observera que Jarig Jelles était du nombre des amis et disciples pour qui le Court Traité a été composé; qu'il en possédait, à n'en pas douter, une copie; enfin, que le manuscrit A semble bien être l'œuvre pieuse et maladroite d'un homme de culture médiocre reproduisant en toute candeur, de sa plus belle écriture, un texte qu'il comprend imparfaitement.

Pour ce qui touche l'usage à faire des deux manuscrits A et B, nous ne pouvons qu'adhérer à la conclusion de Sigwart, qu'il faut se servir de l'un et de l'autre pour l'établissement du texte ; et nous ajouterons avec W. Meijer qu'il y a lieu aussi d'avoir égard au Sommaire.

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