DEUXIÈME PARTIE
déterminés [dans leur direction par lui. il peut souvent arriver que, tenant du corps un mouvement vers un lieu, etdirij^és par rame vers un autre, ils produisent et causent en nous une angoisse comme nous en percevons souvent en nous sans en connaître la raison. Car, en d'autres occasions, la raison dun tel état nous est habituellement connue.
(12) De plus, Tàme peut bien aussi élre empêchée dans le pouvoir qu'elle a de mouvoir les esprits animaux, soit parce que le mouvement des esprits est trop diminué, soit parce quil est trop augmenté. Diminué : quand, par exemple, nous faisons, en courant beaucoup, ([ue les esprits abandonnent au corps, par cette course, plus que la quantité habituelle de mouvement et, par cette perle de mouvement, soient nécessairement affaiblis d'autant; cela peut aussi arriver par suite de l'absorption d'une quantité insuflisanlc de nourriture. Augmenté : ainsi quand, ayant bu trop de vin ou d'autres boissons fortes, nous devenons gais ou ivres et faisons que l'àme n'a aucun pouvoir de diriger le corps.
(13) Ayant ainsi parlé des effets que l'àme a dans le corps, voyons maintenant ceux que le corps a dans l'âme; nous posons comme étant parmi eux le principal que le corps fait que l'àme le perçoive lui-même et par là aussi d'autres corps * ; ce qui n'a d'autre cause (jue le mouvement joint au repos ; n'y ayant pas dans le corps d'autres choses par quoi il pourrait agir.
(14) De sorte que rien de ce qui arrive dans l'âme en sus de cette perception ne peut être causé par le corps. Le
* Ce passage pst altéré dans les deux iiiauuscrlls ; je fais les suppressions indiquées par van VIoten et Land.
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premier objet dont l'ànie acquiert ainsi la connaissance étant le corps, il en résulte que Tâme a pour lui de Tamour et est ainsi unie à lui. Mais comme, ainsi que nous l'avons précédemment montré, la cause de l'Amour, de la Haine et de la Tristesse ne doit pas être cherchée dans le corps, mais seulement dans l'âme, attendu que tous les effets du corps doivent provenir uniquement du mouvement et du repos, et comme nous voyons clairement qu'un amour est détruit par l'idée que nous pouvons acquérir d'une autre chose meilleure, il suit de là clairement que, si nous commençons une fois à connaître Dieii^ du moins d'une connaissance aussi claire que celle que nous avons de notre corps, nous lui serons unis aussi plus étroitement quavec notre corps et serons détache's de ce dernier. Je dis p/îw étroitement parce que j'ai déjà démontré que nous ne pouvons sans Dieu exister ni être conçus, et parce que nous le connaissons non par quelque chose d'autre (comme c'est le cas pour tout ce qui n'est pas lui), mais par lui-même et devons le connaître ainsi, comme nous l'avons déjà dit. On peut dire que nous le connaissons mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes, puisque sans lui nous ne pouvons aucunement nous connaître.
(15) De ce que nous avons dit jusqu'ici, il est facile de déduire quelles sont les principales causes des passions; car, pour ce qui touche le corps et ses effets, le Mouvement et le Repos, ils ne peuvent avoir dans l'âme d'autre effet que de se faire connaître eux-mêmes en tant qu'objets; et suivant ce qu'ils lui présentent, que ce soit du bien ou du mal^ l'âme est aussi diversement
4. Mais d'où vient qu'une cliose est connue de nous comme bonne, l'autre comme mauvaise? Réponse : puisque ce sont les