Et ensuite
8. En tant que, sous la désignation de la chose, est conçue lessence sans l'existence, l'idée de l'essence ne peut être considérée comme quelque chose de particulier; cela est possible seulement quand ïexistence est donnée avec l'essence, et cela parce qu'alors existe un objet qui auparavant n'existait pas. Si. par exemple, la muraille est toute blanche, ou ne distingue en elle ni ceci ni cela, etc.
9. Cette Idée donc, isolée, considérée en dehors des autres Idées
• Toute la suite de celte note comprenant dix propositions qui résument la méUphysique de Spinoza, manque dans le manuscrit B. De plus, les six premières n'indiquent pas le numéro de la page à laquelle elles renvoient, et l'ordre où elles sont rangées ne correspond pas très exactement à l'ordre suivi dans le Court Traité. Les propositions 8, 9 et 10 (comme quelques-unes de celles que contient la longue note jointe à la préface de la deuxif.Miie partie) sont l'ébauche dune théorie delàme etdu corps, plus complète el plus précise que celle du Court Traité, et déjà très voisine de celle de TEihique. 11 est d'ailleurs impo&sible de savoir à quel moment cette note a été écrite, et à quel écrit elle se rapporte directement (V. Sigwart, Edition allemande du Court Traité ; Prolégomine*, XL).
470 COUHT TRAITÉ
buts sont affirmés; nous avons ajouté que la chose pensante est unique dans la Nature et qu'elle s'exprime en une infinité d'Idées correspondant à une infinité d'objets qui sont dans la Nature. Car si le corps" reçoit tel mode, comme, par exemple, le corps de Pierre, puis de nouveau un autre, tel que le corps de Paul, il suit de là qu'il y a dans la chose pensante deux idées différentes, savoir une idée du corps de Pierre qui forme l'âme de Pierre et une idée [du corps] de Paul qui forme l'àme de Paul. La chose pensante peut bien
ne peut rien être de plus quiine Idée d'une certaine chose, et elle ne peut avoir une Idée de cette chose; attendu que, une Idée ainsi considérée, n'étant qu'une partie, ne peut avoir d'ellemême et de son objet aucune connaissance claire et distincte ; cela n'est possible qu'à la chose pensante qui seule est la Nature entière, car un fragment considéré en dehors du tout auquel il appartient ne peut, etc.
10. Entre l'Idée et son objet il doit y avoirnécessairement union parce qu'aucun des deux ne peut exister sans l'autre ; car il n'y a aucune chose dont l'Idée ne soit dans la chose pensante et aucune Idée ne peut être sans que la chose soit aussi. De plus, l'objet ne peut éprouver de changement que l'Idée n'en éprouve un et vice versa, de sorte qu'il n'est besoin d'aucun tiers pour produire l'union de l'àme et du corps. Mais il est à observer que nous parlons des Idées qui naissent nécessairement en Dieu de l'existence des choses conjointe à leur essence, et non des Idées que les choses, actuellement existantes, font apparaître et produisent en nous; ces dernières dillèrent beaucoup des précédentes, car en Dieu les Idées ne naissent pas comme en nous d'un sens ou de plusieurs [ce qui fait que par les affections éprouvées nous avons des choses, le plus souvent, une connaissance tout à fait incomplète et que mon idée et la vôtre diffèrent bien qu'elles soient des effets d'une seule et même chose *] mais de l'essence et de l'existence, en conformité avec tout ce que sont les choses.
* Ce qui se trouve entre crochets ne peut être donné comme une traduction, mais comme une tentative de restitution ; à l'exemple de W. Meijor je déplace un membre de phrase, et je supprime un mot.
♦ Il faut entendre sans doute par le corps, la chose étendue.