‹ Œuvres de SpinozaChapitre 87 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mouvoir ° le corps de Pierre par l'idée du corps de Pierre mais non par l'idée du corps de Paul, de même Tàme de Paul peut bien mouvoir son propre corps mais nullement le corps d'un autre, par exemple de Pierre '. Et voilà pourquoi elle ne peut aussi mouvoir aucune pierre qui est au repos ou gît immobile, car la pierre fait encore une autre idée dans Tàme '"'. Et donc il est tout aussi clair qu'aucun corps, qui est entièrement au repos, ne peut être mû par aucun mode de la pensée, pour les raisons déjà dites.

3. La troisième objection serait la suivante : Nous croyons que nous pouvons voir clairement qu'il nous est possible cependant d'être cause d'un entier repos dans le corps. Après, en effet, que nous avons assez longtemps mû nos esprits animaux, nous éprouvons que nous sommes fatigués; et cela n'est pas autre chose que du repos que nous avons introduit dans les esprits animaux.

4. Il est clair que, dans rbomme, puisqu'il est un être ayant eu un commencement, on ne peut trouver d'autres attributs que ceux qui étaient auparavant dans la Nature ; et puisqu'il se compose de tel corps duquel une Idée doit être nécessairement dans la chose pensante, et que cette Idée elle-même doit être nécessairement unie au corps, nous affirmons avec confiance que son unie n'est rien que l'Idée de son corps dans la chose pensante. Puisque maintenant le corps a une certaine proportion de mouvement et de repos qui est habituellement modifiée parles objets extérieui-s et qu'il ne peut y avoir en lui de changement qui n'ait lieu aussitôt dans l'àme, cela a pour effet que les hommes sentent*. Je dis toutefois : puisqu'il a une certaine proportion de mouvement et de repos, attendu qu'aucun effet ne peut avoir lieu dans le corps sans le concours de l'un et de l'autre.

* Il est clair qu'on doit entendre ici diriger le luourement du corp* de Pierre, et de iiiéine, plus loin, mouvoir est pour diriger le mouvement.

'" On attendrait plulùl ici dans la chose pensante.

* A ajoute ici idea reflexica que B conserve en le traduisant en hollandais.

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(5) Nous répondons toutefois qu'il est bien vrai que l'âme est cause da ce repos, mais seulement cause indirecte; car elle n'introduit pas ce repos directement dans le mouvement mais seulement par le moyen d'autres corps qu'elle avait mus et qui perdent nécessairement ainsi autant de repos qu'ils en avaient communiqué aux esprits. D'où il apparaît clairement qu'il existe dans la nature une seule et même espèce de mouvement.

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