‹ Œuvres de St. Thomas de Villeneuve (volume 2)Chapitre 7 sur 62 · QUATRIEME DUHANCHE DE LAVENT · texte numérisé non relu

QUATRIEME DUHANCHE DE LAVENT

» mon épouse, et viens (1)? » Elle est amie de Dieu par l'observation des commandements : « Vous serez mes amis, si vous observez » ce que je vous commande ,2^. » Elle est une colombe par les gémissements que pousse son désir de la patrie céleste ; elle est la plus belle par la contemplation de la vérité. Amie à cause de ses œuvres, colombe à cause de ses désirs, belle à cause de sa contemplation.

« Et viens. » « Déjà Thiver est passé ; les pluies ont cessé, elles » ont fui ; les fleurs ont paru sur notre terre (3;. « Déjà l'hiver de la crainte s'est éloigné, les pluies des larmes de la contrition ont cessé, les fleurs des bons désirs ont paru. « Dans le creux du ro- » cher, dans l'ouverture du mur, » là où se trouve une paix entière, une sécurité parfaite, où l'épervier redoutable ne porte jamais son vol. << Que votre voix » caressante « retentisse à mes » oreilles » dans les siècles des siècles, parce que « votre voix est » douce et votre visage éclatant. » Montrez-moi votre visage, afin que, présents i"un à l'aiUre, nous nous voyons au sein de cette béatitude éternelle où la vision est toute la récompense de l'àrae.

Le prophète Elle, se tenant à Ventrée de la caverne, est une figure de cet avènement du Seigneur. Le Seigneur n'était point dans le tourbillon du vent, ni dans le tremblement de terre, ni dans les flammes du feu ; le Seigneur était dans le souffle d'un vent léger. De la même manière, voici le tourbillon des reproches; ce n'est pas encore le Seigneur, car le Seigneur habite au sein de la paix ; voici l'ébranlement du désir de la perfection ; ce n'est pas encore le Seigneur; voici les flammes du feu, lardeur de la dévotion ; ce n'est pas encore le Seigneur. Sans doute dans toutes ces choses le Seigneur est présent au cœur par la grâce, mais il n'y a pas encore établi sa demeure calme et tranquille.

Mais voici le soufle d'un vent léger, les sens sont assoupis, le silence s'est fait dans le cœur ; tout à coup vous reconnaissez la visite de votre Dieu, la plénitude de sa grâce, la présence de sa majesté. Il était peut-être dans le cœur, il habite maintenant dans l'âme, il est à l'entrée de la caverne, parce que l'âme n'est plus

(1) Gant., M. JO. — ^2) S. Jean. \v, U. - (3) Tant., ii. 11.

DIMANCHE DANS l'oCTAVE DE .NOËL 57

entièrement liée au corps et qu'elle n'en est pas non plus entièrement déliée; ses liens sont à moitié rompus, afin qu'elle puisse sentir la présence de son Dieu.

Cependant tous ces mystères ne s'opèrent que lorsque Tàme est embrasée de la ferveur spirituelle et d'une charité sans feinte, alors qu'elle peut dire : « Mon cœur s'est échauffé au dedans de moi, » il s'est embrasé dans la méditation (P. » « Oii est le Sage qui » comprenne ces choses (2}, » qui, pendant cette vie, soit arrivé à une telle perfection de cœur qu'il puisse distinguer dignement ces mouvements mystérieux les uns des autres, désigner les caractères particuliers à chacun d'^ux et donner des explications qui en donnent l'intelligence aux âmes fidèles?

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