‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 80 sur 117 · SCÈTLE IX GÉRONTE, VALÈRE · texte numérisé non relu

SCÈTLE IX GÉRONTE, VALÈRE

GÉRONTE

Eh quoi I c*est vous encor ?

VALÊRE.

Mon oncle, je l'avoue, C'c:it moi.

GÉRONTE

Vos pieds prendront racine dans la boue ; Au même endroit planté vous restez trop longtemps, Mon cher, et vous aurez des feuilles au printemps.

VALÉRE

Je venais pour...

GÉRONTE

C'est bien ; allez-vous-en 1

VALÉRE

De grâce !

GÉRONTE

Pas de grâce I

VALÉRE

Mon oncle 1 ah I que je vous embrasse I

GÉRONTE

Non I non 1 — Qjiel embrasseur que monsieur mon neveu l

VALÉRE

Mon oncle, il faut qu'ici je vous fasse un aveu...

GÉRONTE

Je refuse l'ouïe à tout aveu!

VALÉRE

Mon oncle 1

GÉRONTE

Au beau milieu du nez qu'il me pousse un furoncle.

Si j'écoute jamais rien de ce que tu dis I Je t'aT déshérité : de plus, je te maudis I

VALÊRE.

J'aime...

GÉRONTE

Jeune indécent, quel mot cru sur ma nuque 1 Vos impudidtés font rougir ma perruque I

VALÊRE.

Oui, j'aime Inez...

GÉRONTE

Assez I Si je vous vois encor Dans ces lieux... Regardez ce jonc à pomme d'ori

Valire ^éloigne. Entre Frontin, qui échange avec lui un signe d'intelligence.

VALÊRE.

Mon oncle, vous avez des façons violentes.

GÉRONTE

Décampe! — J'ai les mains de colère tremblantes.

VALÊRE.

Calmez-vous..., je m'en vais. — Maintenant mon destin Dépend de l'heureux sort des ruses de Frontin.

Page 1