‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 88 sur 117 · III · texte numérisé non relu

III

ARLEaUIN.

Mais Pierrot, délaissant les rives de la Seine, Dont l'habitation lui devenait malsaine, A fait rencontre, en mef , de pirates d'Alger, Et vu d'un nœud coulant son destin s'abréger. Ne pouvant pas payer de rançon aux corsaires. Il trouva la potence en fuyant les galères.

COLQMBINE.

En ce bas monde, hélas I nul n'évite son sort I

Donc je' puis vous aimer, car la femme d'un mort En tout pays du monde a qualité de veuve.

COLOMBINE

Du trépas de Pierrot nous n'avons pas la preuve ; S'il allait reparaître, ainsi qu'un chien perdu 1 S'il n'avait pas été suffisamment pendu I

ARLEQUIN

Bah 1 rien n'est plus certain : son extrait mortuaire Sur le premier feuillet de tout dictionnaire Se voit lisiblement écrit ou parafé Au-dessous d'un pierrot au gibet agrafé.

COLOMBINE

Ce sont titres fort bons qu'on ne saurait produire C^and devant le notaire il me Êiudra conduire ; Car je pense, Arlequin, pour l'honneur de vos vœux, C^'ils tendent à serrer le plus sacré des nœuds. Par un certificat, en forme légitime.

Démontrez-moi qu'on peut les accueillir sans crime.

Je VOUS accorderai très volontiers ma main; Mais, jusque-là, néant I... je passe mon chemin.

SCÈ'H.E II

ARLEQ.UIN, seul.

Quoi ! vous fuyez, méchante, avec cet air si tendre I Et la souris, hélas ! vous partez sans la prendre 1 Ah 1 les femmes I... pourquoi £iut-il que nous soyons Toujours acoquinés après leurs cotillons 1 Tout irait mieux, si Dieu ne t'avait fait d*un geste Sortir du flanc d'Adam, côtelette funeste 1

// met la souricière à terre, pris de la maison de Colombiiie.

Cette preuve, où l'avoir?... Je ne puis, comme un sot, Aller chez ces païens m'enquérir de Pierrot.

Des registres civils aux États barbaresques I L'imagination, certe, est des plus grotesques I Je soufli-e, et je voudrais voir mon destin fini D'uq. excès de polente ou de macaroni.

Mais qui vient? le docteur...

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