A JEAN DUSEIGNEUR I
Puis la tête homérique et napoléonienne
De notre roi Victor! — que sais-je, moi ? la mienne,
Celle de mon Gérard et de Pétrus Borel,
Et d'autres qu'en jouant tu fais, d'un doigt agile,
Palpiter dans la cire et vivre dans l'argile ;
— Assez pour, autrefois, rendre un nom immortel I
Si trois cents ans plus tôt Dieu nous avait Êiit naître, Parmi tous ces hauts noms l'on en eût mis peut-être D'autres qui maintenant meurent désavoués; Car nous n'étions pas faits pour cette époque immonde Et nous avons manqué notre entrée en ce monde, Où nos rôles étaient joués...
Septembre 1831.
ÈTIG%Jl'PHE
PLACÉE EN TÊTE DE : Sous la Table ( Dans Les Jeunes-France )
Qu'est-ce que la vertu? Rien, moins que rien, un mot A rayer de la langue. Il faudrait être sot Comme un provincial débarqué par le coche, Pour y croire. Un filou, la main dans votre poche. Concourra pour le prix Monthyon. Chaude encor D'adultères baisers payés au poids de l'or.
Votre femme dira : « Je suis honnête femme. » Mentez, pillez, tuez, soyez un homme infâme, Ne croyez pas en Dieu, vous serez marguillier; Et, quand vous serez -mort, un joyeux héritier, Ponctuant chaque mot de larmes ridicules, Fera, sur votre tombe, en lettres majuscules Écrire: bon ami, bon père, bon époux.
Excellent citoyen, et regretté de tous.
La vertu 1 c'était bon quand on était dans l'arche. La mode en est passée, et le siècle qui marche Laisse au bord du chemin, ainsi que des haillons, Toutes les vieilles lois des vieilles nations.