‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 66 sur 139 · ÉPIGRAPHE · texte numérisé non relu

ÉPIGRAPHE

Donc, sans nous soucier de la morale antique, Nous tous, enfants perdus de cet âge critique. Au bruit sourd du passé qui s'écroule au néant, Dansons gaîment au bord de Tabîme béant 1 Voici le punch qui bout et siffle dans la coupe : Qiie la bande joyeuse autour du bol se groupe 1 En avant les viveurs I Usons bien nos beaux ans ; Faisons les lords Byrons et les petits dons Juans ; Fumons notre cigare, embrassons nos maîtresses; Enivrons-nous, amis, de toutes les ivresses.

Jusqu'à ce que la Mort, cette vieille catin.

Nous tire par la manche au sortir d'un festin. Et, nous amadouant de sa voix douce et fausse. Nous fasse aller cuver notre vin dans la fosse.

LA FARCE DU MONDE, Moralité.

ÈTÎGX^THES

PLACÉES EN TÊTE DE : 'DatiUl Jovard (Dans Les Jeunes- France)

QUEL saint transport m'agite, et quel est mon délire ? Un souffle a fait vibrer les cordes de ma lyre ; O Muses, chastes sœurs, et toi, grand Apollon, Daignez guider mes pas dans le sacré vallon 1 Soutenez mon essor, faites couler ma veine, Je veux boire à longs traits les eaux de l'Hippocrène, Et couché sur leurs bords, au pied des myrtes verts, Occuper les échos à redire mes vers.

DANIEL JOVARD, avant sa cont'ersion.

Par l'enfer! je me sens un immense désir De broyer sous mes dents sa chair, et de saisir, Avec quelque lambeau de sa peau bleue et verte, Son cœur demi-pourri dans sa poitrine ouverte.

Le même daniel jovard, après sa conversion.

Page 1