‹ Œuvres de TissotChapitre 107 sur 160 · G DES · texte numérisé non relu

G DES

des très-fâcheux : ce qui me rappelait le m.ilaile de Willis, chez r|iii elle était ariiionci'e [liii- une faim considi'r.ible et fies vomissi'iiienls ai icit's (l) , tt ji- connais nn autre liomiiie qui s'en est guéri en soupaiit , et en tenant toujours du pain dans su poche , pour prendre dès qu'il sentait quelque rongement d'estomac.

Elle est quelqiielois présa(j('e par d'autres a< ci(ienls : j'ai vu un uinlade qui avait une esjièce lie surdité viugl-qu itre heures à l avaiire, et l'acte-, lui laissait un pi u d'engiuir'Hssenient dans le côté nialiidc , et était toujours plus fort du côté droit (jue du côié gauche; un autre avait de l'aversion pour le tabac plusieurs heures avant l'accès.

La terminaison par les vomissements i)"cst pas plus cotislante que les autres symptômes. On a déjà vu un malade chez qui l'accis se terminait par le sommeil, il y en a plusieurs chez qui il se termine de même ; mais il arrive au si queli|uefo s que le sommeil est un symptôme eonvul>il'; plu>, ces malades doriiieiit , pins ils sont malades : ce n'est que q and ils sont très éveillés que le mal ccmmeiice à diminner. — J'ai vu une dime qui avait été snjelle pendant plusieurs années à celle maladie , et chez qui e.le s'était toujours terminée par les sueurs excessivement abondant» s des avani bras et des mains; ensuite elle prit à un cert iin àg:e des sueurs régulières tous les matins, qui l'en délivrèrent absolument — De très violents paroxysmes se terminent quelquefois dans la force de l'âge par une léyère hémorrhagie des naiines; et Becki r vit une migraine guérie par une artérioloniie spontanée (2).

Quelquefois aussi il survient une sueur générale; mais les sueurs ne sont d'au-

(1) CepliaUilg'iœ curalio, p. IGO.

(1) A. C. N., ann. 4 et 5, obs. 73; et Planque, Bibl. île mcd., I. vu, p. 2ô9. Celait chez une femme du commun, qui, à rfl;;e de di\-scpt ans, fut attaquée d'une ni'gi'aine bilieuse, qui revenait toujours à l'approche des règles, et qui CPs^ait (li"'s qu'elles avaient paru. Étant enceinte de dnux mois, son mal de tèlo revint; il se forma une ecchymose au muscle temporal droit, l'ancre s'ouvrit d'elle mcmc, il en sortit d'abord cinq onces d'im sang séreux et jaunâ're, et ensuite à peu prf-sla même quantité d'un sang noir. L'arti'Tc se referma aussi d'clic-nicmc, cl la malade se trouva guérie.

très cas qu'utie suite de l'affaiblissement tt ne soulagent point. J'ai vu une Anglaise sujette, dès l'â^e de treize ans, à une forte migraine tous les mois : elle n'en avait été exempte que pendant six mois après une coui he. Quand je la vis, elle avait alors vingt-trois ans ; la iloulcur depuis quelques mois revenait tous les huit jours, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre ; f t depuis ([uelques semaines, elle a , dès qu'elle prend le plus petit mouvement , des sueurs abondantes du côté droit du visage, et souvent des boutons, mais jamais de l'aiilre côté. On trouve dans Uii bon recueil d'observairons l'histoire d'une dame dont hs accès se terminaient par un larmoiement abondant de l'œil malade , et quelquefois par un écoulement abondant des sérosités par la même narine; et alors les migraines , qui revenaient ordinairement toutes les semaines , lui faisaiiMil quartier pour quel(|ncs mois (ij- — Quoiq l'en général la douleui- soit si vive que les malades ont besoin du plus absolu repos, j'ai vu deux personnes qui souffrent plus long-temps si elles ne peuvent pas monter en voiture , p:irce (jue , si elles restent dans l'itiaction , elles ne vomissent point ; au lieu que la voiture abrège i'aocès chez l'une en la faisant vomir, chez l'autre sans opérer d'évacuation; et l'on trouve dans Wepl'er l'histoire d'un jeune homme qui souffrait davantage quand il se couchait (2|.

I,e pouls , dans les grandes douleurs, csl toujours dur et vite ; sur la fin, il se calme. Je l'ai vu se ralentir avec une promptitude étonnanle après le vomissement. Généralement , la migraine attaque dans toute.; les saisons, dans tous les temps, à toutes lés heures ; elle est assez indépmtlante de beaucoup de circonstances accidentelles, qui déterminent les accès de simples maux de tète ; et , quand les migraines sont bien réglées, rien n'incommode dans l'entredeux. M. lis, chez les personnes qui ont les neris délicats , la misjraine est quelquefois occasionnée, cumnie les simples maux de tête, par la chaleur des appartements , par le froid des pieds , par le vin , par les odeurs , p ir quel(|ues alimen s, et surtout |)ar les acides. — Les douleurs ne sont pas toujours extrêmes,

(1) Wepfcr, Observât, de apoplex., obs.

7G, p. ons.

(1) Demorb. cap., obs. 47, p. 126.

ET DE t£pM

et plusieurs malades les trouvent même assez supportables, moyennant qu'ils jouissent <le la plus parfaite lranf|uillilé; car la sensibilité est si grande , que tout ce qui les en tire leur est odieux ; mais quelquefois elles sont à un point de violence excessif. C. Pison en éprouvait de telles, qu'il croyait que la suture coronale se fendait ; et Slalpart Van Derviel les a vues se fendre réellement par la violence de la migraine chez la jardinière d'un comte de Nassau (I) ; ce qui suppose dans le crotapbile un spasme d'une force immenpe, et ce qui ne peut cependant point être révoqué en doute : outre que l'observation de Van Derviel porte tous les caractères delà vérité, Fabrice de Hilden l'atteste également de trois ou quatre personnes différentes (2j. On trouve dans 1 Histoire des Maladies, de Breslau, dont l'eiactitude est si bien constatée, une observation qui ne peut admettre aucun doute : « Nous avons souvent vu, X) dans les violentes migraines, des ma- » lades se plaindre que leur tète se fen- » dait. Cela n'est pas vrai toutes les fois w qu'ils le disent , mais cela l'est cepen- » dant quelquefois ; et le docteur Crass a » une malade, âgée d'environ trente ans, )> sur laquelle il peut faire voir un écar- » tentent considérable de la suture lamb- » doïde pendant l'extrême violence des « douleurs (3). » — J'ai vu très souvent les muscles du front, des paupières, du visage, dans une espèce de léger mouvement convulsif , et quelquefois ceux de tout le corps s'en ressentent. Aussi, après ces violents accès, les malades sont très fatigués, et éprouvent le sentiment d'une lassitude générale. M. Colini a vu une migraine qui était toujours accompagnée de convulsions dans les bras (4). J'ai été consulté par une dame chez qui la migraine s'était déclarée après s'être extrêmement fatiguée dans une longue maladie de sa mère, et qui, pendant les accès , ne voyait que la moitié des ob-

(1) Liv. 1, obs. I.

(2) Cent. I, obs. 1; cent, ii, obs. 7.

(3) Histor. morbor. Wratislaw., p. 50.

Il rappelle robservalion de Van Derviel, en cite de Boot el de Pozzis, et ajoute : « ÎSotre collègue, M. Pauli, a vu trois enfants âgés de trois à cinq ans, fort sujets au catarrhe, chez qui, dans quelques semaines, la forme de la partie supérieure de la tête a changé, et la suture coronale s'est fort ouverte.

(4) DefebribusintermUtentibus,T[),l59,^

MALADCBS.

jets ; et , dans les violents accès , il a'tîSii pas rare que la violencé de la contraction produise un épanchement de sang, qui rend la peau du front, des paupières, des joues même, bleue, livide, noire.

Tous ces symptômes prouvent évidemment que c'est le genre nerveux qiii est atfecté, et les observations qui me restent à rapporter le confirmeront. Je commencerai par celle de Pisou lui-même. A peine en âge de puberté , dit-il, je fus attaqué, dans le temps que je faisais mes études, d'une migraine Ires-vive, qui, revenant à chaque changement de temps, me tenait plusieurs heures, et ne se dissipait jamais qu'après f|ue j'avais vomi une eau épaisse et de la bile ; alors, je m'assoupissais , et elle se calmait. Après un voyage en Italie, et surtout après son retour chez lui , les douleurs s'affaiblirent sensiblement. Cependant, les vomissements d'eau bilieuse et le penchant au sommeil continuaient à revenir assez périodiquement; et, ce qui fut beaucoup plus fâcheux , la migraine se changea en des spasmes cruels des lombes et dé tous les muscles du bas-ventre, qui l'attaquaient non-seulement aux changements de saison, mais aussi presque à tous les changements de temps, à moins que des sueurs régulières et abondantes , comme cela lui arrivait quelquefois le matin, ne le préservassent. S'étant endormi un jour, en automne , sur un lit de repos , et le soleil étant venu sur sa tête pendant qu il dormait, il eut une attaque de migraine qui dura plusieurs jours , et qui se termina par une douleur de cou et de dos dont il eut plusieurs retours pendant tout l'hiver ()). 11 rapporte l'histoire d'une autre migrainequi est intéressante, parce qu'elle caractérise parfaitement le genre de maladie auquel la migraine appartient. Une jeune fille, âgée de douze ans . fut lout-à-coup attaquée d'une migraine très-violente, qui occupaitTceil, la tempe et l'oreille du côté gauche, et en même temps elle éprouvait un sentiment de fourmillement qui, commençant par le pelil doigt de la main, du même côté, gagnant successivement les autres doigts, l'avant bras, le bras, le tou , lui oceasionnait une violen e rétraction spasmodique de la tête, et un spasme de mâchoire, Hccotupagné d'une faiblesse générale de tout le corps, sans per'e de connaissance. Cet accès, véritableme;nt.

(1) Obs. 1^, ç. 74

effrayant, se termina par un vomissement d'eau bilieuse. Les accès suivants ne furent jamais si violents : la douleur était principalement forte aux tempes, et laissait un peu d'engourdissement dans le bras et la jambe du même côté pendant une couple de jours.

J'ai une consultation pour un officier au service d'Autriche , âgé de trentedeux ans , dont la migraine a aussi des caractères nerveux très-marqués. « J'ai, D dès l'âge de neuf ans , ce sont ses ter- )) mes, une migraine qui , dans les com- )) mencements, me prenait environ tous » les deux mois, quelquefois plus sou- »vent;j ai aussi élé plus d'une année » sans l'avoir. Elle commence par les » yeux : lorsque je m'y attends le moins, »je vois lout-à-coup tout trouble, mais B plus d'un côté que de l'autre, comme M une personne qui a fixé le soleil. Cela » dure environ une dixaine de minutes; » ensuite un bras et une jambe du même >> côté, et un jour d'un côlé et un jour de >> l'autre , s'endorment. Je sens des frisjjsons, comme s'il y avait des fourmis; » je sens la même cliose à la bouche et à «la langue, et même, pendant ce lempsj) là, j'ai bien de la peine à parler. Cela }i dure environ un derai-quirl-d'heure ; ») ensuite les douleurs de têle com- » mencenl , mais seulement aux lempes, » où elles se soutiennent très-fortes pen- 3) dant sept à huit heures. Quand je puis » vomir, cela me soulage. La migraine » m'attaque en toute saison et à toute j) heure ; la saignée ne me soulage que 3) peu. L'air d'Olmutz, qui est malsain, » la rend plus fréquente. "Wepfer donne l'histoire d'une migraine ([u'il appelle cruelle, et qui paraît en effet l'avoir été, dans laquelle la douleur attaquait tout-àcoup la paupière inférieure du côté droit; de là elle se rép indait en montant sur la lempe et le front , du même côté ; et, en descendant, elle s'étendait tout le long du nez jusqu'à la lèvre, qui était si sensible, qu'on ne pouvait pas la toucher.

Elle se faisait également sentir avec violence dans les gencives et jusqu'au fond de l'œil, oii elle était très-vive et accompagnée d'un larmoiement continuel. Quelquefois, elle se portait jusqu'au sinciput, et niême à la nuque. En général , elle était presque toujours intolérable; il y avait souvent un mouvement convulsif des lèvres et un gonflement de leurs vaisseaux. — Wiliis vit une jeune femme chez qui la migraine était héréditaire, et revenait très-fréquemment, et qui , la

veille de l'accès, avait toujours une faim vorace , et soupait très-abundamment ; mais, le lendemain matin, elle était sûre de se réveiller avec un très-violent mal de tête, qui était toujours suivi d'un vomissement d'une humeurextrêmement aigre, ou quelquefois extrêmement amère (Ij.

M. Juncker a donné l'histoire d'une migraine très-singulière, qu'il appelle migraine horaire. Depuis cinq ans, elle n'avait point quitté la malade, qu'elle avait saisie après une couche qui l'avait laissée languissante. Elle l'attaquait à toutes les heures du jour et de la nuit, durait un quart-d'heure, finissait et revenait à l'heure suivante (2). Je finirai ces observations par celle de la migraine d'une marquise de Brandebourg , que Yan Der I.inden nous a conservée , et qui, sans avoir rien d'extraordinaire, est intéressante, parce qu'elle présente une des marches les plus ordinaires de celte maladie. La malade, âgée de trenteun ans , d'une taille moyenne, assez délicate, ayant ses règles, ne faisant aucun e\cès, jouissant d'une assez bonne santé, à quelques attaques d'hypochundrie (3) et quelques fluxions près; ayant quitté le vin , parce qu'il lui donnait mal à la têle, éprouvait tous les mois, ordinairement à la veille , quelquefois à la fin de SCS règles, une forte migraine, qui attaquait tantôt un côlé , tantôt un autre.

Elle commençait toujours par un sentiment de froid, des nausées, et un peu de douleur à l'estomac. On avait cherché à dissiper cet accident par la promenade ; mais l'exercice les avait constamment augmentés. Le lit diminuait la douleur

(1) De miim. brutor., part, ii, cap. i, p. lii. Dans les cas de celle espèce, qui ne sont pas rares, comme je l'ai déjà dit, le mal paraît dépendre de l'Iiumeur acitle formée dans l'estomac, et qui quelquefois s'évacue seule. SI les vomissements sont très-forts, la bile reflue du duodénum, mais c'est souvent la preuve de la violence du mal et non pas sa cause.

(2) Juncker, Da liemicrania horlogica.

Halœ, 1747.

(3) C'est à cette disposition bypochondre , qu'il faut attribuer ce flux prodigieux d'urine qu'elle éprouvait cinq ou six fois par an, pendant un jour, pendant lequel elle urinait au nioii>s dix fois audelà (le ce qu'elle avait bu. Van Der Linden, De hemiçraniamenstrtia, in-40, Leid.

ET DE LEURS MALADIES

de tête et le mal d'estomàc ; mais les nausées , accompagnées d'une salivation claire et abondante, duraient aussi longtemps que les douleurs , qui finissaient ordinairement au bout de vingt-quatre heures. Alors la malade se levait bien portante, et mangeait comme à l'ordinaire; mais, pendant l'accès, les douleurs étaient si vives, qu'elle ne pouvait ni parler, ni avaler quoi que ce soit, ni faire aucun mouvement.

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