LES MALADIES DES NERFS
§ I". Quand on traite des miiladiesdu cœur, de l'estomac, des reins, de la matrice, on est d'abord entendu, on sait que l'on irailc des maladies qui ont leur siégt; dans ces parties, qui altèrent leurs fonctions, et la lésion de ces fonctions est la preuve de l'existence de ces maladies. En parlant des maux de nerfs , il n'est pas aussi aisé de se faire entendre , parce que les nerfs n'ayant pas des fonctions évidentes pour nous , miis n'étmt que dc-i agents qui déterminent l'action d'autres parties , c'est dans l'action de ces dernières qu'il faut voir celle des nerfs, c'est par la lésion des fonctions di's unes qu'il faut deviner les maladies des autres, que Galien a définies les mouvements dépravés des organes qui éprouvent les mouvements sains (2j. Les nerfs sont des cordes cachées qui, dans une salle de spectucle, font jouer les machines que l'on nous présente : quand ces machines jouent mal , nous juyeons que les cardes sont dérangées , et nous cherchons quel pcutêlre ce dérangement. — Cet enfant a des convulsions , je ne vois pas ses nerfs, et quand je les verrais, il.s me paraîtraient peut - être très - sains ; mais je vois des mouvements Irès- violents dans les muscles : j'appelle cependant sa maladie une maladie de nerfs , et ceUe maladie est la lésion de l'opération qui se passe entie les nerfs et les muscles; je
(1) Ce tilre fait le sujet detouie la première partie de l'ouvrage de M. Boerliaave ; mais c'est que sous ce tilre, comme je l'ai déjà dit dans le premier chapitre, ce grand médecin renlèrmait toutes les maladies des solides.
(2) De Tremore, ch. ii, Cliart. , t. vu,
rapporte donc sa maladie à la partie dont les fonctions me paraissent les plus im portantes, et c'est atnsi qu'il faut concevoir les maux de nerfs , puisque, à par-' 1er exactement, la paralysie et les convulsions seraient des maladies des mus des. Organes essentiels dans plusieurs fonctions importantes que j'ai assi^-nées plus haut, on met sous leur nom les désordres que ces fonctions éprouvent, quoi-n que souvent ils ne dépendent point f| d'eux , mais d'autres causes qu'il faudra distinguer, telles surtout que l'irritabilité , dont l'action est conlinuellemeni combinée avec celle des nerfs. Ils ont cependant leurs maladies particulières : 'f" ce sont celles que j'examinerai dajis et'™' chapitre. Mais malheureusement, par cela même que les nerfs , quoique partie principales dans la plupart des fonctions n'oni point une action qui puisse tombei' sous nos sens, et que leiiis lésions niè mes se perdent le plus souvent dans 1 petitesse des parties intéressées , nous ne',"' pouvons presque juger de la plupart dt ' leurs maladies propres que ]>ar amlogie il est vrai qu'une analogie sage équivau à une démonstration.
§ 2. M. Ilofmann , à (|ui l'on doit ce pendant plusieurs belles observations e plusieurs conseils très - intéressants sui les maux de nerfs , dont j'aurai occa sion de faite us^ge dans cet ouvrage avait, comme je l'ai déjà remarqué ail leurs, beaucoup trop étendu les maladies du genre nerveux , \mr lequel il enlen dait toutes les membranes du corps, mê me les membranes vasciilaires; et pa faiblesse des nerfs , il désignait celle dis position des dernières fibiilles qui fai que, trop peu cohérentes entre elles, elle ne résistent point assez aux impression qu'elles reçoivent (l). On voit que cett
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(1) c Ergo nervosi generis débilitas ni liil aliudesiquainea omnium nervearum membraneacearuni ac vasculosarum par tium in toto corporc structura, quâ e;
ET DE LEDRS MALADIES
l^e , qui tient au même système de ^epfer, adopte par M. Boerhaave , est isolument erronée , et mènerait à trai- :r des maladies les plus étrangères aux erfs, de celles des seules parties surlesuelles les nerfs n'exercent peut-être ue la plus petite action , et où ils ne se ouvenl que parce qu'il en faut pjur la ulrition et l'action des vaisseaux : ce îrait ramener l'erreur des anciens , qui onfondaient sous le nom de nerfs^ les ;ndons, les membranes et les ligaments, u lieu que partout je bornerai l'idée du yslèmenerveiix à la définition que j'en ai onnée dans la préface, c'cst-a-dire au erveau, au cervelet, ii la moelle épi nière et "^^ uxnerfs propreinentdits. Toutescespar- '^. ies sont composées de vaisseaux coiiteants et de liqueurs contenui-s, de solides ^ t detluides : elles seront donc nécessaiemenl sujettes aux maladies des soli- ^1 es , à celles des fluides , et à celles qui ^ ésullent de l'action des uns sur les an- . res ; les canaux peuvent être trop forts u trop faibles, trop dilatés ou trop res- ^1 errés ; les fluides peuvent être en troj) . rande ou en trop petite quantité, trop 'isqueux ou trop dissous, trop acres ou 1^ Bop peu stimulants , et chacune de ces . auses produira des effets dill'érents, dont j e reparlerai plus bas. Les vérités sim- ^»les et qui se présentent naturelle- . nent ont été trop peu vues ou mal vues, 1^ :t il paraît que la plupart des médecins ^[Ui se sont occupés de ces matières I^Ji'ont voulu reconnaître qu'une cause de ftérangement. M. Clieyne et M. Kloec- Lof ont presque tout rapporté au relàîhemeiit. VV. Smitt , l'un des dei j liers médecins anglais qui aient éci itsur ^l|es maux de nerfs (ij , ne reconnaît non ^^ ilus d'autres causes que le rclàclienient , ;t adopte entièrement les idées de Al.
i^lieyne. iM. Pome, et ceux qui ont pensé pomme lui, n'ont vu que de la raideur ^ ;t de la sécheresse , qui n'existe , dit lAF.
^^ieutaud , que trcs - rarement (2j ; MM. , Boerhaave et Wlijtt ont aussi en géné- ^^;al plus vu les maladies de nerfs qui tienfient au relâchement que celles (jui dé- ■||Pendei:t des vices contraires. M. Lorry