INJECTION
R. Sacchari Saturni vitriol, alb.
alum. rup. aa. dr.i; aq. chalyb.fabror.
pint. 1. ss.; per dics deceni igne arence digerantur : add. spir. vin. camplir.
cochi. m.
On trouvera de très-sages vues applicables à la maladie dont je traite dans un livre qui vient de paraître, intitulé : Précis de Médecine pratique, par Lieutaud,
(1) Onania, p. m.
(2) 11 ne désigne point l'espiNce : ce ne peut être que le lamium albumvhite Archangel, ou le lamium macidatiim.
(5) Le quart anglais est la m^HlQ mesure quQ lit pinte de Paris.
médecin des enfants de France , qui , après s'être fait un nom distingué parmi les anatomistes et les physiologistes , vient de s'assurer, par cet ouvrage, ua des premiers rangs parmi les praticiens. Les chapitres relatifs à la consomption dorsale sont ceux qui ont pour titre : Calor morbosus , chaleur morbifique ; maladie, pour le dire en passant , trèsfréquente , dont personne n'avait parlé , que l'on traite souvent très-mal , comme je m'en suis plaint ailleurs , et dont Lieutaud a développé le premier les symptômes, la nature et le traitement; vires exhaustœ , l'épuisement ; et anœniia , qu'on peut traduire le manque de sang , chapitre très intéressant, qui est tout entier à l'auteur.
Lewis , dont je n'avais point pu me procurer l'ouvrage avant l'impression de la première édition du mien, est celui de tous qui s'est le plus étendu sur la cure. J'ai eu le plaisir de voir que nous étions parfaitement dans les mêmes idées, et que nous employions les mêmes remèdes, surtout le kina et les bains froids , conformité qui me paraît prouver en faveur de la méthode que nous avons suivie l'un et l'autre. Je ne rapporterai ici que les deux aphorismes qui renferment la substance de sa doctrine ; je me servirai de quelques passages de l'explication qu'il y ajoute, pour confirmer, dans la section suivante , ma propre pratique. — « La « cure de cette maladie , dit cet habile » médecin , dépend de deux articles ; ce » qu'il faut éviter et ce qu'il faut faire : )) et les remèdes n'ont aucune efficacité si )> l'on n'apporte pas une grande attention » à tout ce qui regarde les choses non na- M turelles , ou toutes les branches du ré- » girae. Un air sain est de la plus grande )) importance. La diète doit être forti- » fiante sans échauffer. Le sommeil ne » doit pas être trop long , et il faut dor- » mir à des heures convenables. L'on M doit prendre un exercice modéré, suru tout à cheval. Si les évacuations natuj) relies se font irrégulièrement, il faut » les mettre dans l'ordre. Le malade doit » chercher à se distraire par la compa- )> gnie , ou par les plaisirs innocents. — » Tous les remèdes doivent être tirés de >) deux classes, les balsamiques et les for- » tifiants ((). »
Il recommande toujours, au lieu du thé, qui est toujours, dit-il, très-nuisible
(1) A praçtiçal essai , p. 20, 25 et 34.
l'onanisme.
aux nerfs , l'infusion de mélisse ou de nienlhe, rn iiieltant, dans chaque tasse, line cuillerée d'une mixture balsamique, composée de crème et de jaunes d'œufs battus ensemble, avec deux ou trois gouttes d'huile de cannelle (1 ), ce qui fait une boisson dont le palais et l'estomac s'accommodent très-bien, commej'ai eu l'occasion de le rem.'irquer moi-même; et ce remè'le est en effet véritablement balsamique et f jrlifiant. Mais je placerai ici une remarque qui peut être utile; c'est (|ue Lewis indique, parmi les forlifiants (ju'il conseille , les rcracdts tirés du jilomb (2) ; et je me fais un devoir d'avertir que , m.'ilyré son autorité et celle de quel([ues autres médecins respectables, l'usage intérieur des préparations de [)lorab est un véritable poison, de l'a- A eu presqu'unanime de tous les médecins : j'en ai vu les effets les plus tristes, et l'impu lente imprudence des charlatans ne fournit que trop d'occasions d'en observer de tels. Si on veut le conserver, comme celui de quelques autres poisons, qu'au moins l'administration en soit réservée à ceux qui sont en état de connaître ses d.iiifjcrs et ses vertus, et qu'on lie l'indique pas sans précaution, dans des ouvrages destinés au public.
Je finirai celte section par la méthode que Slork emploie dans ces maladies; elle est tiès simple et très-efficace. En comparant toutes ces méthodes, on verra qu'elles sont toutes fondées sur les mêmes principes, qu'elles tendent au même but, et qu'elles emploient des moyens très-ressemblants les uns aux autres; conformité qui fait l'éloge de la méthode, et inspire de la confiance. « On commence, » dit Sîork, par les nourrir de bouillons )) succulents. Le riz, les gruaux d'avoine, 5) ceux d'orge cuits avec du bouillon ou « du lait, et le lait, sont très-utiles; mais j) il faut observer d'en faire prendre peu » et souvent. Si l'estomac était si fort a'f- » faibli , comme cela arrive quelquefois 5) quand la maladie a fait de grands pro- « grès , qu'il ne pût pas même soutenir » ces aliments sans de grandes angoisses, ■» il faut donner une nourrice au malade, « ce t[ui rn a quelquefois tiré de l'état » le plus fâcheux. On redonne de la force « et de l'action aux fibres relâchées par )) l'usage du vin , avec le fer, le kiua et
(1) Sect. X, p. 17. Robuisson, Consomp., p. 98.
(2) Ibid,, p. 26, 28.
» la cannelle : dès que le malade a assez » de force pour se promener, il lui est « Citrêmement utile d'aller dans un air » de campagne très-pur, ou de monta- )> gne (1). "
SECTION X, — Pratique de Vauleur.
Il y a quelques maladies dans lesquelles il est diflicile de démêler exactement la cause, et par là même de déterminer l'indiciition et de régler le traitement, niais qui se guérissent avec assez de facilité, quand on est parvenu à ce point ; il n'en est pas de même dans la consomption dorsale. On sait quelle est la maladie ; on en connaît la cause : c'est, comme le dit Lewis, « une espèce jiarli- » culière de consomption, dont la cause » prochaine est une faiblesse go'ncrale )) des nerfs. » L'indication est aisée à former ; l'on ne peut pas être partagé par là même sur l'essentiel du traitement ; mais souvent le meilleur traitement échoue : c'est une raison de j)lus pour eu fixer les détails avec exactitude. Le relâchement général des fibres, la fiiblesse du genre nerveux, l'altération des fluides sont les causes <lu mal. Il dépend de toutes les parties; il faut leur rendre leur force, c'est l'unique indication. Elle a ses subdivisions tirées des difierentes parties affaiblies; mais, comme les mêmes remèdes servent à les remplir toutes , il est inutile de les détailler ici; elles l'ont été dans le cours de cet ouvrage. — Ceux qui ignorent parfaitement la médecine, et qui en parlent cependant plus que ceux qui la savent, croiront qu'il est fort aisé de remplir cette indication, et qu'avec de bons aliments et des cordiaux dont nos boutiques abondent, on fortifie bien aisément : de tristes expériences ont au contraire appris aux plus grands médecins que rien n'était plus difficile.
« Il est bien aisé, dit Golter, de dimi- » nuer les forces ; l'on n'a presque aucun » secours pour les réparer f2). « On le comprendra aisément, si l'on réfléchit que les aliments et les remèdes ne sont autre chose que les instruments dont la nature se sert pour s'entretenir, répnrer ses pertes, et remédier aux dérangements qui surviennent dans le corps. Et qu'estce que la nature? « L'aggrégatdes forces » du corps, distribuées liarmonique-
(1) Medicus annuus, t. n, p. 216.
(2) De perspir. incens., p. 504.
L'oNANISJiE.
ment. » C'est la force vitale, distribuée respectivement dans les différentes parties. Quand les forces sont épuisées, c'est donc l;i nature (jui est en défaut; c'est l'arcliitecte-ouvrier qui ne fonctionne plus ; donnez-lui des naalériaux tant que vous voudrez, il est hors d'état de les employer. Vous pouvez l'enterrer avec son bâtiment, sous la pierre , le bois et le mortier, sans qu'il se répare ua seul pouce de muraille. l\ en est de même des maladies (|ui dépendent de la destruction des forces ; les aliments ne réparent point, et les remèdes n'agissent point. J'ai vu des estomacs si affaiblis , que les aliments n'y reçoivent pas plus de préparation que dans un vaisseau de bois ; quelquefois ils s'y arrang:ent suivant les lois de leurs gravités spécifiques ; et quand enfin une nouvelle dose irrite l'estomac par son poids, on les voit ressortir successivement par un léger effort, très-séparés les uns des autres. D'autres fois, par un plus long séjour, ils s'y corrompent, et on les vomit tels qu'ils seraient si on les eût laissé gâter dans un bassin d'argent ou de porcelaine. Que doit-on espérer des aliments, dans des cas de cette e-;pèce?
L'épuisement n'est j)as ausù considérable chez tous : il en est chez lesquels les forces ne sont qu'affaiblies, sans être totalement détruites ; il reste alors quelques ressources dans les aliments, et même d:ins les remèdes. Ce qui reste de la nature tire quelque parti des premiers, et les derniers doivent être de ceux qu'on a remarqués propres à ranimer ce principe d'action vilale qui s'éteint : ce sont les secours étrangers dont on aide l'architecte, pour qu'il puisse travailler à son ouvrage, en dépensant le moins possible de ses forces; c'est d'autres fois le coup d'éperon qu'on donne il un cheval faible , pour qu'il fasse un effort dans un mauvais pas. iMais qu'il faut d'habileté et de prudence pour savoir juger d'un coup-d'œil la profondeur du bourbier, la force de l'animal, et les comparer ! Si l'ouvrage est au-dessus de ses forces , ce coup d'éperon l'obligera, il est vrai, à un effort ; mais si cet effort ne peut pas le melire en bon chemin , il ne fera que l'épuiser totalement. — La faiblesse produite par la masturbation oflfre une difficulté dans le choix des remèdes fortifiants qui ne se iirésenle pas dans d'autres cas ; c'est qu'il faut éviter avec grand soin ceux qui , en irritant, pourraient réveiller l'aiguilloa de la chuir. C'est une
loi de la mécanique animale, si différente de l'inanimée , et si peu soumise aux mêmes règles, que , quand les mouvements s'augmentent, l'augmentation est plus considérable dans les parties qui en sont les plus susceptibles : ce sont, chez les masturbateurs, les parties génitales ; c'est donc dans ces parties que l'efl'et des remèdes irritants se manifestera le plus sensiblement; elles suites dangereuses de cet etîet ne peuvent rendre trop circonspect sur les moyens qu'on emploie.
Quels peuvent-ils donc être? C'est ce que j'exaraineriii, après avoir détaillé le régime, .le suivrai dans ce détail la division ordinaire des six choses non naturelles : l'air, les aliments, le sommeil, les mouvements , les évacuations naturelles et les passions.
l'air.
L'air a sur nous l'influence que l'eau a sur les poissons, et même une beaucou[> plus considérable. Ceux qui savent à quel point celte première influence s'étend, qui n'ignorent pas que les gourmets connaissent non-seulement la rivière, mais encore l'endroit de la rivière oîi un jHiisson a été pris , et qu'ils distinguent :
Lufjus hic Tiberiiiu^, an nlto
(^aptLis liifl, potitesue iiiter JactaLus, an amiiis Ostia sub Xusci ?
ceux-là, dis-je, sentiront combien il im~ porte pour les malades de respiiu'r un air plutôt qu'un autre. Ceux qui sont entrés une fois en leur vie dans une chambre qu'on habite sans l'aérer, ceux qui auront côtoyé des marais dans les chaleurs, habité dans les lieux bas, entourés d'éminences de tous côtés ; ceux qui auront passé d'une ville peuplée dans la campagne, qui auront respiré l'air au lever du soleil ou à midi, avant ou après une pluie; tous ces gens-là, dis-je, comprendront comment l'air peut influer sur la santé :
Ttmpeiie cœli corpusque auimusque juvalur. (OviJ.;
Les faibles ont plus besoin du secours d'un air pur que les autres ; c'est un remède qui agit (et c'est peut-être le seul) sans le concours de la nature, sans employer ses forces ; il est par là même de la plus grande importance de ne pas le négliger. Celui qui convient le mieux ii luie atonie générale, c'est un air sec et tempéré ; ua air humide , un air trop
X'ONANISME
cbaiid, sont pernicieux. Je connais un malade de cette esj)èce, que les grandes chaleurs jeltent dans un épuisement total, ejt dont la santé varie en été, suivant l'alternative des jours plus ou moins chauds. Un air trop froid est beaucoup moins à craindre, et cela doit nécessairement être ainsi : la chaleur relâche les fibres déjà trop lâches , et dissout les humeurs déjà trop fondues ; le froid, au contraire, remédie à ces deux maux.
Quand les Caraïbes sont attaqués de paralysie, à la suite de ces terribles coliques convulsives auxquelles ils sont sujets, lorsqu'on ne peut pas les envoyer aux bains chauds qu'on trouve dans le nord de la Jamaïque, on se contente de les envoyer dans quelque endroit plus froid que leur pays; et ce seul changement d'air opère toujours très-favorablement. Une autre qualité essentielle de l'air, c'est qu'il ne soit point chargé de particules nuisibles, qu'il n'ait point perdu , par son séjour dans des lieux habites , cette espèce de qualité vivifiante quienfaittouterefhcacité, et qu'on pourrait appeler l'esprit vital, aussi nécessaire aux plantes qu'aux animaux; et tel est l'air qu'on respire dans une campagne bien aérée et jonchée d'herbes , d'arbres et d'arbrisseaux.
Que le malade, dit Arétée (1), demeure auprès des prés, des fontaines et des ruisseaux , les exhalaisons qui en émanent, et la gaîté que ces objets inspirent, fortifient l'âme, animent les forces , et rétablissent la vie. L'air de la ville, sans cesse inspiré et expiré, continuellement rempli d'une foule de vapeurs ou d'exhalaisons infectes , réunit les deux inconvénients d'avoir moins de cet esprit vital, et d'être charge de particules nuisibles. Celui de la campagne possède les deux qualités opposées ; c'est un air vierge, et un air imprégné de tout ce qu'il y a de plus volalil , de i)lus agréable, de plus cordial dans les plantes, et de la vapeur de la terre, qui elle-même est très-salubre. Mais il serait inutile de se choisir une demeure dans un bon air, si on ne le respirait p;is; l'air des chambres, si on ne le renouvelle pas continuellement, esta peu près le même dans toutes : ce n'est presque pas en changer que de passer d'une chambre fermée en ville, dans une chambre fermée à la campagne. L'on ne jouit de toute l^sa-
(1) De çurat acutor, 1. ii et ut, p. 102.
lubrllé d'une atmosphère saine qu'en plein champ. Si les infirmités ou la faiblesse ne permettent pas de s'y trans- ])orter , l'on doit renouveler plusieurs fois par jour l'air dans la chambre, non pas en ouvrant simplement une porte ou une fenêtre , ce qui le renouvelle peu , mais en faisant passer dans la chambre un torrent d'air irais, en ouvrant tout à la fois dans deux ou trois endroits opposés. 11 n'y a aucune maladie qui n'exige celte précaution ; mais alors il convient de soustraire le malade à une trop grande impression, ce qui est toujours très-aisé. — Il est aussi extrêmement important de respirer l'air du matin:ceux qui s'en privent pour rester dans une atmosphère étouffée entre quatre rideaux, renoncent volontairement au meilleur, et peut-être au plus fortifiant de tous les remèdes. La fraîcheur de la nuit lui a rendu tout son principe vivifiant; et la rosée qui s'évapore peu à peu, après s'être chargée de tout le baume des fleurs sur lesquelles elle a séjourné, le rend véritablement médicamenteux. L'on nage au milieu d'une essence de plantes qu'on inspire continuellement, et dont rien ne peut suppléer le bon efl'et. Le bien-être, la fraîcheur , la force , l'appétit qu'on sent pendant le reste dujour, en est une preuve à la portée de tout le monde, plus forte que tout ce que je pourrais ajouter. J'en ai vu encore très-récemment les effets les plus sensibles sur quelques personnes valétudinaires, sur celles surtout qui étaient hy[)ochondriaques ; elles éprouvaient de la manière la plus marquée que, si elles humaient l'air au lever du soleil, elles se sentaient beaucoup plus gaies le reste du jour; et ceux qui le passaient avec elles , n'auraient pas pu se tromper à cette martjue sur l'heure de leur lever. L'on sent combien cet effet est important pour les malades de la consomption dorsale, qui sont si souvent hypocliondriaques. Le retour de la gaîté démontre seul , d'une façon invincible, un aineudemeut général dans la santé.