LE SOMMEIL
Ce que l'on peut dire sur le sommeil se réduit à trois articles: sa durée, le temps de le prendre , et les précautions nécessaires pour jouir d'un sommeil Iranquille. — Dès qu'on est adulte, sept heures de sommeil, ou tout au plus huit, suffisent à tout le monde ; il y a danrjer à dormir davantage, et à être plus longteaips au lit; cela jette dans les mêmes maux qu'un excès de repos. Si quelqu'un pouvait s'y livrer plus long- temps, ce seraient ceux qui se donnent beaucoup de mouvements , et de niouvemetils vifs pendant le jour; mais ce ne sont point ceux-là qui le font, ce sont au contraire ceux qui mènent la vie la plus sédentaire. Ainsi il ne fautjamais passer ce terme, à moins qu'on ne soit [larvenu à ce point de faiblesse qui ne laisse pas les l'orcis nécessaires pour être long- temps levé ; en ce cas il faut l'être le plus qu'il est possible. «Moins on dort, dit Lewis, plus » le sommeil est doux et fortifie. «
Il est démontré que l'air de la nuit est moins salutaire que celui d i jour, et que les malades faibles sont plus suseeplibles de ses intlucnccs le soir (]ue le m:itin ; il faut donc consacrer au sommeil, pendant lequel nous sommes bornés à une trèspetite p.irccUe de l'atmosphère, qu'également nous ne pouvons pas éviter de corrom|ire, le tempî où l'.iir est le moins sain et celui oîi l'usage d un air moins sain nous serait plus nuisible. Ainsi il faut se coucher de bonne heure, et se lever matin : c'est un précepte si connu , qu'il y a peut-être de la trivialité à le rappeler. Mais il est si négligé, l'on paraît en sentir si peu la conséquence , qui est infiniment plus grande qu'on ne croit, qu'il est très-permis de le supposer inconnu, et de le r.ipiieleren insistant sur son importance, surtout pour les personnes valétudinaires. « Si l'on se couche à
» dix heures, et l'on ne doit jamais s(j | » coucher plus lard » , ce sont les termes de Lewis, «on doit se lever eu été h j » quatre ou cinq heures , en hiver à six » ou sept. 11 est absolument nécessaire, 1) ajoute-t-il, de défendre aux personnes » alleiatcs de cette maladie de se laisser ]; » aller à rester dans le lit le matin. » Il j vouilrait même qu'on prît l'habitude de j se lever après son premier sommeil, et j il iissure (jiie quelque pénible que cette d coutume pût être dans les commence- j ment-i, elle deviendrait bientôt aisée et 1 J agréable (ij. Plusieurs exemples prou- j vent la salubrité de ce conseil. 11 y a j plusieurs personnes valétudinaires , qui ; j se sentent très bien au réveil d'un pre- ^ mier sommeil doux et profond, et qui se ( trouvent dans un grand malaise si elles • ] se laissent aller à se rendormir : elles ] sont aussi sûres de passer bien le jour, | si, quelque heure qu'il soit, elles se lèvent après ce premier sommeil , que de le passer dé.-agréablement si elles se livrent au second.
Le sommeil n'est tranquille que quand j il n'y a aucune cause d'irritation; ainsi ( l'on doit chercher à les prévenir. Trois j ] attentions des plus importantes sont : i" J ] de n'être pas dans un air chaud, et de j n'être ni trop, ni trop peu couvert ; 2" I i de n'avoir pas froid aux pieds en se cou- j chant, ;iccident très ordinaire aux personnes faibles, et qui leur nuit par plusieurs raisons : l'on doit à cet égard observer exactement la règle d'Hippocrate, « doiniir dans un endroit frais, et avec » soin de bien se couvrir r34~" ; et 3" ce ; qui est encore [dus important, Tt'îsjî'a voir ^ pas l'estomac ])lein. Piicn au mondl? ue ' trouble le sommeil, ne le rend inquiet, douloureux, accablant, comme une digeslion pénible dans la nuit. L'abattement, la faiblesse, le dégoût, l'ennui, l'incapacité de penser et de s'occuper le lendemain, en sont la suite iné\ilable.
Villes ut palliJus onuiîs
(lii' in (Icsiii'ual (hiliui ? qtnii c ii pus iMiustuin IL .slcriiiï, viliis aiiînmiii iiuoiinr i!t';iia\;it iiii.-i, Alloue alliait huino diviiiui |iarlicutaili auiic. (lion.)
Rien au contraire ne contribue plus cllicacement à procurer un sommeil douv, tranquille, continu, et qui raecommode, qu'un souper léger. La fraîcheur,
(1) Page 50.
'2; Epidem, lib. vi, sect. iv, aph. ii, Voes, U80.
l'onanisme.
l'agilité, la gaîté du lendemain en sont les suites nécessaires.
Aller, uti dicto citius curata sopori ■ Mcinbra dcdît, vegetus pioscripla ad munia surgit.