ARTICLE II.; — MALADIES PROPRES DES NERFS
§ 5. Le cerveau et les nerfs seront donc susceptibles de toutes les maladies des fibres et des flui les; ainsi , quoique toujours dans un état de grande mollesse, relativement à tous les autres vaisseaux, il est certain qu'ils pourront être dans un état de trop de relâchement relativement à leur état moyen, celui dans lequel ils sontlepluspropres à remplir leurs fonctions; état qui varie sans doute dans chaque individu, comme on voit varier l'état des autres libres ; qui a aussi ries différences de sexe, d'âge, de pays, mais qui doit avoir un rapport assez constant avec l'état des fibres dans le reste du corps. Les esprits animaux doivent aussi avoir un état relatif aux organes qui les filtrent, ou au sang- qui les fournit; ils seront, comme tous les fluides, ou trop ou trop peu abondants, relativement aux vaisseaux qui les contiennent ; trop épais, trop visqueux, ou trop tenus, et c'est un très grand défaut ; ils seront , comme toutes les liqueurs, séparés dans quelque organe sécrétoire , et destinés à servir de stimulus , ou trop insipides , ou trop acres. On s'étonne d'abord d'entendre parler du trop de viscosité , de ténuité, d'àcreté, d'un fluide que j'ai décrit comme le plus tenu des fluides humains, et comme ne devant avoir ni saveur ni odeur, etc.; mais c'est que tout est relatif, et que nous ne pouvons jamais connaître les qualités absolues des corps.
Ce fluide, qui nous échappe par cette extrême ténuité, qui nous empêche de le voir, par son insipidité relative aux organes de notre goût, par son manque d'odeur, doit cependant avoir une certaine consistance, sans quoi il ne serait pas contenu même dans ses propres vaisseaux ; celte consistance est donc susceptible d'augmentation ou de diminution (1); et quoiqu'il n'ait rien qui stimule
(1) Les esprits animaux doivent être susceptibles de toutes les altérations des autres fluides. M. Haller a établi que les vices du sang rouge infectaient toutes les autres Immeuvs : ad Boerh.,^ MA, notée, l. m , p. G67. Mandeville avait dit : Les esprits animaux ont leur ton, leur consis-
notre langue, ou nos narines, il doit cependant avoir une vertu sliniulaiitc que les muscles aperçoivent, qui est leur moteur; et celle vertu peut être plus ou moins forte , comme toutes les autres qualités des corps. Nombre de faits nous prouvent qu'elle est en effet quehjuefois beaucoup plus forte que d'autres. On voit donc évidemment que les nerl's, pris dès leur origine , sont susceptibles de plusieurs maladies , cl que les maladies du cerveau seront en partie celles des nerfs mêmes, puisque toute la muelle allongée et vraisemblablement toute la substance médullaire , ne sont que des nerfs; mais les maladies de la substance corticale, les épanchemenls qui peuvent se faire dans le cerveau même , les accidents des gros vaisseaux qui vont au cerveau ou qui en reviennent, les épanchemenls entre le cerveau et le crâne, les maladies des membranes, celle des os mêmes, sont autant de causes qui a^'issent sur le cerveau, et ijui , en g-ènant les nerfs à leur origine, en dérangent les, fonctions et produisent des maladies que l'on range parmi les maux <ie nerfs, quoiqu'à proprement parler elles n'en soient pas, comme M. Boerliaave l'a déjà remarqué. En traitant de toutes ces causes, il dit positivement qu'il faut bien les distinguer des maux de nerfs ( i ), et c'est ce qui fait que je n'en parlerai pas ici : je les renvoie aux ciiapitres oîi je traiterai de l'apoplexie, des convulsions , de l'épilepsie et de quelques autres maladies, où elles se trouveiont placées plus naturelleraenî.
§ C. A ces causes, qui peuvent léser les fonctions des nerfs , et qui ont leur siège dans les nerfs mêmes , il faut en ajouter encore d'autres que je crois devoir indiquer ici, afin d'avoir le catalogue complet de ces causes prochaines, avant que de les examiner en détail. Ces causes sont : 1» un vice dans le sensorium ; 2" des vices dans les enveloppes des nerfs; S" des vices dans les parties qui les environnent, et qui troublent leur action; 4» un vice dans l'irritabilité musculaire, ou, pour éviter toute erreur,
tnnce, leurs parties, comme le sang, p. iiOG. Il croyait que ces dllftircnis étals ont de grandes influences sur le caractère, 207, et Senncrt avait déjà assigné leurs vices.
(1) De morb, nervor,, p. 29, 30, et passim.
s'ils agissent sur d'autres parties que le.' parties musculaires , un vice de récepti- * vité dans les parties dont la réaction es i'' nécessaire pour que l'action des nerf"'' produise son effet. Si, pour opérer quel que effet à l'aide d'une bille que je poussi ™ contre une paroi , je dois être aidé pa * l'élasticité de cette paroi qui doit re î"' pousser ma bille, l'efl'et cessera, quoiqu sj la première impulsion soit suflisante , i'} la paroi a perdu son ressort. Je veux con»'! tracter le doigt index, il faut pour cep" deux choses : 1" ([ue les esprits animau w coulent dans les muscles fléchisseurs'" 2° que les muscles fléchisseurs , stimukW' p?.r ces esprits animaux, se contractent " s'ils en sont devenus incapables, le st^ ^ muliis s'applique en vain , il n'y a pli'"' d'effet : cette cause est rare, mais ell " existe. te §7. On voit qu'il résulte de ce qu ■ j'ai dit dans les paragraphes précédent ™ (|ue les causes prochaines des maladlifi des nerfs, soit qu'elles appartiennent ai iltp nerfs mêmes, ou aux parties dont les I '"'f' sions produisent nécessairement celhi™' des nerfs, peuvent se rapporter aux su V vantes : 1'^ toutes les causes maladiv qui ont leur siège dans TintiTieur f crâne; 2" celles qui intéressent les net f^"' mêmes , soit dans leurs parties solide; 'i" soit dans la consistance des esprits an'i"'" maux; 3" l'âcreté de ces esprits; 4° 1 i''^ maladies du sensorium commune ; S" 1 c 'f maladies du muscle qui allèrent son irr ™
1 MCI
:liine
tabilité; G" les obstructions dans nerl's; 7" celles des enveloppes des ner 8" celles des parties qui les eniouren ' Pi — Les causes prédisposantes, qui sero "Hi l'objet du chapitre suivant, soel cell qui occasionnent les maladies des nei 'lit mêmes, et quel([aes - unes de celles cerveau, celles du sensorium commur et les vices de l'irritabilité. J'ai déjà riltnii marqué dans la prélace que ces mêni causes sont aussi celles qui déterininei les accès.
§ 8. Les vices des nerfs existants, d.'ius leur partie solide, ou dans leur p tie fluide, sont analogues, comme je 1 déjà dit, à ceux de toutes les fibres et tous les fluides ; mais on découvre à l'a pour ainsi dire, et au tact, ces vices d; plusieurs parties; le trop de raideur, la trop grande faiblesse des libres mi culaires , sont palpables; on juge ai certitude, par l'inspection, du trop d pai.ssissement de la salive, de l'urine, cérumen des oreilles; et il y a des sy plûmes presque caractéristiques , p«
kjou
ET DE lEDRS MALADIES.
US faire juger si la bile est trop ineric trop àcre, trop visqueuse ou trop couilc ; il n'en est nuillieureusement pas iiièine des nerfs, leur état ne tombe (int sous nos sens; souvent après les iiladies (le nerfs les plus fortes, on ne jut apercevoir aucune lésion dans tout système nerveux, et nous n'avons point caractère aussi certain pour reconlitre de quelle espèce est celle qu'ils >rouvenl; cela est cependant inipoitant connaître. Pour s'aider dans cette rclerche , on peut établir que , quoique uvent il y ait des parties dont la force li i la faiblesse sont très-disproportionj;es à la force ou à la faiblesse des autres liirties, cependant, en général , il y a I Ji rapport enire la force de toutes les )res et l'élat de tous les lluides du corps iiinial (I); ainsi, partout où nous troiifirons tous les symptômes d'une libre lOp molle et trop lâche, de trop d'aqiicté partout, de liqueurs trop peu stitnuntes, nous pouvons présumer que façon de tous lis vaisseaux étant trop faie, le sang étant trop aqueux, le cerveau les nerfs seront aussi trop faibles (2), fluide nerveux trop aqueux, peiit-êtie is muscles trop irrit.ibles, puisqu'il pa- )ît que l'irritabilité , dans les mêmes arties , est en raison inverse de la denité du glulen. Si, avec ces syni])lômes, ; trouve tous ceux qui annoncent les laux de nerfs, je ne douterai pas que le iee ne liunne au vice général de la niahine , et je le traiterai conséquemment. î. Pison est le premier qui ait vu que •;s maux de nerfs pouvaient être l'effet 'une constitution trop aqueuse; mais, mdé sur quelques observations (3) , il
(1) C'est celte barnionie, établie en gélèral cbez tous les animaux, presque oujours subsistante chez les animaux auvages, très-souvent altérée cbez l'Iiomne par toules les erreurs de régime dés 'en lance, et plus à proportion qu'il est )kis civilisé, quelquefois cliez les aninaux doniesliques, qui esi uue raison de e que les animaux ont une santé beauoup plus forme que celle de l'homme.
(2) On a déjà vu, § Î37, que la nature larait avoir pris toutes les procaulions )0ssibles pour les maintenir toujours lans la plus grande mollesse.
(3) 11 trouva dans le cadavre d'un épieptique le cerveau inondé d'eau, el les nembranes absolument relâcliées (page 59). Cela n'était pas suffisant pour éta- )lir que toules les maladies de nerfs dé- )endaient de trop de sérosité.
établit un système général direclement opposé il celui qui n'admet que la tension , et il se trompa ; les maux de nerfs viennent de l'un et de l'autre de ces états.
Ce qui prouve dcmonsirativement que l'étal d'alonie, et celui de relâchement, sont très - compatibles avec les maux de nerfs , c'est l'extrême convulsibilité des enfants. Tout est mou chez eux, tout est aqueux, le glulen n'est qu'une gelée, le sang est sans consistance, leurs humeurs sont insipides; cependant c'est l'âge oîi la convulsibilité est le plus forte. Considérez dans son berceau un enfant attaqué du niallct ,1 vous voyt z d'abord les muscles de ses lèvres , bientôt ceux des yeux , ensuite ceux de tout le visage , puis des doigts, du poignet, de la poitrine, enfin ceux de tout le corps, passer successivement des plus légers niouvenicnls involontaires aux convulsions les plus violentes. En même temps son cou se gonfle, si respiration se jirécipite, son ventre se tend; il vomit et il urine prodigieusement ; il passe de cet état ii l'évanouissement, et de l'évanouissement aux convulsions ; il éprouve donc tout ce qu'éprouve une femme hystérique dans l'accès le plus fort , et sans doute il en a les mêmes angoisses ; il a donc tous les maux de nerfs dans l'élat le plus opposé à celui de la railleur; le moment de sa vie où il est le plus mou est aussi celui où il est le plus convulsible. L'âge, en diminuant la mollesse, diminuera ses dispositions aux convulsions; tout ce qui accélérera la force des libres, sans les irriter , dissipera la cause du mal. On dira que ces convulsions sont l'effet d'un acide qui irrite les nerfs très sensibles de l'estomac : cela est vrai ; mais faites avaler un acide bien plus fort à cet enfant devenu vieux et desséché, à l'époque oii cette souplesse, qui faisait que rien ne se casse chez l'enfant , a disparu et a fait place à une sécheresse qui rend tout fragile, à cette époque où les parties molles se péirifu'ni , oii le cerveau même perd de sa souplesse, vous ne lui doiinerez sûrement pas des convulsions; il faut alors les stimulus les plus forts pour les produire. iSi ce même vieillard vient à s'aliter dans sa déciépitude ; si le séjour au lit, si un régime presque tout végétal ou laiteux rendent un peu de mollesse à ses fibres ; si vous voyez sa peau s'assouplir, s'amollir, ses rides se remplir, comme je l'ai vu chez une femme de quatrevingt-treize ans} en un mot, si son état
se rapproche de celui de l'enfance , la mobilité renaît , et vous verrez survenir des convulsions qui n'avaient peut-être jamais existé , ou qui avaient cessé depuis quatre-vingt-dix ans. — A cette preuve tirée des âges, ajoutez celle tirée des sexes, vous verrez encore que celui chez lequel la fibre est le plus molle , le sang le plus aqueux, est aussi celui chez lequel les maux de nerfs sont le plus fréquents. Chez la plupart des femmes hystériques le sang est peu consistant ; leurs vaisseaux , leurs viscères sont une machine moins solide, une muraille bâtie avec un mortier qui n'a pas assez de fermeté (l).
Parcourez les différents pays, c'est dans ceux oii l'air est le plus humide , oii les végétaux sont le plus aqueux , les aliments le plus gras , oii l'on fait le plus d'usage des eaux chaudes, que vous trouverez le plus de maux de nerfs. — Si l'on fait attention aux saisons , c'est ou pendant les grandes chaleurs, qui relâchent, ou pendant les saisons pluvieuses , qui humectent, ou surtout pendant les vents chauds du midi, qui relâchent et qui humectent tout à la fois, que l'on remarque le plus de ces maux. Consultez ceux qui ont éprouvé les inflences du sirocco, et ils vous attesteront que ce qu'ils éprouvent est exactement l'état de la plus cruelle hypochondrie nerveuse; le vent du nord qui dessèche arrive , et Thypoehondrie cesse. J'ai conduit pendant quelques années une femme extrêmement vaporeuse, qui , dans un air pesant, humide , et jamais rafraîchi par le vent du
(1) Cette plus grande mollesse des fibres chez les femmes est évidente, et n'aurait pas besoin d'être prouvée; elle est conforme à leur destination : mais outre cela , elle a été démontrée avec la plus grande rigueur par M. Clifion, dans ses belles observations sur l'épaisseur des vaisseaux; et M. de la Sone, dans un excellent mémoire, intitulé Recherches sur la structure des artères, non - seulement établit cette différence, mais désigne la partie dans laquelle elle réside : c'est la lame intérieure de la tunique propre des artères. La lame extérieure est assez molle et lâche dans l'iiomme comme dans la femme; mais, chez l'homme, la membrane interne devient une membrane très-forte, au lieu que chez la femme elle conserve partout la même mollesse. Mémoires de l' Académie royale des sciences, 4756, p. 170, et surtout p. 151.
nord, ne pouvait pas faire cent pas san p avoir un accès hystérique, mais qui, dan [jj, un air vif et sec, faisait aisément un i [, lieue sans en être incommodée. Qua le vent du nord soufflait , elle s'arrêta pour le respirer mieux , elle sentait qu'ii*ipè lui donnait de la force, du bien-être e de la gaîlé. Si l'on compare cet état ave \^ celui d'une femme dont je parle ailleurs iiou qui éprouvait les mêmes maux et ne res ■jus pirait à son aise que dans une vapeuijj, émolliente , il me semble que ces seul IQ, faits suffisent pour démontrer que lejL mêmes symptômes nerveux peuvent dé-ldr pendre de causes diamétralement op-.
posées. tj L'homme le plus robuste, le plus sec ij, le plus brûlé par les travaux, par les li \ ^ queurs, ne connaît pas les maux de nerfs .ijji aucune cause morale ou physique ni^iv; pourra lui occasionner les symptôme H|( qui les caractérisent; mais cethomrai»!) prend une fièvre inflammatoire , on li '^j saigne, on le baigne, on le fait vivre df lo lait d'amandes , de décoction d'orge )i d'eau de poulet , de farineux légers; oi i iw lui donne des bains , des lavements , oi i \i lui fait des fomentations aqueuses : ai §( bout de quelques semaines, son corps es|(|)l devenu mou , son sang est aqueux , seS ui nerfs de parchemin iec sont devenus deSilt nerfs du parchemin mouille ; et alors cet^ii homme fort , robuste, ferme, cet homm^tji que rien n'aurait ému, devient une fem-iii me hystérique : les odeurs, le,s surprises, li les nouvelles intéressantes , les nouvel- iH les fâcheuses , les aliments un peu tropidi âcres ou en trop grande quantité , lui (li donneront tous les symptômes de l'hys-idi térie, tremblement , palpitation, crainte, angoisse , gonflement , urines aqueuses , é évanouissements , sursauts , etc. Vous n'avez fait que le relâcher, et vous l'avez rendu vaporeux. — Une personne s très - bien portante, très - saine, très-robuste , est tout à coup affectée par une violente passion qui lui fait éprouver desd convulsions générales , et elle reste su-i jetie pour le reste de sa vie à la plusi gran ie mobilité : il n'y a ici ni raideur, ni dessèchement, ni tension permanente; mais le sensorium a porté les esprits animaux avec plus d'impétuosité dans tous les nerfs, qui ont été trop dilatés; eti comme ils sont dénués de et tte élasticité qui réparerait cet effet , ils restent trop faibles, et le mouvement des esprits animaux trop facile et irrégulier; état que l'on a avec raison nommé force hystérique, puisque c'est celui qui, dans le plusi
ET DE tEOB:
rand nombre des cas , paraît faire la ase de cette maladie.
Les fortes hémonliagies, qui relâchent romplement, et font dans quelques heu- Bs les eflfels que nous venons de voir pérer par les maladies aiguës , donnent i même disposition aux maux de nerfs , t surtout cette pusillanimité qui fait but craindre , et cette mobilité qui dislose continuellement au tremblement , ux convulsions et à l'évanouissement.
)n a remarqué il y a long - temps qu'ares des blessures qui leur ont fait perre beaucoup de sang, les soldats les lus intrépides perdent tout leur couage, jusqu'à ce que, la force des fibres réiiblie, la densité du sang revenue, en un lot, l'état de laxilé et d'humidité étant issipé, ils redeviennent ce qu'ils étaient >vant la blessure ; et d'une personne tuile, molle, pusillanime, on peut , en lui lonnant une nourriture succulente, du on vin , des liqueurs, en faire un brave jour qui il n'y a plus de dangers (ij. )n verra il est vrai, dans un autre chalitre, que ces forces factices laissant eniiite plus de faiblesse , la mobilité n'en evient que plus forte et la pusillanimité lus marquée , ce qui prouve évidemienl qu'elle peut être la suite du trop e relâchement des nerfs. L'homme fort evient vaporeux par l'inaction , et le tul exercice peut rendre robuste la femle la plus vaporeuse. Qu'ont opéré ces eux moyens différents? l'inaction a jeté homme dans l'atonie, l'exercice a donné e la raideur aux fibres trop molles de i femme : le premier a pris des maux e aerl's , la seconde a cessé d'en avoir. l. Senac était persuadé que l'exercice tait le spécifique des vapeurs , et il le irouvait par des observations générais {2j ; et de ces observations générales, i nous passions aux observations partiullères, nous en aurions une multitude ui viendraient les étayer; il s'en trouera dans le cours de cet ouvrage : je me orne ici à une seule, tirée de l'ouvrage e M. ^'an Swieten (3), qui, en parlant ela fibre lâche , nous apprend que la sune fille la plus lâche qu'il ait jamais ue était en même temps la plus mobile:
(1) Smith, Dissertation upon tlie neres , p- 110; et Boerli., De m. n., p. 161.
11) Traité du cœur, 1. iv, ch. xii, § 15, ,11, p 571.
(5) Commentarii in aphorism, , tom. i, 1 28.
le plus petit bruit, le plus petit rayon de lumière, la jetait dans les convulsions ; il se passait dans son ventre les mouvenieiils les plus extraordinaires : le relâchement était si grand que les toniques furent absolument inutiles , jusqu'à ce que M. Yan Swieten eût pris le parti de lui faire embander les bras , les jambes , les cuisses et tout le tronc , afin de soutenir le ton des fibres : moyennant ce secours, les remèdes opérèrent, toutes les fibres et les nerfs reprirent leur action : la malade guérit; et dans un autre endroit , il établit positivement que plus la fabrique du cerveau est molle , plus les convulsions sont fréquentes (1). De tous ces effets , il me paraît que l'on peut conclure que les maux de nerfs , tous les symptômes vaporeux et hypochondres , peuvent naître du trop de relâchement dans les neifs et du trop d'aquosité du fluide nerveux. Se refuser à admettre celte vérité, ce serait, il me semble, vouloir se refuser à l'évidence des raisons et des faits, ce serait vouloir interdire à une classe nombreuse de malades les secours qui peuvent leur être utiles, ce serait se priver du plaisir de les soulager (2).
Je n'entreprendrai point d'expliquer cet eft'et ; mais en général on doit penser que les fibres nerveuses doivent avoir une certaine proportion de force relative aux autres vaisseaux, qu'elles doivent avoir une cerlaine densité relative au fluide qu'elles contiennent, afin qu'ilyait un certain degré d'adhésion; que ce fluide doit avoir une certaine densité , une certaine viscosité; que par-là même , si les nerfs sont trop lâches et les esprits animaux trop ténus, trop mobiles, faisant trop peu de résistance à l'action du sensorium et à celle des sens , en éprouvant trop peu de la part de leurs propres tubes, leurs mouvements doivent être plus
•(2) Lès anciens avaient raison en disant que le cerveau et les nerfs étaient froids. Tous les analomistes et tous les physiologistes conviendront nécessairement que la nature, en prenant toutes les précautions pour y affaiblir l'action des vaisseaux, a voulu que la chaleur, et par là même la force, la densité, la sécîieresse, y fussent moins considérables que partout ailleurs. (Sur celte frigidité du cerveau, on peut voir Ballonius. t. i, p. 62.) On a cependant voulu, de nos jours, établir la source de la chaleur dans le cerveau.
prompts , plus impétueux , plus irréguliers ; et leur cours , portant la contraction dans les muscles, y produira le spasme, la tension, la raideur, les scrremen's, en un mot tous les symptômes qui , au premier coup d'oeil , donneraient l'idée d'une fibre trop forte. La faiblesse du système nerveux peut être si grande, par l'extrême relâchement de toutes les fibres , que son action est presque réduite à rien : (juand les fibres sont si lâches ( I ) , le cœur bat lentement , les contractions des artères sont faibles, le sang étant trop peu agité , trop peu ti av.iillé , trop peu atténué, mu trop lentement dans les artères du cerveau ; la matière des esprits animaux n'est pointpréparée, il s'en sépare peu ; les tubes , même nerveux , trop lâches , peu remplis , affaissés , les transmettent mal : ce moyen de communication entre l'âme et les sens est incapable de remplir ses fonctions; les impressions sur les sens étant faiblement rendues, les sensations sont faibles , imparfaites, irrégulières; les idées lentes , pesantes, engourdies, les facultés enveloppées : on vit dans un état habituel de stupeur, d'assoupissement, d'imbécillité, et cet état est une des causes de l'imbécillité réelle.
§ 9. Si les nerfs sont susceptibles de trop de relâchement et les esprits animaux de trop d'aquosité , les vices contraires peuvent sans doute avoir lieu ; le cerveau, les nerfs, peuvent avoir plus de fermeté, de dureté, de densité, qu'ils n'en devraient avoir pour que leurs fonctions se fissent parfaitement; les esprits animaux doivent contracter des vices analogues , et il en résultera des maux de nerfs; il n'est pas même difficile de comprendre qu'il en peut résulter à peu près les mêmes efifets que je viens de décrire. D'ailleurs, le recueil des belles observations de M. Pome , la multitude de celles que peuvent faire tous les autres médecins , le grand nombre de maladies de nerfs dans lescjuel les j'emploie tous les jours les bains, les aqueux, tous les relâchants, ne permcllent pas de douter qu'il n'y ait grand nombre de maladies de nerfs dans les([uelies la méthode de M. Pome (2) est la seule bonne. Ce-
(1) Smith, Onncrves, p. ^ iO.
(2) Il l'a trop bien développée et trop perfectionnée , pour qu'on ne lui donne pas son nom; c'est une faible marque de la reconnaissance des malades et du public qui lui est bien due.
pendant , doit-on croire que celle cause soit cxtiêmement fréquente? J'avoue que plusieurs raisons m'empêchent de le penser; et 1° comme il est évident que les pays oii la fibre est le plus forte, le plus ferme , que le sexe chez lequel on retrouve le plus cette fermeté, que l'ordre des hommes dans lequel elle est le plus fréquente, sont, toutes autres circonstances d'ailleurs égales , ceux chez lesquels les maux de nerfs sont le moins fréquents, on sera sans doute porté à croire qu'un état de nerfs analogue à celui des autres parties , qui constitue la santé la plus ferme , n'est pas celui qui doit le plus souvent les déranger, et que de ce ([u'il y a dans le temps des accès de convulsions une tension , une dureté , une raideur étonnantes dans toutes les parties musculaires , en conclure la raideur des nerfs serait une erreur aussi palpable que si , dans une machine dont l'eau serait le premier mobile, on concluait de la tension et de la raideur des ressorts , que le premier mobile est bien tendu, bien sec , bien raide.
u° Si l'on fait attention aux causes qui peuvent porter ie dessèchement et la raideur dans une partie, ou y mellre de la mollesse, on verra que le cerveau étant la partie qui reçoit le plus de sang, celle oii l'action des vaisseaux, dont la trop grande force dessèche, est la moindre ; celle où l'application des causes externes, qui pourraient occasionner ce dessèchement, est le moins sensible ; celle, en un mot, oii il y a le plus de secours pour le prévenir, ne doit pas y êtie fréquemment sujette. On me dira peut-être qu'il n'y a qu'une bien petite partie des nerfs qui soit dans le cerveau, et j'en conviens ; mais il n'y a personne qui ne sente aisément que leur état à leur origine a la plus grande influence sur celui de tout leur cou s, et d'ailleurs les causes qui peuvent prévenir le dessèchement et la raideur des nerfs se retrouvent precque partout; tout con/ourlà ce que les nerfs se mainticnneîit mous, et si l'on fait attention que la j)ariie solide du cerveau n'en est pas la vingtième partie, on comprendra que , pour dormer trop de raideur à des hbres toujours b. lignées par dix-neuf fois leur po'ds de liquide, il faut des causes bien fortes.
3° Les causes tirées des aliments , des boissons, des remèdes dont l'effet est de produire la chaleur , la sécheresse, agissent moins sur le cerveau que sur toute autre partie ; il y a un grand nombre de
ET DE LEURS MALADIES
CCS causes, telles que (ous les spiritueux, qui épaississent el endurcissent la bile, sèclienl l'esloinac et les intestins , et qui n'ont d'autre elïct essentiel sur le cerveau que d'y porter plus de sang-, qui en diminue l'action , qui y croupit , et qui l'amollit par là même plus qu'il ne le dessèche.
40 Si l'on fait attention aux observations anatoniiques bien faites , on verra que les cas dans lesquels on a trouvé le cerveau plus léger, plus sec, plus rlur, ont été ceux des fous hypochondres avec matière, ou des maniaques, et que les causes de ces m i lad ies, leurs symptômes, leurs effets, sont absolument différents de ceuK qui forment l'état des maux des nerfs proprement dits.
6° La raideur, telle qu'on peut supjioser celle de la fibre nerveuse, ne paraît pas devoir mener à l'extrême mobilité , puisqu'cnfin ce ne jieut jamais être que plus de fei melé , et qu'un dessèchement réel est impossible-, les nerfs desséchés oll'rent un corps presque semblable h du succin qui serait absolument hors d'état de fonctionner ; d'ailleurs , la raideur même des fihrcF , à moins qu'elle ne fût extrêmement élastique, ne dispose point à plus de vibratilité.
C» La raideur des solides suppose nécessairement l'épaississement des fluides qui les abreuvent; elle suppose par là même plus d'adhésion entre les solides et les fluides : elle entraîne donc nécessairement moins de disposition à [a mobilité , et il ne faut point oublier cet aphorisme de M. Boerhaave , vrai dans tous les cas : c'est que la raideur des vaisseaux les rendant moins flexibles et plus étroits, ils résistent davantage au mouvement des liquides (I).
70 La saignée, (jui est le vrai remède de la raideur, de la ténacité ; la saignée, qui est le plus puissant relâchant, fait rarement du bien dms les maux de nerfs, même dans ceux pour lesquels on emploie le plus It'S autres relâchants; elle nuit au contraire très souvent , el les partisans de la méthode calmarite la déconseillent assez généralement; au lieu qu'elle fait le plus ^rand bien dans les maladies inflammatoires, oii il y a tension, chaleur, épaissisîement. .le sais bien que ce vice d'adhésion augmentée ne nuirait pas à ta vitesse des esprits animaux , dans le système de ceux qui les
(1) Aplior. 55 el 52.
Tissot.
nient; mais je suppose toujours que cette négation est une chimère ; d'ailleurs, en supposant un certain degré de force pour l'action parfaite des nerfs, les rendre plus raides ne paraît pas, comme je l'ai déjà dit, un moyen propre à ks rendre plus mobiles.
8° Les succès même de la méthode relâchante ne prouvent point toujours qu'il y eût trop de raideur et de tension , comme on le verra tout à l'heure.
9" 11 faut remarquer que, lors même que l'cnsemlilc d'un malade présente le coup d'œil du plus grand dessèchement, parce que tout est rappetissé, il arrive ccpendint souvent que cliafjiie l'ibro est molle, flasque, sans consistance; la peau même , quoique rude au toucher et au coup-d'œil, a une .fiaccidiîé que l'on remarque en l'examinant altentivement.
§ 10. De ces observations réunies, je me crois donc en droit de conclure que , quoique sans doute il y ait des c.s dans lesquels il y a une augmentation de raideur, de dessèchement, de densité, dans les fibres nerveuses , et qu'il en résulte des désordres dans kur action ; cependant cet état est beaucoup plus rare que celui d'atonie, et produit plutôt la mélancolie et la manie que les maladies hystériques. Il est cependant très-vraisemblable qu'il peut y avoir un degré d'augmenlation de tension dans les nerfs qui contribue à rendre le mouvement du fluide nerveux plus prompt, plus fort, plus irrégulier qu'il ne devrait l'être, et qui produise par là des accidents nombreux. — Mais d'où viennent donc ces maladies nerveuses dans lesquelles la méthode relâchante réussit si bien , et qui sont si fréquentes, quoique l'état des nerfs qui exigerait cette méthode soit rare?
De trois causes : de l'âcreté des esprits animaux , d'un vice du sensorium commune , et de différentes causes d'irritation répandues dans différentes parties.
On voit que cela nous mène aux troisièmes, quatrièmes el cinquièmes causes prochaines des maux de nerfs (I).
(1) L'ouvrage de M. Pome n'a occasionné de disputes que parce qu'il a pris un litre trop général, en traitant une matière particulière. S'il eût spécifié dans son litre, comme il l'a fait dans quelques cnflroils de l'ouvrage, l'espèce de maux de nerfs dont il trailaii , il n'.nurail pas trouvé un seul contradicteur.
DES NEKFS
§ 11. Tousks faits démontrent qu'il ^ a un certain degré de force stimulante dans tous les fluides, qui les rend le plus propres possible à la perfection de l'opération qu'ils doivent produire. Si celte force stimulante est trop faible , les fonctions languissent ; si elle est trop forte, les fonctions sont trop animées. La bile trop visqueuse et trop peu amère ne déti rmine point assez le mouvement de SCS vaisseaux, elle y séjourne trop longtemps, s'y épaissit, s'y durcit, les obstrue, et cessant de slinmler ks intestins, leur action s'uiTaiblit aussi considérablement; si elle est trop active, elle entretient une irritation, une chaleur, des douleurs, une diarrhée continuelle. Le sang lui-même, qui est le premier stimulus du cœur , dénué des principes suffisants , laisse languir son action ; s'il en est trop chargé, il donne la lièvre (l). — Il n'y a aucune rai>onqui puisse empêcher cet excès d'àcreté (j'emploie ce mot pour abréger) d'infecter tous les fluides séparés de la masse du sang, et l'on ne peut pas raisonnablement douter que les esprits animaux ne soient dans le même cas (2), par une cause différente de celle de leur trop grande ténuité dont j'ai parlé plus haut, et que cet excès de force stimulante n'ait des inconvénients réels, puisque la même cause , qui met en mouvement un stimulus qui est tel qu'il doit
(1) Il y a très-long-temps que l'on a senti que les esprits animaux élaient susceptibles d'altération, et Sennert, qui a fait un très-bon recueil de ce que l'on avait écrit avant lui sur toutes les parties de la médecine, a donné un chapitre trèsbien fait sur cette matière. (De vilis spirit. animal. Médecin, pract-, liv. i, pari, j, ch. ■XV.) 11 assigne les caraclères qu'ils doivent avoir pour être parfaitement constitués, et il caractérise ensuite les altéralions qu'ils peuvent éprouver, et qui les rendent incapables de bien remplir leurs fonctions. Je me borne à les indiquer : ils peuvent être trop chauds, trop froids, trop épais, impurs, avoir perdu leur transparence, être trop peu abondants, être agités.
(2) « Cette même liqueur acquiert quelquefois aussi un vice d'àcreté, d'acidité et de salé , qui est la cause immédiate des maux de nerfs. » Essai théorique et pratique sur les maux des nerfs, pag. 14. C'est aller peut-être trop loin que de vouloir fixer le genre d'âer«t4 qu« l«s esprits peuvent contracter.
être, opérera des effets beaucoup plus considérables, et qui peuvent devenir excessifs, si ce stimulus opère plus qu'il ne doit opérer; et cet excès de puissance dans les esprits opérera sans doute sur trois parties : sur le sensorium , sur les fibres musculaires , et sur les nerfs mêmes; puisqu'il est très- vraisemblable que, dans tous les animaux, le fluide qu'un vaisseau charrie exerce quelque action sur ce vaisseau , et ce vaisseau quelque réaciion sur le fluide, différente de ce qui se passerait dans des tuyaux inanimés , ou plutôt dans des tuyaux morts, puisqu'il est très-apparent que dans les végétaux mêmes les vaisseaux exercent sur leur fluide une action qui constitue la vie de la plante, et qui a ses degrés. On peut donc établir que les esprits animaux trop acres produiront des irritations sur le sensorium commune., sur les fibres musculaires, quel que .soit leur emploi,, et sur les membranes nerveuses mêmes; irritations dont toutes les maladies convulsives, toutes celles du cerveau, les douleurs, les crampes, toutes les irrégularités dans la circulation, dans les sécrétions , dans les exciclions, peuvent être la .«uite. Je suis même intimement persuadé que l'àcreté du fluide nerveux, jointe à celle de la masse générale des humeurs , ou des difiérentes humeurs particulières, àcreté qui sera l'objet d'un des articles du chapitre neuvième, appliquée à différentes extrémités des nerfs, est une des causes les plus fréquentes de leurs maladies ; et l'on trouvera les preuves détaillées de celte assertion dans l'endroit que je viens de citer. M. Boerhaave et 31. Whytt placent l'un et l'autre celle âcreté parmi les causes les plus fréquentes ; ceux qui nient les esprits animaux se privent de celte cause, et peut-être que la nécessité de la remplacer n'a pas peu contribué à faire attribuer aux nerfs une raideur dont ils ne sont point susceptibles. Le fluide nerveux est même sans doule susceptible d'autres vices que celui de trop ou de trop peu de vertu stimulante; il peut se dénaturer de façon à ne pas transmettre exactement les sensations qu'il reçoit : de là une partie peutêtre des erreurs des sens ; car, comme la salive peut être altérée de façon à nous faire trouver dans les aliments ou dam les boissons des saveurs qui n'y eiistèren jamais , les esprits animaux altérés peu vent nous donner, ou au moins concourir à nous donner des idées très fausse des objets ; et cette cause , jointe à de
ET DE LEURS MALADIES
SI
vices dans la partie solidedu nerf et dans le sensorium commun , dans le mouvement des esprits animaux et dans l'organe, exiiliqueront plus bas toutes les erreurs des sens, et (leut être ces bizarreries de l'idiosyncrasie, qui font que certaines choses afl'ectent si singulitremcnt quelques personnes.
Ces différentes all(!ralions des esprits animaux sont admises et regardées comme une cause très-fréquente de maladies par beaucoup de médecins éclairés. 31. Pome croit que le fluide nerveux est le siège de plusieurs maladies très-graves, telles que les fièvres nerveuses malignes, les pestes, les eftels funestes des odeurs de plusieurs poisons (i); tt il dit ailleurs que, comme la stagnation des autres humeurs produit des maladies, de même celle des esprits animaux produit l'apoplexie, la paralysie, le vertige. M. Lol3b est persuadé que, comme toutes les autres liqueurs animales, les esprits animaux ne sont pas un fluide simple, mais composé, et que, quelque subtil qu'il soit , il peut être altéré ; il ajoute même que sans ce principe il y a beaucoup de maux de nerfs qui seraient inexplicables (2). Ils peuvent, dit-il, devenir âcres, et, en stimulant leurs tubes, ils peuvent occasionner des effets terribles, tels que les plus violentes convulsions et des douleurs aiguës (3). Trop visqueux , ils produisent l'engourdissement des sens, la paralysie, la léthargie ; trop fins , ils deviennent la «cause d'une faiblesse générale dans toutes les fonctions (4J. Enfin, puisque te mouvement que les nerfs portent aux parties, et le sentiment qu'ils portent au sensorium, s'opèrent vraisemblablement, corn • tae je l'ai dit plus haut, par des espèces ■différentes de mouvement dans les esprits animaux , il est aisé de sentir que les causes qui peuvent agir sur le principe d'un de ces mouvements , n'agiront pas sur l'autre, et qu'il est très-possible que, dans les mêmes nerfs, l'un de ces mouvements subsiste et l'autre s'éteigne. Mais ne trouvera-t-on point que je me livre beaucoup aux conjectures , et que ce chapitre est trop systématique ? Je ne
serai point surpris, si quelqu'un fait cette remarque; cependant j'espère que les lecteurs eu état de suivre le fil de ces discussions jugeront que, de toutes ces conjectures, il n'y en a aucune qui ne soit dcdiiile de faits dont la vérité n'est pas contestée, et partout j'ai cherché à ne pas m'écarter des lois les plus sévères de l'analogie (1). — Les esprits animaux peuvent non-seulement être viciés, mais l'action des nerfs peut être endommagée par le manque d'une quantité suffisante ; et ce manque peut être occasionné, ou par la formation empêchée, ou par la trop grande dissipation.
§ 1 2. Si l'on se rappelle ce que j'ai dit du sensorium , dont je développerai davantage les fonctions, en parlant des convulsions et de la folie , on comprendra que, puisqu'il est l'organe sur lequel s'exerce l'action des esprits animaux , mus par quelque impression faite à leurs extrémités , le degré de sensibilité qu'il aura variera considérablement les effets de l'action des nerfs sur lui, et par là même les perceptions et les sensations de râme. Je ne craindrai pas même de dire que celle sensibilité peut être si grande, que les idées les plus indiflférentes, celles qui ne devaient être que de simples perceptions, deviennent des sensations par la douleur qui les accompagne ; et quoique celte plus forte impression tienne sans doute aussi à l'état des nerfs , il est très-vraisemblable qu'elle dépend beaucoup plus de l'état du sensorium ; on peut en juger par l'espèce de sentiment de trouble, de peine, de confusion, que l'on éprouve dans le cerveau, et par la disposition à l'insomnie qui accompagne ordinairement cet état. En général , c'est sans doute à ce sensorium qu'il faut rapporter une partie de l'extrême sensibilité. J'ai dit plus haut oii il était: c'est là où les nerfs commencent à être nerfs. Mais qu'est- il ? c'est ce qu'il est impossible sans doute de jamais savoir ; c'est une organisation particulière et unique, ou de la fin des artères , ou du commencement des nerfs : il est même bon de
(1) Princip. Méd., p. 28 et 50.
^2) Rational method. of curing fever, p, 46.
(3) Ralional method. of curing fever,
(4) Rational method, of Curing fever, 146, 447.
(1) Je vois que M. Planer le fils, De vi corporis in memoria, A craint la même remarque que moi ; il commence l'article où. il traite des vices du fluide nerveux , par se justifier de ce qu'il traite des maladies d'un fluide dont la composition est si peu connue, et il se justifie à peu près «omme moi.
remarquer fiti'il semble qu'elle a dû être placée entre l'organe par lequel lui arrivent les ^cnsalioIls et la substiince corticale , qui n'a point de sensibilité; des sensations qui seraient parties de trop près, qui auraient eu leur fiége immédiatement auprès de lui, auraient peulèlrc nui à la netlelé de ce qu'il devait éprouver. Dans ce moment, la propriété qui nous occupe, c'est celle qu'il a d'être susceptible de plus ou de moins d'action, c'esl-à-diie d'une réceptivité tt d'une réaction plus ou moins fortes , puisqu'on ne ptut point nier qu'outre l'aclion qu'il exerce sur les nerfs, en \eitu de celle que l'àme a exercée sur lui , il n'ait une réaction physique Indépcudanle de tout êiro moral. Il paraît même qu'il peut être dans un tel état d'irritation et de réaction , qu'alors il est incapable de fransnieltre à l'âme ce qu'il épiouve; tous ses caractères sont dérangés, elle ne les lie plus , et il réagit sur les nerfs avec une force excessive et le plus grand désor.lrc : lel est, par exemple, le cas de l'épilepsie, celui de quelques affections soporeuses , de quelques paralysies. On verra, dans le chapitre des sympathies , que c'est sans doute aussi à cette réaction purement physique qu'il faut principalement les attribuer ; et , dans l'histoire de la mobilité, j'y aurai recours pour expliquer plusieurs phénomènes dont les causes concourantes ne rendraient pas une raison suflisante.
Mais , outre le défaut de jdus ou de moins d'action, le sensorium peut avoir d'autres vices, et être susceptible de faux mouvemenls qui rendent mal les impressions qu'il reçoit, et qui par-là même les dénaturent ; j'ai dit ailleurs que s'il a des mouvements disproportionnés à leurs causes, ou difi'érents de ce qu'ils doivent ê're , il induit l'àme en erreur,, et lui fait porter de faux jugements; il est le miroir dans lequel elle voit l'état des objets étrangers, et souvent celui de son propre corps : si le miroir, au lieu de rester une surface plaie qui les rende tels qu'ils sont, devient concave, convexe ou irrégulier, il en résulte une multitude d'images erronées ; l'âme voit donc tout mal, et elle déraisonne. — On dira peut-être ici : Quand il n'y a point de corps étranger qui agisse sur les nerfs , comment peuvent-ils transmettre quelque impression au sensorium ? Cette question si niilureile n'a peut-être jamais été r>ite; elle est cependant importante, et il faut y avoir répondu pour compren-
dre plusieurs espèces de douleurs. L'action des nerfs sur le sensorium s'exerce par les liquides, ou par les solides mêmes appliqués aux extrémités des nerfs dévelo|)pés dans les parties , et animés par celte action vitale, continuellement existante dans tous les vaisseaux , et qui est plus que suffisante ])0ur imprimer à l'extrémité des nerfs un mouvement plus fort que celui que peuvent imprimer un rayon de lumière ou la faible ondulation d'une colonne d'air. Ainsi toutes les fois que dans l'intérieur de notre corps iln^îtra quelque cause qui rcrulra les fluides Iroj) Acres , qui dép.accr.i quelques parties solides, ou qu'il y aura quelque action augmentée qui appliquera trop fortement aux nerfs ce f|ui ne devait que les toucher tro|) légèremenl pour produire une sensation, il naîtra une douleur de cause interne ; et l'on voit parlà que l'on peut presque toujours diminuer ces espèces de douleurs, quelquefois même les faire cesser cnlièreuient, en se tenant dans le plus parfait repos, et en réduisant par -là l'action inleruc , cette action qui porte l'irritimt contre les nerfs, au plus petit degré possible. La patience, dans ces cas , est à la lettre le vrai remède de la douleur, et j'ai vu très-souvent combien ce remède est efficace.
§ 1 3. Si le plus ou le moins d'aptilude du sensorium à recevoir les impressions que les nerfs lui transmettent , produit des effets différents, on comprend que le plus ou le moins d'irritabilité des muscles doit aussi varier très-considérablement les effets de l'action des nerfs, ou decelledesautres causes irritantes (1). Si le muscle est extrêmement irritable , le même stimulus , soit qu'il vienne par le nerf, soit qu'il vienne d'ailleurs, opérera un effet beaucoup plus considérable qu'il n'aurait fait sur des muscles beaucoup moins irritables; il y aura convulsion , produite par une cause qui n'aurait opéré qu'une simple contraction sur un muscle qui n'aurait que son juste dCi^ré d'irritabilité ; si ce degré est en dessous de ce qu'il devait être, la même cause ne pro-
(1) On verra, dans le chapitre des convulsions, que dans plusieurs cas la cause de l'irrilaiion ne vienl pas .tu muscle par le nerf, et Lancisi {de gangliis) avait déjà dit que, si une humeur acre s'épanche sur le muscle, elle en produit les contractions, sans que les nerfs soient intéressé*.
ET DE LEOnS MALADIES.
(luira pas son effet complet, la conli'aclioii sera tro|i fail)le (I). — A quoi reconnaîtra-t on que l'irritabililé est trop forte ou trop faible? J'ai déjà dit que dans les effets qui dépendent nécessairement de plusieurs causes dont l'action est toujours combinée, il est très -diflicile d'assigner exactement la part que chacune a à l'effet total , et de déterminer par -là même avec préci'iion ses deijrcs de plus ou de moins; heureusement ([uc celte déterniin ilion n'est pas toujours fort nécessaire, puisque souvent ces différentes causes éprouvent des variations analogues, qui tiennent aux mêmes causes et exigent le même traitement. On peut cependant trouver quelques indications qui nous aident à conjecturer s'il y a un vice dans l'irritabilité; c<s indications se tirent ou du sujel malade, ou des symptômes de la maladie, ou des causes (jui l'ont occasionnée.
a. Les expériences ont appris que l'irritabilité était plus grande chez les jeunes sujels que chez les vieux, chez les femmes que chez les hommes , et sans doute chez les femelles des animaux que chez les mâles , chez les animaux à sanç froid que chez les animaux à sang chaud ; ce qui vient peut-être de ce qu'ils ont la fibre plus lâche et le glulen moins compacte; on sera donc fondé à juger avec vraisemblance que cliez le» trèsjeunes sujels , chez les femmes, chez les Sujets qui ont en général la fibre un peu lâche, l'irritabililé trop forte a paft à la cause du mal; et voila sans doute pourquoi j'ai vu çoiivcnt que chez les femmes qui ont la fibre moins forte, la peau fort fine et fort bl.mche , et les cheveux blonds, le bain froid iliminue considérablement la convulsibiiité , rompt les spasmes, et ))eut s'ordonner dans le temps même du spasme; au lieu que chez les femmes d'un tempérament opposé, et cependant égakment convulsif, il pro-
(l) Thom. Erasie, né à Baden, et mort professeur à Bâle en 1581, est un des premiers, si je ne me Irompo, qui ail dit qu'il y avail deux causes des convulsions, line qui lient au propre vice des muscles, et une qui dépend du cerveau ; il ne connaissait pas l'irritabililé, mais il avail vu un de ses edeis. Son assertion devint ensuite un sujet de coniroversc ; les uns n'adnicllaient qu'une de ces causes , et les autres l'aulre, (V. Cliàlclain, Trailé des vapeurs, p. 87.)
duit des effets contraires, et, ordonné dans le temps du spasme, il l'augmenle presque toujours.
b. Quand, dans une maladie nerveuse, les symptômes de convulsion ou de spa>nie sont les symptômes dominants, quand ce sont les jiarties extérieures (|ui sont le plus attaquées, quand les circonstances qui ne peuvent agir que sui- les muscles externes, telles que les niouveineiils, les positions, les ligatures, le produisent; quand il y a peu de donh urs, de malaise, d'angoisse; quand la tête n'est point ou très-peu intéressée, on doit encore soupçonner l'irritabilité augmentée.
c. iSi la maladie est l elft-t de causes morales, dont l'action altère toujours le sensorium , ou de causes plijsi<jues (jui aient porté singulièrement sur le cerveau, telles qu'un coup, une chute, une blessure , un coup de soleil , des excès d'application, il est très - vraisemblable que c'est dans le cerveau qu'il faut cher-" cher le vice; si les causes sont de nature à avoir plutôt agi sur les fibres musculaires que sur le cerveau, il est probable que c'est dans l'irritabililé qu'est le siège' du mal. — H y a sans doute un grand nombre de causes passagères (|ui influent sur l'irritabilité du muscle et qui peuvent en diminuer la conlractibilité ; la pléthore m'a paru évidemment plusieurs fois opérer cet effet, et voilà peut-être une des raisons pourquoi le sommeil chez quelques personnes pléthoriques affaiblit si fort l'action muscul.iire ; on
a vu que les narcotiques produisent presque continuellement cet effet; la pr.iisse, qui émousse l'action de tous les stimulants, le produira aussi. — On comi)rend par-là que les maladies de l'irritabililé doivent nécessairement êire prises en considération dans l'ex imen des maladies nerveuses, et elles peuvent y avoir une part si considérable, que j'ai cru devoir les envisager en même temps que celles du nerf même. Avant que de passer aux autres maladies de ces organes , je ferai ici quelques remarques sur celles de leurs causes dont j'ai déjà parlé. — La première qui se présente, c'est (]ue l'exposition de ces différentes causes prouve combien se sont trompés ceux qui ont tout rapporté à une seule, quelle qu'elle fût. — La seconde, c'est que ces causes, surtout les trois dernières, ne produisent presiiue que des accidents de sensibilité et de n>obililé augmentée ; ce sont elles qui , combinées surtout avec une àcretc dans la masse des hunieuis, plus ou uiofas
DES KSRFS
générale , produisent presque toutes les maladies nerveuses de l'espèce de celles dont M. Pome a donné l'histoire, et c'est en remédiant à l'ùcreté eî aux autres causes d'irritation, d'échaulll'ement , d'épaississement inflammatoire chronique, que ses remèdes ont si bien réussi. — La troisième, c'est que la première cause, la seconde, la troisième, et l'obsti uclion des nerfs dont je parlerai dans le second paragraphe après celui-ci, sont proprement les seules maladies des nerfs; mais que, comme les nerfssont un inslrument, quand il est dérangé, le travail qu'il opère doit être lésé; ainsi de leurs maladies il en résultera beaucoup d'autres , puisqu'ils concourent à presque toutes les fonctions importantes; mais ces maladies, je le répète, ne sont point des maladies de nerfs, quoique l'usage, auquel je me conformerai, leur ait donné ce nom. Si l'on voulait parler exactement , il faudrait appeler les maladies, que l'on désigne ordirjaireraent sous le nom de maux de nerfs, maladies du cerveau et des muscles. — La quatrième , c'est que ces vices peuvent être répandus dans tout le sensorium.dans tousles nerfs, dans tous les muscles , ou n'en intéresser qu'une partie ; de là des maladies plus générales, ou plus particulières.
La cinquième, c'est que ce sont les maladies qui dépendent de ces trois causes, qui sont comprises sous les noms généraux d'extrême sensibilité , ou de trop grande mobilité , que j'ai dit que Ton devait appeler délicatesse de nerfs , dont je reparlerai ailleurs, et que ces mouvements trop violents, trop prompts, trop irréguliers des esprits animaux qui forment la mobilité, s'appellent ataxie ou perturbation ; et cette ataxie que j'ai vue si souvent dans tous ses degrés, dont la violence et les effets m'ont étonné si souvent, dont j'ai eu pendant long temps peine à me rendre une raison satisfaisante, m'a toujours paru , depuis que je suis venu à me l'expliquer, dépendre, quand elle est venue à ce degré, de l'extrême sensibilité du sensorium , de la grande mobilité des nerfs, et du trop d'irritabilité des muscles; une seule de ces causes ne la produit presque jamais. Je suis persuadé que tous les médecins qui voudront bien observer attentivement les cas de grande mobilité, après avoir réfléchi aux principes que j'ai étublis dans ce chapitre, penseront comme moi que les trois causes concourent du plus au moins dans la formation de ces mala-
dies, désignées par le mot d'extrême mobilité , quoiqu'il puisse y avoir des convulsions peut - être plus fortes sans leur concours. — Une sixième réflexioa à faire, c'est qu'il n'y a point de ces différentes Causes qui ne soit admise par des médecins Irès-éclairés, et qui se sont occupés de ces maladies ; mais malheureusement, soit que le hasard n'ait présenté à chacun d'eux que des maladies produites par la même cause, soit qu'un peu lro[) décidés pour un système, avant que d'avoir vu assez de faits, ils ne soient pas revenus d'une première idée, la plupart n'ont vu qu'une cause et ont exclu les autres : on a vu plusieurs partisans du: seul relâchement des fibres. M. Pome n'admet que leur raideur; et l'estimable auteur de Y Essai théorique et praliquCy que j'ai déjà cilé, n'admet que les vices des esprits animaux : ces vices sont , ou le trop d'épaississement , ou le trop d'àcreté , et cette âcreté est ou acide , ou saline (1). De celte division, il lire l'explication des principaux symptômes et les différents traitements qui consistent, dans le premier cas , à fondre et à évacuer; dans le second, à délayer, adoucir et corriger les acides; dans le troisième, à dissoudre et a enlever les molécules salines. Il est sûr que les esprits animaux peuvent être altérés différemment, que ces difTéreutcs altérations produiront des symptômes différents, et que l'on pourra présumer ces espèces d'altérations d'après celles qui régnent dans la masse du sang ; mais il est également vrai que l'on ne peut pas faire dépendre tous les maux de nerfs des simples altérations du fluide nerveux.
§ 14. Commme en traitant une matière on doit toujours comparer sa marche à celle des auteurs qui en ont déjà le mieux traité, je dois observer ici que, sans entrer dans le détail de ces causes, M. Whytt comprend l'état des nerfs qu'elles occasionnent sous le nom de trop grande délicatesse et trop grande sensibilité du genre nerveux , dont il fait la cause prédisposante générale des maux de nerfs ; il comprend , sous le nom de cause prédisposante particulière, la délicatesse, la trop grande sensibilité ou la sensibilité erronée de quelque organe particulier; ces deux ciuses, qui me paraissent plutôt un effet de celles dont je viens de traiter sous le nom de causes
ET DE tECRS MALADIES.
prochaines, sont l'objet de son troisième cliiipilre , qui renferme plusieurs observations intéressantes, dont je rapporterai quelques-unes en parlant de la mobilité. Je dois dire aussi que M. Boerhaave a un chapitre assez long sur les maladies du sensortum commune (1) ; mais c'est que dans ce chapitre il traite des maladies et des alTections de l'âme, et discute même quelques questions relatives à l'anatomie du cerveau , au lieu que je me suis proposé simplement ici d'établir qu'il ét.iit susceptible de dérangement , réservant pour d'autres chapitres les maladies qui sont les suites de ce dérantjement. Je reviens actuellement à une autre maladie du nerf, c'est son obstruction.
§ 15. Les sensations ne se portant des parties externes au cerveau, et les mouvements volontaires n'étant portés du cerveau aux parties que par le mouvement aisé des esprits animaux , si ce mouvement vient à être intercepté, les fonctions cessent ; on a vu plus haut les effets des sections des nerfs, et ceux des ligatures qui interceptent toute communication entre le cerveau et les parties ; s'il se forme des obstructions dans les nerfs, les efTets en seront les mêmes, et il est aisé que ces obstructions se forment , ou par la pression externe des membranes enveloppantes et des corps ambiants, ce sera l'objet des articles suivants, ou par le trop grand relâchement, ou par l'adunation des parois , ou par l'épaississement et l'induration du Quide nerveux (2); en un mot, on peut appliquer ici ce que tous les patliulogistes, et M. Boerhaave, mieux qu'aucun autre, ont dii des causes de l'obstruction, qui, dans les nerfs, ainsi que dans les autres vaisseaux, jieut être complète ou incomplète , résoluble ou irrésoluble. Si ici , comme dans tout ce qui regarde le cerveau, notre imagination est effrayée de se peindre les tableaux aussi en petit, la raison nous rassure et nous en démontre
(2) Celte liqueur est de sa nature trèsdéliée, mais souvent elle acquiert un vice de ténaclli, de grossièrelé qui l'empèclie de couler avec l'acililé par les vaisseaux sécréloires et excréloires; elle s'y arrête et y forme des engorgements qui sont souvent les causes antécédenics des ma- Iqdies de nerfs. (Essai théorique et pratique sur les maladies de nerfs, p, 14.)
la possibilité. — L'obstruction peut être de nature à empêcher le mouvement dans une partie , et à le permettre dans une aulre; c'est à cette cause qu'il faut rapporter principalement différentes espèces de paralysies , l'engourdissement ou la perte des sens , l'atrophie , et en général les accidents nerveux, qui dépendent d'une diminution dans la vitesse ou dans la force du mouvement.