‹ Œuvres de TissotChapitre 146 sur 160 · A M. BAKER · texte numérisé non relu

A M. BAKER

j) respiration, la salive s'écoulant en mê- » me temps en très -grande quantité.

» J':ii vu des malades qui étant allaf(ués » de cardialgie, puis d éjiilepsie après le «vomissement, ont perdu la vie. Les )) mains et les pieds éprouvaient moins » de distention chez ceux qui avaient été » saisis de frisson et de froid après le » chatouillement. Toute cette série de » maux était suivie de la faim canine. 3) La plupart des malades ne pouvaient » pas se rassasier; il en était très-j)eu » qui eussent de l'aversion pour les ali- « ments. Il se forma des bubons au der- » rière du cou chez l'un d'eux, mais ces M bubons n'ont point de rapport avec » ceux de la peste. Il en sortit un pus «jaune, et cet écoulement était accom- » pagné de douleurs excessives et brii- » lantes. Il est survenu chez un autre des » taches aux pieds, lesquelles subsistent » encore depuis huit semaines. Chez V quelques-uns le visage s'est couvert de B taches qui l'ont affreusement défiguré.

B Le pouls était sembl.nble à celui de » la santé , et cela chez tous les malades » sans exception. Les spasmes étaient » suivis de raideur des membres, en sorte » que les malades paraissaient être im- » polents des pieds et des mains. Celte » cruelle maladie joue son rôle chez » quelques-uns pendant deux semaines, » chez d'autres pendant quatre , chez » d'autres pendant six ou huit, et même » chez quelques-uns il dure l'espace de » dou7.e semaines; elle a pourtant ses » entr'actes, pendant lesquels elle laisse n les malades tranquilles. Dès les com- » mencemenis elle a fait périr cent per- » sonnes , qui pour la plus grande partie i) étaient des enfants. Sur cinq cents ma- ; » lades, par exemple, il s'est trouvé » trois cents enfants; or, je mels au nom- » bre des enfants tous ceux qui étaient e 1) au-dessous de l'âge de quinze ans. Elle e » a emporté les habitanis de deux maiji » sons sans en laisser un seul. Je prends il » Dieu à témoin qu'il n'y avait point 1- » de contagion. — Burghart dit qu'on SI » n'a pu, par aucun moyen, en arrêter Il » les horribles symptômes, non plus que » les spasmes qui violentaient d'une ma- " » nière extraordinaire les extrémités du ,jj » corps, savoir : les bras, les jambes, la j,. » lêle, les yeux elles lèvres, et qui ôlaient » absolument aux mal. 'des l'usage de la ji » raison (I). Il était rare que la maladie

(1) Wcdel , qui n'a observé que quel-

» diminuât en aucune façon avant la » troisième semaine, mais plusieurs eu » ont été détenus pendant un et môme » pendant deux mois , surtout ceux qui » Ti'ont point pris de remèdes, et qui » n'ont pas voulu observer un régime » convenable. Quant à ceux chez qui il » survenait comme une fièvre continue » qui leur procurait des sueurs abon- » dantes , surtout après les accès tant de » fièvres que de spasmes , ils en ont plus » vite réchappé. Mais ceux qui ont pé- » ri ont paru, peu de temps avant leur » mort , être attaqués d'un relâchement M des membres semblable à la paralysie, » et même d'une véritable apoplexie. La « inaladiea laissé de plus longs intervalles » aux femmes, mais elle les maltraitait » enfin d'autant plus violemment, lors- » que le temps de subir l'évacuation » menstruelle était arrivé; cetle évacua- » tion finie, elles ne se plaignaient guère » d'autre chose, pendant quelques se- » maincs , que d'un abattement extrême "des forces, jusqu'à ce que le retour « d'une nouvelle lunaison renouvelât les » mêmes désordres. — Ceux enfin qui « ont pu en réchapper ont éprouvé, pen- » dant un espace de temps considérable, » de la faiblesse dans les membres, et » même comme de la raideur et une cer- » taine difficulté de mouvement dans » l'une ou l'autre de ces parties, et un « engourdissement d'esprit.»

Enfin, en 1741, la même maladie s'clant inîroduite dans la JXouvelle-Marche, elle régna dans ce pays jusqu'au mois de mai de l'année 1742 ; elle a été parfailement bien dépeinte par M. Muller(l), dont la description, qui est très-exacte, mérite d'être lue. Vous y trouverez , monsieur, que ses commencements , ses progrès, les symplômes coiivulsifs, les symptômes de paralysie , son opiniâtreté et son issue, ont été les mêmes que ceux qui sont rapportés dans la description de Srinc ; mais cetle épidémie-ci a été conslamnicnl accompagnée de fièvre, symptôme qui était inconnu dans l'épidémie

ques cas pariiculiers dans son district, a vu des malades attaqués de manie, du tétanos, do l'emprosthotonos et de l'opi-

Slhot07lOS.

(1) C.-A.-A. Bergen et J.-M.-F.Mulleri, Dispul. de morbo epid. spasnioiL, couviils. contngii experte. l''rancor. ad Vi:idrum, 1742. C'osi une dissertation iiliie, qu'on trouve dans la colleclioii de dissertations praiiqucs publiée par M. do llaller.

qui avait rt'gnii en Bohême. — Je ne sais si depuis ce temps- là ce fléau a dévasté d'autres pays; maintenant, monsieur, je vais passer à l'autre genre de maladie qu'occasionne le seigle ergoté , savoir : la gangrène spontanée. — Ilconste, d'après ce que j'ai recueilli au sujet de cette maladie, qu'elle a déjà été connue en 1630 dans certaines provinces de France, suivant le témoignage du docteur le ïhuillier, médecin de l'illustre duc de Sully (i). Elle régna en 1660, 1 670 et 1674, en divers lieux de la Guienne, dans la Sologne, dans le Gâlinais , et particulièrement en 1G74, à Montargis , suivant le témoignage de M. Perrault (2).

— Le premier symptôme était un engourdissement des jambes, il était suivi de douleur avec une légère tumeur sans inflammation, puis succédaient rapidement le froid, la lividité, le sphacèle et la chute du membre. Dans la Sologne cette maladie était sans fièvre, et les douleurs étaient légères. On n'employait aucun secours , mais le nez, les doigts, la main, les bras, les pieds, la jambe, la cuisse, étaient attaqués du sphacèle et tombaient d'eux-mêmes.

En 1695, J. G. Biunn, cet illustre médecin, vit à Augsboiirg une femme attaquée d'une maladie spasmodique et du sphacèle des mains, laquelle venait de ce qu'elle avait mangé du seigle ergoté , elle se perlait bien d'ailleurs; ce médecin apprit par un chiiuirgien qui accompagnait cette femme, et qui avait fait li>ul nouvellement l'amputation d'un pied atl.iqué du sphacèle par la même cause, " que la dégénéralion de ce gei re V df blé était cause que les habiii-uls de « la Forêt-IN'oire étaieni non seulement B a! laqués de convulsions e>(raordinaires, » mais que de pins leu;s extrémités » élaient mortifiées par le sphacèle (3).»

En 1709, le même fléau s'introduisit dere hi f ans la Sologne, jiays qui est assiiri'ment rarement exempt de seigle ergoté, mais eeite ann<e-la le quart du seigle éiiiit infecté de eelte maladie.

Dans l'espiice d'une année, M. INoël, chirurgien de l'Hôtcl-Dieu d'Orléans, tr.iita au-delà de cinquante malades ergole's, comme on les appelle, tant hom-

(1) Lettre de M. Dodart au journaliste des savants, ann. 1676, l. iv, p. 79.

(2) Jourii. des savants, ibid.

(«>) Act. curios. tiatur., dec. m, an, 2, Ohs. 224.

mes que jeunes garçons; U n'y avait point de femme qni fut de ce nombre , et il n'y avait que très-peu déjeunes filles(l). La maladie commençait presque toujours par les doigts de pieds (il n'y eut qu'un seul malade chez qui elle commença par la main), et elle s'étendait souvent jusqu'au-dessus de la cuisse. Le premier symptôme qui se manifestait après l'usage du pain empoisonné était une espèce d'ivresse. Quatre malades moururent après l'amputation , la gangrène s'étant communiquée jusqu'au tronc, ce qui me paraît fournir un nouvel argument, qui démontre le danger de pratiquer l'amputation avant que la gangrène se soit arrêtée.

Cette amputation est aussi nuisible que la répercussion des sueurs critiques dans une maladie venimeuse. Il arriva à Blois un terrible accident que M. de Fontenelle rapporte ainsi. « Un paysan fut at- » taqué de la manière la plus cruelle : » la gangrène lui fit tomber d'abord tous » les doigts d'un pied, ensuite ceux de n l'autre, après cela le reste des deux » pieds , et enfin les chairs des deux jara- » bes et celles des deux cuisses se délan chèrent successivement et ne laissèrent » que les os. Dans le temps qu'on en » écrivit la relation, les cavités des os M des hanches commençaient à se rem- » plir de bonnes chairs qui renais- » saient(2), « — La même année, si fameuse dans tous les pays par le froid très-rigoureux qu'il fit alors, la même maladie se manifesta pour la i)remière fois dans le cantdn de Lucerne, et pour la seconde fois en I 7 1 5 et 1 7 1 6 , et se répandit en même temps dans les cantons de Z iricli et de Berne ; c'est cette épidémie dont Lange a fait l'histoire. « On » était, dit-il, attaqué de cette maladie » sans aucune fièvre , le plus souvent » après avoir éprouvé plus ou moins » long temps de la lassitude. Le froid « s'emparait des membres qui devenaient M pâles et ridés , tout conime s'ils eussent )) été plongés un peu long-temps dans » l'eau ehaude, les veines disparaissant )) sous les rides de la peau. Les malades » élaient ensuite dans un état d'engour- » dissement et d'insensibilité totale, sans » être pourtant privés de la faculté de se

(1) Histoire de l'Académie royale deim sciences, ann. 1710, p. 80. 1

(2) Histoire de l'Académie royale dta\ sciences, ann. 1719, p. 81. '

A M. baksr;

» mouvoir, quoiqu'ils l'exerçassent avec » assez de di£&culté; ils étaient tourmen- » tés d'une douleur interne des plus » atroces, qui augmentait excessivement » par la chaleur de l'atmosphère ou par }) celle du lit , elle diminuait un peu lors- » qu'ils étaient dans un endroit frais, » mais elle faisait place à une sensation » de froid presque insupportable. Cette » sensation si fâcheuse , après avoir com- » mencé aux extrémités des parties , s'é- » tendait de proche en proche et montait » des doigts des mains et des pieds aux » bras, aux épaules , aux jambes et aux }> cuisses, jusqu'à ce que le sphacèle sur- » venant, la partie qui en était attaquée » étant corrompue et noire, elle se déta- » chait du membre voisin ou du tronc. Ily j> a eu des malades qui, sans ressentir au- » cune douleur, ont perdu par le sphacèle » une ou deux phalanges de leurs doigts, » qu'ils ont trouvées dans leurs gants 3) ou dans leurs bas. Durant le cours de » la maladie , les autres parties du corps » étaient en assez bon état , si ce n'est » que, lorsque la douleur augmentait, les » malades éprouvaient une légère chaleur » fébrile, et que, lorsqu'ils usaient d'atl- » ments échauffants, ils suaient depuis la » tête jusqu'au creux de l'estomac: leur » sommeil était laborieux et troublé par » des rêves inquiétants (1).»

Je ne sache pas que depuis ce temps-là on ait observé cette maladie en Suisse; mais dans l'espace de trente ans qui se sont écoulés depuis l'an 1709, il y a eu trois ou quatre épidémies qui ont été observées dans l'hôpital d'Orléans par M. Noël (2). — Il paraît qu'elle est endémique dans ces pays-là, car on lit, dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences de Paris , l'histoire d'une épidémie du même genre, que M. du Hamel a décrite d'après la relation de M. Mulcaille ; elle était assurément des plus malignes, car le nombre de ceux qui en périssaient était de beaucoup plus considérable que celui de ceux qui en réchappaient.» Il règne en Sologne, depuis » la moisson, une maladie appelée ergot; » nom qu'on lui a donné à cause de la » figure d'un grain qui la produit, qui » ressemble à un ergot de volaille ; c'est » un seigle dégénéré , dont l'usage donne » à la masse du sang une qualité putride

B et gangreneuse , qui se fait d'abord

» sentir dans les pieds et dans les jambes, » par des lassitudes douloureuses et une » lividité extérieure, qui forme une gan- » grène plus sèche qu'humide , il s'y en- » gendre souvent des vers , enfin les » doigts des pieds se détachent de leurs » articulations et tombent dans le méta- » tarse ; ensuite le pied, la jambe, et xjusques au fémur, qui abandonne la » cavité cotyloïde ; il en arrive autant » aux extrémités supérieures, et on a vu » à l'Hôtel-Dieu des gens n'ayant plu5 » que le tronc, vivre néanmoins plusieurs » semaines , car ces chutes des membres » ne sont jamais suivies d'hémorrhagie.

» Jusques ici on n'a pas réussi à guérir » de ces malades , il en a péri plus de » soixante (1). » — M. Salerne a décrit une autre épidémie (2), dont voici quels étaient les principaux symptômes.

1° Elle a attaqué les personnes de tout âge et de tout sexe. Elle ne montait pas plus haut que le genou , au lieu que l'année précédente (c'est peut-être lors de l'épidémie que M. Mulcaille a décrite), un garçon de dix ans perdit deux cuisses, et que son frère , âgé de quatorze ans , perdit une cuisse d'un côté et une jambe de l'autre , tous les deux périrent au bout de vingt-huit jours. S» Il y en a eu trèspeu qui en aient réchappé , et cependant il a été rare que ceux-ci aient vécu longtemps après. 3° L'amputation hâtait la mort. 4° De cent et vingt malades il en est à peine réchappé quatre ou cinq , tous les autres ont péri dans l'espace de six mois. 6» Le sang était extrêmement visqueux, et distillait à peine de la veine. 6° L'inflammation de la peau annonçait la suppuration dans cet endroit. 7» Après l'amputation , on n'avait besoin ni du tourniquet, ni de la ligature. 8" Dans la Sologne, qui est un p;iys marécageux, cette maladie attaque plus fréquemment les jambes. 9" Tous les malades étant presque imbécilles dès le com mencement, aucun d'eux ne sait faire l'histoire de sa maladie: leur visage jaunit, et ils maigrissent si fort qu'ils paraissent des cadavres. 10° Celte maladie n'est du tout point contagieuse. — M. Puy, premier chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Lyon, m'a

(1) Acta Erudit., ann. 1718, p. 509.

(2) Quegnay, Traité de la gangrène, p.

(1) Mém. de l'Acad, royale des sciences., ann. 1748, p. 528.

(2) Mémoires de mathématique et de ph^' sîque 'présentés H l'Acad. royale des scietices, t. u, p. 155.

LETTRE

raconté qu'il y avait vu de temps ea temps, et toujours dans les années pluvieuses, quelques malades attaqués de cette maladie, lesquels on avait amenés des campagnes voisines : de ce nombre était une femme à qui les deux cuisses étaient tombées. Le symptôme dont ils se plaignent est un feu brûlant dans la partie. Il ajoutait qu'il avait ouï dire qu'on observait quelquefois la même maladie en Daupbiné.

Le seigle ergoté ne nuit pas aux hommes seulement, mais il empoisonne aussi les animaux. — Dans le district de Wartembergson usage faisait avorter les truies et périrles mouches. Srinc rapporte qu'un chien qu'on avait nourri avec du pain fait de pur seigle avait péri au milieu de spasmes horribles. D'autres médecins ont fait la même expérience avec des cochons , des oies , des poules. Le résultat en a été le même (1). — Des cerfs qui avaient mangé du seigle ergoté ont aussi péri par les convulsions (2). — M. Saîerne a vu un cochon qu'on avait nourri pendant quelque temps avec de ce seigle mêlé avec deux fois autant d'orge , lequel périt ayant le bas-ventre enflé, dur, noir et les jambes fort maltraitées par des ulcères ; son foie et ses intestins étaient en partie gangrenés. Les quatre pieds et les deux oreilles tombèrent à un autre cochon, pour avoir mangé du son de seigle ergoté. Quelques canards en furent très - malades , et deux périrent assez promptement.

On peut faire plusieurs questions : 1° quelle est la cause de cette dégéncration du seigle ? Ceci est encore enveloppé d'épaisses ténèbres. M. Aimen a démontré que la carie venait de ce que les grains étaient infectés de moisissure (3), et il a promis de faire des recherches sur les causes de l'ergot du seigle. Je ne sais s'il a rempli son engagement dans le quatrième tome, que je n'ai pas encore vu (4). 2" Comment le seigle ergoté est-il nuisible? On ne peut que désirer d'être éclairé sur cette matière. Nous connaissons plusieurs poisons végétaux , dont

(1) Satyr. medic. Sites., à l'endroit cité plus haut, p. 57.

(2) Muller, § 14, 33.

(3) Mémoires de matkém., etc., présentés a l'Acad., t. III, p. 68.

(4) Je trouve que cet auteur ne parle encore dang le tome quatrième que de la hiello.

nous ne comprenons pas le moins du monde la manière d'agir : tel est le seigle ergoté ; il a une saveur nauséeuse et acre , telle est celle de plusieurs poisons narcotiques. Il paraît en général que ce seigle infecte nos humeurs d'un venin qui s'est introduit dans la graine, lequel, en irritant les nerfs, occasionne des spasmes, ou qui produit la gangrène en putréfiant le sang. Je n'en sais pas davantage. 3° Comment est-ce que la nielle nuit ? C'est un poison acre et visqueux ; et si quelqu'un se promène à pieds nus dans des prés couverts de nielle, il en rapportera de vilains ulcères aux jambes (i).

4° Pourquoi est-ce que ce poison excite tantôt des spasmes, tantôt la gangrène avec de la fièvre, ou le plus souvent sans fièvre? Cette question est trop au-dessus de notre portée, et on ne peut espérer de la résoudre qu'après une infinité d'observations et d'expériences , auxquelles on n'a pas seulement songé jusqu'à présent. En général tout l'historique de cette matière n'est pas assez connu, et on ne l'a pas suffisamment examiné; il mérite pourtant tout-à-fait l'attention des médecins, car il présente plusieurs phénomènes qui, étant bien compris, répandraient beaucoup de jour sur des choses plus difiicilesqui sont du ressort de la médecine. Maintenant je rendrai compte de ce que je sais par rapport au traitement.

Les médecins de Marbourgpurgeaient, puis ils prescrivaient beaucoup de sudorifiques amers. — Longolius conseillait l'usage des acides. — Lange employait au commencement l'émétique; après que le vomissement avait cessé, il donnait des sudorifiques amers, et il ordonnait de s'abstenir de tous les aliments visqueux, gras, et d'autres nourritures indigestes. Tous ont défendu rigoureusement de manger du pain frais, l'observation ayant partout démontré qu'il était beaucoup plus pernicieux que le pain rassis. Le grain même perd sa virulence avec le temps; c'est à cause de cela que l'épidémie est fréquente d'abord après la moisson , qu'ensuite elle devient insensiblement plus rare, et qu'enfin elle cesse entièrement, quoiqu'il ne manque pas de seigle ergoté. — Le traitement de Muller était sans activité et dépourvu d'efficacité, consistant en des anti spasmodiques imaginaires ; mais il employait avec raison les vésicaloires. — Dans la Sologne,

(1) Lange, l'endroit çité plus haut; p. 313.

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