VICES DANS LES COBPS QUI ENTOURENT LES INERFS
§ 2(. Les mêmes acciiients que produit un engorgenient dans les enveloppes du nerf peuvent être occasionnés par une tumeur dans son voisinage qui le comprime, et ces accidents sont fréquents : il en résulte une diminiftion dans la sensibilité , dans le mouvement et dans la nutrilion de la partie qui tire ses nerfs du tronc comprimé. On trouve dans Plater l'observation d'un jeune homme qui, après une forte fièvre, resta sujet à de très - violents maux de tête ; bientôt il perdit la vue de l'œil gauche , ensuite de l'œil droit , et enfin mourut avec les symplômcs les plus cruels : la cause de tous ces accidents était une tumeur qui comprimait les nerfs optiques à leur sortie du cerveau (1) . M. Drelincourt en a vu une entre le cerveau et le cervelet occasionner d'abord la cécité , ensuite la surdité , et successivement la perte de tous les sens, de toutes les fonctions animales , et enfin des vilalts(2). J'ai vu une tumeur vénérienne au- dessous du pli du bras emppcherabsoiument tout mouvement de flexion dans les doigts; mais il se rétablit à mesure que la tumeur diminuait par le traitement; et où qu'elles soient placées, elles doivent produire des effets semblables. Les obstructions dans le bas-ventre peuvent occasionner par celte pression sur les nerfs des symptômes que , manque d'attention à celle cause , on pourrait rapporter à d'autres , au grand détriment du malade. M. Winslow l'avaijbien vu, et j'ai sous les yeux une de ses cunsullations pour un malade qui vint vers moi quelques années après , dans laquelle il y a un passage qui me paraît mériter l'attention «le tous les médecins : « Cette ob- » struclion s'élend même par une traînée » fort mince vers le milieu du haut de la » région lombaire, et là paraît gêner le f plexus nerveux sur l'aorte descendan- » te : de là la faiblesse du genre nerveux « et celle de la pulsation artérielle (3). » En observant attentivement les rachiti-
(1) Obs., t. I, p. 102.
(2) Flammerdinge , De Apoplexia 12.
Sepulch., I. I, p. 1-23.
(.5) Du 27 septembre 1749. Je ne retrouve point le mémoire du malade, et je ne me rappelle qu'imparfaitement sa maladie.
ques , on se persuade aisément que les compressions que souffrent les nerfs contribuent beaucoup à différenis accidents dans la nutrition et dans les forces musculaires qu'ils éprouvent souvent. L'excès même de la graisse , malgré sa mollesse, produira une compression assez forle pour gêner l'action des nerfs et occasionner un engourdissement habituel.
Voilà toutes les maladies auxquelles les nerfs mêmes sont sujets : ce sont les causes prochaines des dérangements des fonctions auvriuels ils servent , les éléments en quelque façon de ces maladies , les premières dont il a fallu m'occuper ; mais ces maladies mêmes du genre nerveux, l'atonie des nerfs, les vices dusensorium , ceux des esprits animaux , sont préparés , et ensuite mis en action par d'autres causes , qui sont les causes prédisposantes et occasionnelles , dont je m'occuperai dans les chapitres suivants. Je finirai celui-ci par quelques observations sur ce que l'on doit entendre par les nerfs faibles ou forts , et sur quelques autres expressions dont on se sert tous les jours en parlant des maux de nerfs, et qui, mal entendues, donnent souvent de fausses idées, et conduisent quelquefois à de mauvais traitements.