SES
§ 65. Le même instrument piquant poussé avec plus ou moins de force, produit des effets plus ou moins considérables ; il en est de même d'un irritant quelconque : une humeur âcre portée sur les organes avec beaucoup de force, y occasionne de plus grands désordres que quand elle y est portée faiblement, et voilà pourquoi , dans la plupart des douleurs, tout ce qui diminue l'action les soulage , tout ce qui l'augmente les irrite. — D'après ces remarques générales sur les différentes circonstances qui peuvent varier l'effet de l'âcretc , remarques qui peuvent s'appliquer à tous les irritants, on comprendra mieux tous les symptômes qui peuvent dépendre des humeurs acres, dont il serait impossible de donner une liste exacte, puisque les différentes combinaisons des causes qui les produisent , peuvent tous les jours en produire de différentes ; et d'ailleurs cette liste serait déplacée ici. Mais que l'âcreté soit une des principales causes prédisposantes et occasionnelles des maux de nerfs, c'est ce dont on ne peut douter, si l'on fait attention , 1° à tous les effets que j'ai rapportés des poisons âcres ; 2" à ce que j'ai dit des suiies de la douleur qui est toujours un des principaux effets des irritants; 3° à la multitude de maux de nerfs qui dépendent trop évidemment d'une humeur acre , pour qu'on puisse se le dissimuler; aussi M. Whylt dit positivement qu'il a été convaincu par le nombre de faits dont il a été témoin, que les maux de nerfs dépendent souvent d'une matière qui irrite le genre nerveux (IJ ; il le prouve par deux observations; l'une est celle d'un jeune garçon qui, à la suite d'une chute sur la tête, eut pendant plusieurs mois une succession d'accidents presque tous nerveux, et même de violentes convulsions qui ne cessèrent qu'après des évacuations depus par les narines et par l'oreille (2) ; l'autre est celle d'une fille âgée de vingt-cinq à trente ans qui, ayant arrêté des sueurs qu'elle avait tous les matins, par suite d'une fièvre d'accès irrégulier , fut attaquée d'une toux etd'une oppression convulsive, de gonflements hystériques avec des urines claires, d'étouffements , de convulsions dans les cuisses, dans les jambes et dans presque tout le corps ; accidents qui durèrent jusqu'à ce que la
matière âcre se fut déposée sous l'aïsselle oii elle forma une tumeur inflammatoire, qui abcéda et laissa la malade parfaitement bien (1). Galien avait déjà averti, d'après Pelops, que la corruption spontanée des humeurs occasionnait des convulsions (2) , et l'on a remarqué, dès les premiers temps de la médecine , que l'éruption de quelques boutons autour des lèvres terminait les fièvres d'accès, qui sont une véritable maladie de nerfs. Je viens de voir une éruption semblable, mais plus étendue, terminer chez un enfant de quatre ans et demi, assez cacochyme , des convulsions qui l'avaient attaqué cinq fois dans huit jours, et auxquelles il n'avait jamais été sujet; et les exemples de convulsions, chez de plus petits enfants, terminées par l'éruption des croiites de lait, ou de la râche , ne sont pas rares. Il n'y a rien de si ordinaire que les convulsions produites au même âge par l'humeur de la petite vérole , de la rougeole , de la fièvre scarlatine , au moment où elles ont infecté toute la masse des humeurs, et ne sont point encore sorties , c'est-à-dire immédiatement avant l'éruption ; le premier boulon paraît et ordinairement les convulsions cessent. Une étrangère qui était venue chercher ici du soulagement pour un état de convulsion affreux, et dont je reparlerai ailleurs, n'était tolérablement bien que quand elle avait quelque éruption, et ses nerfs étaient constamment d'autant mieux que sa peau était plus malade. On verra, dans le chapitre de l'épilepsie, cette maladie alterner avec une éruption très-forte. — J'ai soigné dans différentes circonstances une autre femme accablée de toutes sortes de maux de nerfs, qu'elle devait à des remèdes violents pris contre les opilations, et qui, après avoir essuyé tous les accidents nerveux possibles pendant plusieurs semaines , quelquefois pendant plusieurs mois, se trouvait loutà-coup bien , dès qu'il paraissait une petite éruption , ou plutôt une légère rougeur à la peau dans l'intérieur du doigt auriculaire gauche. Est-ce donc , dira-t-on, ce peu d'humeur âcre déposé sur une aussi petite place qui occasionnait tous ces accidents ? Kon ; tout comme ce n'est pas la quantité de virus déposé dans le premier bouton varioleux , à peine sensible , qui produisait un instant
(1) Chap.i, § 1, p. J44.
(2) Ibid.
(1) Ibid., 149.
(2) De locis affeçt., 1. m. ch. 7.
ET DE LEURS MALADIES
auparavant ces convulsions qui alarmaient toute une famille; mais c'est que ces éruptions n'arrivent que quand la nature irritée par l'Iiumeuràcre l'a préparée à être expulsée , quand le spasme de la peau finit , quand la liberté de la transpiration recommence, et quand, en même temps, l'aclion des vaisseaux se relâche ; ces cliangements sont frappants dans les éruptions des maladies aiguës , mais quoique moins sensibles dans les autres, ils n'en sont pas moins réels, et ils n'échappent pas à ceux qui savent observer : la coction est en grande partie faite , J'irritation cesse , l'évacuation critique commence, toutes les sécrétions se faisant mieux, le calme reniât.
J'ai vu un ecclésiastique extrêmement goutteux et perclus par plus de nodosités que je n'en ai jamais vu à d'autres, souffrir des douleurs dans toute la peau de la tête, si violentes, qu'elles épuisaient sa patience; elles étaient accompagnées de légères contractions convulsives dans tous les muscles de ces parties , qui durèrent plusieurs jours, au bout desquels il commença à paraître des vessies jaunes, nombreuses, répandues principalement sur le front et sur les tempes ; à mesure qu'elles paraissaient, les douleurs diminuaient; mais si on ne les ouvrait pas d'abord, elles rongeaient la peau, et il est resté plusieurs cicatrices très-profondes (1). Cette observation m'en rappelle une qui n'est pas parfaitement semblable , mais qui paraît dépendre aussi d'une humeur acre, et qui m'a été communiquée par M. Cabanis, qui observe aussi bien qu'il opère, et qui réunit dans le degré le plus rare toutes les parties qui font le grand chirurgien. Un homme vint lui dire, si vous ne me guérissez pas, je vais me casser la tête pour me délivrer de la douleur que je ressens depuis quelques heures au-dessus de l'œil; M. Cabanis examina la partie dans laquelle on ne voyait aucun changement, si ce n'est peut-être un très-léger gonflement, et lui indiqua quelque léger remède; deux heures après, le patient vint le prier de le panser, en lui disant qu'il était guéri ; au milieu de la plus violente
(1) Kœning rapporle dans sa Lithogénésie, qu'une érupiion de vessies, grande comme la paume de la main, renfermait une humeur si acre, que la douleur jetait >le malade dans le délire. Thes. medic, practit., t. III, p. 477.
douleur, la peau s'était ouverte et le sang avait jailli. Il y avait effectivement à la peau une petite ouverture qui ne paraissait l'aile ni par un instrument tranchant, ni par contusion. J'ai vu plusieurs femmes qui ont alternativement des rougeurs et des chaleurs au visage, des douleurs très -vives à la peau, des spasmes intérieurs, ou d'autres accidents nerveux qui cessent dès que la peau se couvre de boutons; on voit évidemment que ces accidents que j'ai observés à différentes reprises, dans leur degré le plus fort, chez une mère et une fille, dépendent d'une humeur acre; les eaux de Seitzer ont toujours guéri promptement la mère; la fille, chez qui le mal était plus passager, avait quelquefois un spasme trè*douloureux qui parlait de l'estomac et montait jusqu'à la gorge, et qu'un peu de chocolat soulageait d'abord. J'ai vu à la mère des rougeurs et des chaleurs subites dans tout le corps, comme l'on en a au visage. Elle a eu quelquefois des rages de faim pendant quelques heures ; d'autres fois des douleurs générales et aiguës dans toute la peau, que l'on ne soulageait qu'en la pinçant aussi fortement qu'il était possible, ce qui lui faifait un bien singulier, quoique ie serrement eût été assez fort pour laisser, pendant quelques jours, l'ecchymose des contusions.
Feu M. Rosen a vu l'humeur d'un pourpre chronique produire des spasmes violents du muscle crotaphite (I) ; et l'on voit, dans une autre observation, que le retard d'une éruption qui avait accoutumé de se faire habituellement, produisit un spasme des doigts (2), Yiridet a déjà averti que les vapeurs cessent souvent quand la goutte survient, et il remarque fort bien que ces deux maladies ont souvent une cause commune, puisque l'on trouve quelquefois (on peut dire souvent) du tuf dans les articulations des femmes hystériques (3). J'ai vu en 17G5, dans le comté de Neuchàtel , une jeune
(1) Thèses medico-praclic, tom. vi, p.
(2j Bundell, Derariorîb. morb. Gcett., 1762, § 10.
(3) Traité des vapeurs, p. l'SS. Willis a un chapitre tout entier sur les maladies spasmodiques produites par dilîérents venins, un autre sur celles qui dépendent d'une âcrclé fiévreuse, un troisième sur celles que produit l'acre scorbutique.
femme qui tomba peu de temps après ses couclies, dans des vapeurs accompag-nées d'un délire continu, qui me parurent ne pouvoir dépendre que d'un Acre répandu sur le genre nerveux ; je lui conseillai les délayants les plus doux et les plus propres à rappeler la transpiration qui se faisait mal; au bout de quelques jours la miliaire parut, et dès cet instant les vapeurs et le délire cessèrent. Des convulsions périodiques furent guéries par des sueurs périodiques aux époques où les convulsions devaient revenir (i) : les convulsions n'étaient donc, dans ce c:is, que l'cflet d'une humeur acre, qui irritait le genre nerveux, jusqu'à ce qu'elle se fût portée à la peau ou évacuée par les sueurs. J'ai traité un enfant de quatre ans sujet à la râclie, qui parlait très-bien, mais qui toutes IfS fois qu'il devait se faire une nouvelle éruption , perdait presque entièrement l'usage de la parole quelques jours à l'avance.
Le lait épanché, lorsqu'il n'a point encore formé de dépôt, irrite tout le genre nerveux et produit des vapeurs qui ne finissent que quand il s'est dissipé peu à peu par les évacuations, ou déposé sur quelque partie. Une dame, qui avait depuis long-temps une dartre au front, qui disparut tout-à-coup, souffrit pendant huit jours les douleurs les plus atroces dans toutes les parties de son corps, et l'on voit tous les jours les personnes sujettes à avoir des boutons au visage, n'être bien qu'autant qu'ils existent; dès qu'ils disparaissent, elles tombent dans la langueur, la faiblesse et différents accidents. On ne voit pas toujours, il est vrai, paraître des maux de nerfs marqués, mais il n'en est pas moins vrai que c'est l'irritation des nerfs qui, troublant la circulation, empêchant la nutrition, altérant les sécrétions, et surtout Ja transpiralion, occasionne tous ces dérangements, et c'est une observation très importante, et pas assez faite, que les mêmes causes qui répercutent une humeur âce, dérangent en même temps la transpiration, et que c'est à ce dérangement, autant qu'à la disparition de l'humeur, qu'il faut attribuer les maux qui en sont la suite. On remarque souvent que la peau sèche pendant tout le temps que l'éruption a disparu, s'amollit quand les boutons reparaissent. L'application
(I) Ilippocrates de inustioriibus , p.
149, ouvrage de M, Feraud.
même d'une vapeur âcre peut produire des maux de nerfs fâcheux, par la simple inhalation. On trouve dans le Journal tics saluants, l'observation d'un homme qui, ayant eu le bras exposé à la vapeur d'un puits méphytique, en devint paralytique (1) ; et le véridique Viridet rapporte un fait qui mérite d'être cité : « Un » pasteur du voisinage m'ayant dit qu'il » connaissait les fièvres malignes par le » frémissement qu'il apercevait aux doigts » avec lesquels il avait pressé l'artère (2), )' je doutais de l'exactitude de sa remar- « que : peu de temps après, j'eus occasion » d'en connaître la vérité. Etant survenu »au printemps une fièvre maligne ac- » compagnée de pourpre, de transports » au cerveau et d'un dévoiement, qui fut » mortelle à bien des gens, je remarquai, » après avoir visité mes malades, un en- » gourdissement en l'un de mes bras, et «quelquefois en tous les deux : ce qui » m'obligea à ne toucher l'artère que » d'une main ; alors j'aperçus, outre l'en- » gourdissement du bras, un amortisse- » ment dans tout ce côté (3). »
§ C6. Si les humeurs acres formées dans la masse du sang, irritent assez le genre nerveux pour en procurer tous les dérangements, avant que d'être déposées à la peau, leurs ravages sont bien plus considérables, quand après y avoir été déposées, elles l'abandonnent, et que repompées dans la masse du sang, ou elles l'infectent de nouveau et produisent des symptômes universels, ou en se déposant sur quelque organe particulier, y occasionnent les accidents les plus fâcheux.
Les ouvrages des observateurs sont pleins de maux de nerfs produits par des éruptions répercutées (4), et presque tous les chapitres de cet ouvrage en fournissent des exemples; on en trouvera d'autres dans celui des métastases; ainsi je me bornerai à en rapporter ici un petit nombre, qui ne seraient pas placés si naturellement ailleurs. Un malade, qui avait depuis très-long-temps une douleur
(1) Journal des savants, 1607, p. 52, et Behrens, Select, difet., p. 18.
(•1) Galien avait déjà l'ail une remarque à pou près semblable.
(3) Des vapeurs, p. 91.
(4) On peut en voir un grand nombre dans Sclienklus, dans Fabri de Hilden, dans Raimond, Traité des maladies qu'il ne faut pas ^nér'ic , et dans Triller, Nulla medicina interdum opcim, medic.
ET DE LEURS MALADIES
fori vive à la jambe, et qui était, en 1768, à Plombières, pour y prendre les bains, fut obiig-é d'en partir peu de jours après y êiie arrivé, pour un voyage à Kanci, cil on lui conseilla une application grass»! et spiritucuse, qui ht disparaître les douleurs, uiais il fut attaqué d'un tremblement général, d'un bégaiement et d'un élourdissement tel, qu il se croyait au moment de prendre une attaque d'apoplexie; il se hâta de retournera Plombières ; la douleur de jambe revint, et les accidents nerveux cessèrent dès qu'elle rf|iarul. Dans ce cas, le danger ne fut que passager, parce que l'humeur se reporta sur la partie dont on l'avait chassée, et c'est ce qui rend cet exemple plus frappant; mais cela n'arrive pas toujours.
M. Monro vit un jeune homme attaqué d'une fièvre éruptive, alors épidémiqiie, à Edimbourg ; l'éruption disparut lout-àcoup, et le malade eut des spasmes dans les entrailles et des convulsions dans tout le corps, avec une douleur aiijuc au doigt du pied gauche; cette jambe se paralysa, se gangréna, et le malade périt au bout de trois mois (I). J'ai vu une fille qui eut tout le corps couvert d'une ébullilion toute simple, qui rentra tout-àcoup, et dès ce moment elle conserva une oppression continuelle, et de temps en tem|)s un spasme si violent au creux de l'estomac, qu'elle étouffait si elle ne pouvait pas pleurer ou crier. On voit, par c(.'s exemples, qu'une humeur àcre peut donner des maux de nerfs aiïreux aux personnes qui y ont le moins de disposition ; elle est, tout à la fois, cause prédisposante et occasionnelle ; mais souvent un sang àcre, sans donner des maux de nerfs, dispose seulement les nerfs à être plus facilement afleclés , parce qu'un sang de cette espèce suppose nécessairement une nutrition moins bien faite, une mucosité moins consistante, et une légère irritation habituelle dans le genre nerveux. Dans cet état, une cause d'irritation qui n'aurait presque pas eu d'action sur d'autres nerfs, peut en avoir une très-considérctble. On sent aussi combien il est important d'être très-circonspect dans le traitement des maladies cutanées, et combien il importe, en traitant des malades attaqués de maux de nerfs, de savoir s'ils n'ont jamais été attaqués d'aucune maladie éruptive, puisque les ma-
ladies de celte espèce, rentrées, sont une cause très-fréquente de tous les accidents nerveux. En général, on doit soupçonner nne àcrelé existante, quand on trouve le pouls trop vite et la peau trop sèche.
Ces disparitions d'éruption tiennent ordinairement ou à quelques causes d'affaiblissement, telles que les hémorrhagies, les diarrhées, la fatigue, l'inanition, les traitements qui diminuent trop l'action des vaisseaux; ou à quelque passion de ràmc , soit qu'elle agisse en aiTaibiiss.inl l'action nerveuse , comme le chagrin , soit qu'elle produise un spasme cutané ; ou à quelque irritation dans les organes intérieurs , ou enfin à quelque circonstance externe, soit qu'elle soit accidentelle , comme le froid, l'humidité; soit qu'elle soit une erreur de traitement, comme dans le cas que j'ai cité plus haut, et dans une multitude de cas qui se présentent tous les jours , et offrent un nombrede malades victimes ou de l'ignorance officieuse de leurs amis, de leurs parents, de leurs voisins , ou de l'ignorance impardonnable de ceux mêmes dont la vocation les oblige à être instruits de toutes les causes physiques qui peuvent nuire à l'humanité, ou de l'ignorance efifrontée et fourbe de la tourbe des charlatans, engeance destructive, assassins tolérés , dont l'existence prouve à quel point la bonne police est encore éloignée de sa perfection dans le plus grand nombre des états de l'Europe.
§ 07. On doit mettre dans la même classe que les éruptions rentrées les écoulements invétérés, soit naturels , soit artificiels , arrêtés tout à coup et sans les précautions nécessaires , ou qui cessent spontanément. Sthal cite le cas d'un ulcère au bras, desséché, qui occasionna des convulsions du même côté de la tête (1), et tous les collecteurs d'observations en fournissent de cette espèce : on en trouvera plus d'un exemple dans la suite de cet ouvrage.
§ G8. Une humeur très - acre , en irritant simplement les parties extérieures, sans aucun signe de résorption, peut occasionner des accidents nerveux fort graves. Willis cite l'observation d'une jeune personne de seize ans , à qui une chute de cheval occasionna une violente contusion au sein, qui, au bout de quatre ans , avait dégénéré en tumeur cancé-
(t) An account of inoculât. Edimb,, 1765, p. 49.
(1) De metaschematisniis morborum, §72.
reuse si doloureuse et si sensible que la malade ne pouvait dormir ni jour ni nuit : elle ne pouvait supporter ni le plus léger tact , ni même le plus petit hruit ou les plus légères secousses de la chambre. Bientôt cette partie devint un centre d'où il partait des mouvements convulsits, qui se portèrent d'abord sur l'estomac et les hypochondres , ensuite, attaquant le cerveau même, ils la jetaient dans uneanestcsie entière, qui était suivie des convulsions générales les plus ■violentes : ces accès vag'ues et irréguliers ne l'attaquaient , dans les commencements, que quand quelque circonstance occasionnait un redoublement de douleurs, mais ensuite ils devinrent habituels et l'attaquaient deux fois par jour (l ). M. Yisoni , célèbre médecin de JN'aples , a vu des convulsions, produites par l'irritation d'un cancer, si violentes (jue les articulations se luxaient (2j ; et l'on trouve ailleurs d'autres exemples semblables.
§ 69. Je n'ai parlé de l'acreté qu'en tant qu'elle irrite et produit de la douleur ou des spasmes; mais il ne faut point perdre de vue que comme il y a des poisons qui donnetit des spasmes ou des convulsions , et d'autres qui paralysent , de même il y a telle dégénération des humeurs qui peut aussi paralyser ; et si M. Yisoni a vu l'humeur cancéreuse occasionner des convulsions violentes , M.
Senae a vu cette même humeur repompée affaiblir entièrement l'action des nerfs et occasionner des défaillances , comme les virus pestilentiels (3) : ainsi, la dégénération des humeurs peut occasionner des accidents paralytiques tout comme des convulsifs.
§ 70. Fixée dans quelque partie intérieure, l'humeur acre produit les mêmes accidents. On a vu dans la première partie l'effet des poisons appliqués à l'estomac, et les poisons ne sont qu'un irritant très-âcre; et l'on a vu plus haut que des aliments ou des boissons Acres occasionnaient toutes sortes d'accidents nerveux. Les acides sont surtout l'acre qui
(1) Willis ne donne point les détails de la cure ; il dit simplement, après beaucoup de remèdes inutiles, les bains de Batli lui firent du bien ; elle se maria, eut des enfants et guérit peu à peu. Demorb. conv., ch. VI.
(2) Sarcone, Historia ragionata délia febr. epid., etc., p. 504.
(3) Liv. IV, ch. ux.
paraît le Stimulant le plus incommode pour les nerfs de cette partie : ils les rendent quelquefois si sensibles que nonseulement les aliments un peu irritants, mais même tous les aliments, à quelque petite quantité qu'on les prenne, produisent des spasmes, des crampes, des douleurs atroces. On voit tous les jours des acides donner des convulsions violentes aux petits enfants , observation quisuflirait seule pour prouver assez combien ils sont irritants pour les nerfs; et il est très-ordinaire de voir des femmes à qui une petite quantité d'acide donne des douleurs vives dans tout le corps , dans les talons mêmes, des élancements aigus dans quelque partie, des étoufi'ements , qui leur l'ont craindre de mourir sur-lechamp, des tristesses affreuses , de l'humeur, de l'inquiétude, des insomnies, des rongements cruels dans l'estomac, une chaleur brûlante à la gorge, accidents qui cessent au moment oii elles rendent une gorgée aigre , dont l'évacuation les fait passtr sur- le - champ du plus grand malaise au bien-être le plus complet. Les personnes qui sont dans ce cas ne supportent iioint les aliments susceptibles de s'aigrir facilement, tels que la plupart des végétaux comestibles , que l'on peut diviser en racines, en feuilles , en fruits et en graines : la plus petite quantité d'épinards , un quartier de pomme ou de poire, la moitié d'une pêche, s'aigrissent dans le moment , et suflisent pour occasionner tous les accidents dont je viens de parler. Le lait, que l'on peut regarder comme une nourriture végétale, étant déjà un peu animalisé , s'aigrit généralement moins que les autres végétaux , et j'ai même essayé plusieurs fois , et presque toujours avec le plus grand succès , de le donner pour toute nourriture à des personnes à qui des aigreurs opiniâtres occasionnaient les accidents les plus graves , que tous les aliments incommodaient, que les remèdes les plus doux irritaient. J'envisageais, dans ce cas, les acides comme un vrai poison, et je traitais les malades comme empoisonnés ; mais alors il faut absolument se borner à ne prendre que du lait avec un peu de pain et de l'eau, qui est la seule boisson qui puisse leur convenir. Le vin est, dans ce cas -là , un irritant presque insoutenable : il augmente les aigreurs, il donne de l'angoisse , de la tristesse , et surtout i il augmente tous les maux de tête qui i dépendent des aigreurs de l'estomac. M.
Robert rapporte une observation que j'ai
ET DE LEURS MALADIES
l1( jù citée, qui prouve bien à quel point il irrite (l). Quelquefois les acides peuvent occasionner des maux de nerfs trèsloris, sans paraître affecter l'estomac. J'ai \ Il une femme toujours Lien portante , mais qui n'avait cependant pas l'estomac (ris - fort , attaquée tout à coup , après ;i\oir mangé pendant quelque temjjs liiMiicoupde raisins, quine l'avaientpoint piuifce, de douleurs excessives, quicomiiu'iicèrent sous l'éiiaule gauche , se rép iiulirent sous le sein , montèrent au cou , et occasionnèrent des mouvements ciitivulsifs dans le bras et dans le visage ,i 1 côté gauche : les douleurs étaient si ici tes que, dans quelques instants, elles la jetaient dans le délire; et quoique le mil n'eiit duré que trois jours, le bras, m bout de six semaines, n'avait pas recouvré toutes ses forces. Eloignée des s( ( ours pendant l'accès, la malade s'était J) ornée à se faire frotter et à boire des camomilles. Il est à présumer que des absorbants , ou même quelques alcalis pendant l'accès , l'auraient considérableiinent abrégé. — On trouve dans We[ifer l'histoire d'une femme qui, ayantfaitabus i'acides dans une couche , acquit une telle sensibilité de nerfs des l'estomac qu'elle ne pouvait plus prendre le moinire acide sans avoir un évanouissement (2), et pendant long-temps, elle ne put supporter aucun purgatif.
§ 71. Une autre cause d'irritation qui d'abord n'offre pas l'idée d'humeur àcre, et qui pourrait être placée parmi les causes mécaniques , ce sont les matières glaireuses , qu'on ne serait pas porté à [croire un stimulus violent, mais qui en produisent cependant tous les effets, soit qu'elles soient dans l'estomac, soit qu'elles soient dans les intestins. Il paraît qu'elles irritent par leur volume , par leur poids , par l'âcreté qu'elles contractent quelquefois, et dont se plaignent si fort quelques-uns des malades qui en rendent, par la gêne qu'elles apportent à toutes les fonctions de l'estomac , peutêtre par une espèce de titillation , semblable à celle de quelque matière huileuse, qui est désagréable aux nerfs, peutêtre en gênant la circulation et les sécrétions dans les parties qu'elles tapissent; ce qu'il y a de certain, c'est que de quelque façon qu'elles agissent, leur
irritation sur les nerfs est très-marquée : elles produisent un sentiment de malaise habituel à l'estomac , accompagné quelquefois d'un sentiment de glace, d'autres fois d'un sentiment de feu ; une tristesse presque continuelle , des rongemenis, du dégoût , des nausées , des vomissements, des coliques, un sentiment d'engourdissement dans tout le ventre , et quelquefois dans les extrémités ou inférieures ou supérieures; on éprouve aussi des palpitations, des intermittences, des larmes intarissables, un changement singulier dans le visage , des insomnies opiniâtres , quelquefois un vrai délire, des convulsions même. Viridel vit une demoiselle chez qui ces matières glaireuses s'étaient formées à la suite de chagrins et d'occupations, et à qui elles occasionnaient des vapeurs et des défaillances : « Elle perdait le sentiment tantôt d'une )> partie, tantôt de l'autre, et quelquefois » de tout le corps; sa voix s'arrêtait tout » à coup , et elle ne pouvait parler des » jours entiers : elle se guérit à mesure » qu'il dissipa ces glaires par des dé- » tersifs et des évacuants de temps en » temps (I) , et ensuite les remèdes né- » cessaires pour en prévenir la fornia- )) tion. » Et il parle d'une autre dame travailléecruellementd'une affection hystérique , et dont l'estomac était si endolori qu'il ne pouvait souffrir aucun purgatif, quoiqu'il fiit cependant nécessaire d'évacuer de temps en temps les matières glaireuses croupissantes. Ûn jour, dans un violent accès , il fallut lui donner un narcotique, « dont l'action causa un vo- )i missement pendant vingt-quatre heu- » res, qui fut suivi d'un calme de plus » d'un mois : » ce bon succès nous engea dans la suite à lui réitérer, dans les mêmes occasions, le même émétique, qui continua à produire la même évacuation et le même soulagement (2).
M. Whytt a vu un garçon de quatorze ans sujet à un cAorea vili, pour leijuelon avait employé inutilement plusieurs remèdes, et qui se guérit parfaitement par une diarrhée spontanée, qui lui fit rendre beaucoup de glaires durcies (3). Celte cause, malheureusement très-fréquente, est en même temps très - opiniâtre : elle tient à un vice d.ins ces glandes, les plus simples de toutes , qui se trouvent dans
(1) Observations de médecine, t, ir, p. (1) Traité des vapeurs, p. 148. 65, obs. 58. (2) Traite des vapeurs, p. 220.
(2) De ciQUt. aquat. (3) P. 196.
)a troisième cellulosité de l'eslomac et des intestins , et qui sont destinées à séparer cette fine mucosité qui revêt toutes ces cavités : quand elles viennent à en séparer trop ou d'une qualité trop épaisse , elle s'amasse , s'épaissit , s'altère , et produit tous les mauvais efl'els dont j'ai parlé; les évacuants, surtout les émétiques , SDula^'cnt pour le moment; cela l'ait que les malades les aiment , mais ils ne guérissent point, ni près de là ; et les médecins éclairés les craignent avec raison ; mais cetle crainte doit avoir ses Lornes, eten interdire absolument l'usage , c'est exposer les malades à de lonq-s traitements, souvent très-inutilos , ou les mettre dans le cas de recourir à des empiriques, dont les évacuants violents les soulagent d'abord, parce qu'une évacuation était nécessaire, etles jettent ensuite dans les maux les plus fàcbeux , parce qu'après avoir ajfi d'abord sur les matières glaireuses , ils continuent à agir sur la mucosité nécessaire , sur les nerfs mêmes , et occasionnent des accidents funestes. Un premier émétique, en faisant rendre beaucoup de glaires , soulajjea une femme sujette à des coliques habituelles; le second fit meùns de bien : le troisième la jeta dans des inquiétudes , des vapeurs, des défaillances et des spasmes dont elle mourut (I).
§ 72. Une bile trop acre ou qui , en croupissant , se corrompt dans le duodénum est encore un stimulus qui occasionne très - fréquemment des maux de nerfs très-l'orts , soit en irritant siuiplementle duodénum , l'estomac, les intestins , et c'est en irritant ces organes qu'elle produit souvent dans les maladies aiguës des convulsions, qui cessent quand le malade a vomi quelques gorgées de liqueur amère, soit en repassant dans la masse du sang. J'ai rapporté plus haut l'exemple d'un malade à qui des amas bilieux donnaient des accidents véritablement nerveux, et cela est très-ordinaire : non - seulement la bile, mais toutes les cacochylies amassées dans les premières voies sont une source féconde d'hypochondrie et des maux de nerfs les plus graves. M. Whylt parle d'un enfant que quelques humeurs acres dans les intestins jetèrent dans des douleurs violentes de ventre et de tète , avec délire et perle de connaissance. La saignée et les vésicatoires ne lui firent rien : deux doses de calomélas et de rhubarbe, qui lui procu-
rèrent quelques selles , le guérirent par- ■ faitement (l).
J'ai vu une femme de vingt-sept ans i que l'on traitait depuis long-temps pour,'! lies accès de convulsions ai forts, et ac-^-| compagnes de symptômes si variés, que i plusieurs personnes les croyaient cpilep- ■ tiques, ils ne l'étaient cependant point; ■ et on avait employé inutilement une If multitude d'anti-spasmodiques ; au bout II de quelques années elle vint ici ; après un examen très-attentif, je crus être sûr que les nerfs n'étaient point fort délicats, (|ue les humeurs n'étaient point acres, et que les matières amassées dans les premières voies étaient la seule cause da mal ; des boissons délayantes rendues purgatives par des laxatifs très-doux l'évacuaient considérablement , et à mesure qu'elle était évacuée, le ventre, qu'elle avait très - gros , diminuait, les« forces aug(nenlaient et les accès devenaient plus rares, plus faibles, et ils dis-: parurent tout-à-fail au bout de quelques»! mois. Une autre femme à peu près dans i le même état , mais d'une conslitutioni plus délicate, avait les intestins si lâches, qu'il s'y amassait des quantitésimmenses d'excréments qui formaient unu volume prodigieux, que l'on aurait pui prendre pour des obstructioris ; quandi> les amas étaient faits, elle avait tous le* accidents nerveux possibles, mais ils ces-» saient après des évacuations imraensesi qui la laissaient dans une faiblesse ex-i trème ; on voit souvent des malade»
qu'une humeur bilieuse jette dans l'assoupissement , l'angoisse , l'oppression,! sympiômes qui cessent dès que l'on délaie cette humeur acre par beaucoup d'eau simple , ou qu'on l'enveloppe pai de légers farineux, tels que l'orgeat; mais celle dernière méthode n'est qu'un palliatif auquel on ne pourrait pas recourir souvent sans danger, et la première n'est point suffisante; la véritable cure consiste à corriger cette humeui par des boissons acides , ou à l'évacuei par des purgatifs doux. — Chez les sujet! très-délicats, comme beaucoup de femmes hystériques ou d'hommes hypochon dres , il siilîit d'une selle retardée poui produire des accès très - forts, — U.ini les très-grandes chaleurs, j'ai vu des ac cès d'épi lepsie revenir plus fréquemment el à celte époque les urines étaient moim abondantes, fort chargées et fétides; ci qui prouvait que leç humeurs élaien
(1) Tr. des vapeurs, p. 186.
ET DE LtORS MALADIES.
)lus âcrfs et par là même plus irri-
Sanles. — Des liunieurs acres placées lans d'atitres parties peuvent produire igaienient des accidenis nerveux trèsorts , dont on trouvera diiïérents exenilles dans le cours de cet ouvrage; on ait que le cof|uelnclie ne dépend que l'nne humeur Acre hxée sur les nerfs des tarties qui sont le siège de cette maladie; it l'on trouvera dans Viriiiet <juelqu(!s jbservalions qui méritent d'être rapporëes , quoiqu'elles ne soieut pas de la )lus grande justesse anatomique ; la prenièreest celle d'une dame âgée, qui de- )uis trois mois était travaillée jour et ;.iuit d'une inquiétude dans une petite |")nrtiedela poitrine, qui dépendait d'une icrelé épanchée dans un ganglion cor- '■espondant à celle partie; il croit que [les maux de celle espèce , des fréuiisseînenls locaux , dépendent de l'irritation le quelque plexus (1); et il attribue à me humeur glaireuse et très-âcre, dé[)0iée sur les muscles du bras droit, oiiellc brraait au-dessous du coude, sans au- !une rougeur ni tumeur , une ceinture le quatre travers de doigts, accompagnée l'un sentiment cotitinuel de froid; il atribue, dis-je, au dépôt de cette humeur icre, les accidents nerveux , trè-i-variés, [ue la malade éprouvait, et (jui avaient ous leur centre dans cet endroit; il en partait tout les jours des sensalions, comme de petites flammes , qui allaient Jusqu'au bout des doigts , avec des douceurs quelquefois si violentes qu'il sem- Iblait qu'on lui arrachait les ongles; si ce sentiment de flamme , au lieu de descendre, montait du côté de la tête, il Causait quelquefois dans la mâchoire ou à la tempe le même sentiment que si l'on Y eût enfoncé un fer rotige ; dans l'oreille, le même bruit que fait la chaîne j d'une montre montée en se cassant; le ' îmal passait quelquefois de l'autre côté de a tête, et y produisait les mêmes accilents; la malade élait tourmentée penlant deuxou trois heures de mouvements
iionvulsifs dans tout son corps; au miieu du paroxysme elle avait un appétit lévorant ; ensuite elle tombait dans une ^ospèce de fureur. Elle fut délivrée de ces accidents par le vomissement d'une quantité prodigieuse de pituite fort claire (2). 11 ajoute ailleurs que si elle soule-
(1) Traité des vapeurs, p. 84.
j (2) Ibid.. p. 151. Le remède qu'il employa était une infusion de sedum à fleurs Hanches, faite dans de la bière, don^
vait le bras, si elle parlait ou si elle chantait un peu haut, ces mouvements déterminaient un accès. Le même auteur vit un jeune paysan mélancolique, chez qui le siège du spasme élait au-dessous de la rate , dans une tumeur cutanée , large de quatre doigts et de deux lignes d'élévation , qui n'était point rouge , et ne lui faisait que peu de douleurs ; il en partait un sentiment coiffme de fourmis, à l'existence desquelles l'iuiagination frappée du malade croyait fortement, qui montaient au cou, lequel grossissait considérablement; le visage s'inflail, ces deux parties devenaient livides, le malade alors craignait d'être suffoqué ; un quart - d'heure après, la chaleur se répandait sur la poitrine et sur tout le reste du corps (l). Mais les glaires ne sont jamais plus fâcheuses que quand elles sont le foyer d'un principe acide, qui acquiert alors une fixité étonnante , et contre lequel les absorbants ordinaires échouent entièrement; souvent même ils nuisent, s'ils ne sont pas joints à des sels alcalis ou à quelque stimulus. J'ai vu cette combinaison de matières glaireuses et acides occasionner des accidents effrayants à une fille dans la force de l'âge, mais dont l'estomac était mauvais de tout temiis ; les acccidents commençaient ]iar de l'angoisse au creux de l'estomac, il en partait un sentiment de chaleur qui montait rapidement jusqu'à la gorge, la langue enflaft rapidement et si fortement que la respiration et la tète s'ernbarrassaient ; on avait craint, à différentes reprises, qu'elle ne pérît d'apoplexie ou d'étouffement ; et on l'avait saignée souvent dans les accès qui n'en devenaient que plus fréquents ; il y avait près de deux ans qu'elle élait dans cet état quand elle vint me consulter : m'étant bien assuré de la cause du mal , je dirigeai le traitement uniquement contre cette cause, et à mesure que les glaires et les acides ont diminué, les accès se sont affaiblis , se sont éloignes, et ont enfin totalement cessé; dès le commencement de la cure on n'a point réitéré la saignée.
IRRITANTS MKC.MUIQUES.
§ 73. Si les humeurs acres peuvent ir-
elle prit tous les matins pendant dix jours deux verres , qui lui firent rejeter une quantité prodigieuse de glaires acides. Ibid., p. 183.
(1) Ibid., p. 157.
riter si fortement , des irritations mécaniques produites par des corps solides n'opéreront pas des effets moins marqués; parmi ces Ciiuses, on doit placer les vers, qui ne sont point la cause de tous les maux des enfants, comme on le croit tous les jours , qui peuvent cependant occasionner très-souvent des accidents convulsifs , tels que des rongemeots, des coliques, des gonflements, des vomissements, des tristesses, des rires, des oppressions, des irritations, des irrégularités du pouls rares , de longues intermittences, des convulsions fréquentes et fortes, dont on verra des exemples ailleurs ; 'un changement marqué dans les yeux, une dilatation frappante de la prunelle; quelquefois ils font loucher, d'autres fois bégayer, très-souvent ils produisent de longs maux de têle et des vertiges habituels : je rapporte ailleurs plusieurs exemples d'épilepsie qui tn dépendaient, et on trouve dans les observateurs plusieurs maladies convulsives dont ils étaient la cause (l). Mon digne ami, M. Butini, si distingué par son génie , ses connaissances , son art d'observer, et ses succès, et qui , j'espère , ne tardera pas à faire part au public de ses observations sur les maux de nerfs, et sur d'autres objets de pratique, observations qui seront un vrai trésor pour la médecine, m'a dit, depuis l'impression du traité de l'épilepsie, qu'il avait vu les vers produire celte maladie chez un cocher qui avait l'air le plus fort et le plus robuste. J'ai rapporté dans Vwis au Peuple, le cas d'un enfant à qui ils occasionnaient des douleurs si vives dans toute la peau qu'on ne pouvait pas le toucher ; et M. Viridet parle d'une femme accablée de vapeurs, d'évanouissements, de défaillances, qui tomba enfin dans une syncope de plus de quarante heures , et à laquelle aucun remède ne fit du bien excepté un purgatif vermifuge qui lui fit rendre plus de cent vers , et la guérit : « un remède semblable guérit une fem- 3) me travaillée de vapeurs pendant le » jour , et de frayeurs pendant la nuit « (2) )). C'est aux vers qu'il faut rapporter le cas de convulsions singulières rapportées par Junker (3), et celui que l'on
(1) Journal de médecine, t. xxxiv, p.