Bosch., p. 532. Cotunn, De sedib
variol., § 33. Hôpit. nriilit., t. ii p. 468.
(2) Traité des vapeurs, p. 102,
(3) De molibus terrifiçis quibusdam.
Halœ.
trouve dans le Journal de Savants, et que l'on verra avec jilaisir ici. « Perrault » a vu une fille de vingt-deux ans, qui » régulièrement depuis deux ans avait )) tous les jours, à une même heure, une » violente convulsion qui se terminait » par un vomissement de vers avec quel- )) ques eaux. M. Perrault lui en vit ren- » dre trente, elle en rendait quelqufois » davantage; ayant remarqué que les re- « mèdes chauds qu'elle avait pris avaient 3) été inutiles, et ayant vu qu'en versant )) de l'eau froide sur ces vers, il les tuait » d'abord, il la guérit avec de l'eau à la » glace (I ). «
§ 74. On peut placer , après les vers, les vents qui, quoique l'air soit un fluide, agissent réellement comme un irritant solide, puisque ce n'est jamais que par la distension et la compression qu'ils occasionnent, qu'ils peuvent nuire; et souvent leur irritation est assez forte pour produire les accidents nerveux les plus violents, surtout si les intestins sont naturellement délic.its , ou s'ils sont déjà irrités par quelque autre cause; ce qui arrive souvent , puisqu'à moins que les flatuosités ne dépendent d'un accès d'aliments ou de boissons trop venteuses , ou d'une digestion qui se fait mal , elles sont très-souvent la suite d'une humeur acre qui produit des spasmes dans les intestins. Quoique les vents ne soient que l'eCTet d'une autre cause , il n'en est pas moins vrai qu'ils deviennent eux-mêmes cause et cause très-active, qui souvent exige des secours particuliers.
§ 75. Il n'y a aucun médecin qui n'ait vu les coliques produites par les calculs biliaires , occasionner quelquefois des convulsions, et on en observe de fréquentes dans les coliques néphrétiques.
Les convulsions qui attaquent les enfants quand les dents poussent appartiennent encore à cette cause ; et les dents gâtées dans un âge plus avancé jieuvent également produire des maux de nerfs qui résistent à tous les remèdes , si l'on n'en découvre pas la vraie cause ; un enfant de neuf ans éprouvait depuis sept ou huit mois des mouvements convulsifs de la mâchoire inférieure , " très-fréquents , très-forts , très-alarinanis , pour lesquels on avait employé inutilement tous les anli-spasmodiques ; un habile chirurgien de Lyon ayant eu occasion de le voir dans un voyage à Gex, se douta, en exa-
(1) Journal des savants, t. iV; p. 154; pour lC7a»
ET DE LEUn8 MALADIES.
minant la boncbe, île In cause ilu mal ; il arracli:) les dents et I enl'.ml fut guéri. J'ui vu (|iicl<iuel'ois qu'il l'à^e de sept .tus, ou à l'époque tie la seconde dentition , les enfants, (jui parlaient le mieux , bégayaient pendant quelque temps. L'éru[>tion des dernières dents molaires, ([uc l'on appelle ordinairement dents de sagesse , peut aussi occasionner des accidents nerveux très-graves. Alberli avait déjà vu une fille de vingt-huit ans chez qui le temps de cette dentition fut accompagné de mouvements convulsifs ( i ). Et j'ai vu sur la fin de ses jours, une personne h peu près du même âge, chez qui l'éruption des deux premièresa vait été accompagnée de douleurs de dents, de mâchoire, de lêle. Ires-vives, et de convulsions fortes et fréquentes qui s'étaient dissipées presque sans secours; six mois après , l'éruption de la troisième ramena les mêmes accidents mais plus forts ; les remèdes violents déterminèrent la fièvre la plus lâcheuse, et au bout de trois mois la malade était dans une véritable étisic pulmonaire, dont elle périt peu de jours après que je l'eus vue; depuis l'éruption de la dent les convulsions avaient fini. — Les excroissances osseuses , les tumeurs quelconques qui irritent ou le cerveau , ou les nerfs dans quelque autre partie , sont aussi des causes prédispo-' santés et occasionnelles des maux de nerfs. Une jeune fille Genevoise âgée de dix ans, éprouva pendant deux ans des convulsions très - violentes de tout le corps, accompagnées très-souvent de perle des sens; elle fut dix-buit mois aveugle sans que l'on aperçût aucun vice dans les yeux; de temps en temps elle était sourde, quelquefois muette; mais ses facultés intellectuelles ne souftrirent jamais quoiqu'elle éprouvât continuellement des douleurs vives qu'elle ne pouvait souvent pas expliquer ; tous les remèdes lurent inutiles, et la superstition commençait à accuser des causes surnaturelles, quand la maladie parut se relâcher; la malade reprit un peu de forces , elle recouvra Tusase de tous ses sens, elle put marcher, elle sortit même; mais dans le moment oii l'on commençait à espérer , les douleurs revinrent plus aiguës et accom[)agnées de spasmes si forts qu'ils la tuèrent le sixième jour. Le cerveau était tiès-saiti ; l^s dérange-
(1) Alberli , De denlibus seroiiiiis.
Halx, 1757.
ments des autres viscères n'étaient pas de nature .î occasionner tous les accidents qu'elle avait éprouvés ; mais la vraie cause du mal était une tumeur glanduleuse, et daiis plusieurs de ses parties presque cartilagineuse , épaisse de deux pouces, large de cinq et de toute la longueur des vertèbres lombaires , auxquelles elle était si adhérente, qu'on ne put l'en séparer qu'en la déchirant totalement; composée de différents tubercules durs et pointus, elle irritait les nerfs qui sortaient des lombes , et ceux des dillérents plexus du bas-ventre, irritation qui proiJuisait, et toutes les convulsions qui boulversaient tout Is corps, et les spasmes qui faisaient perdre la vue, l'ouïe et la voix (1). M. Portai rapporte le cas de madame la comtesse de Roye, qui appartient aussi à cet article : elle se plaignait de très - vives douleurs au bout du pied gauche, trois ou quatre heures après avoir mangé; tous les remèdes externes et internes furent inutiles, et l'ouverture du cadavre fit voir que ses douleurs étaient produites par la compression que l'intestin colon et les fausses côtes, déplacées par un dérangement considérable de l'épine, produisaient sur les nerfs lombaires (2). Oa verra dans le cba[iitre de l'épilepsie , cette maladie occasionnée par une petite tumeur cutanée de la grosseur d'un poisj et un homme fort goutteux ayant éprouvé de grandes douleurs de bras, elles se terminèrent par une petite tumeur dure, appuyée sur le rayon, un peu au-dessus du carpe, et fort douloureuse; il eut, dès qu'elle fut formée, une si grande faiblesse dans les jambes qu'il ne pouvait pas marcher, et il était souvent attaque de violents mouvements convulsifs dans la mâchoire inférieure. On emporta la tumeur, et l'opération ne fut pas plutôt faite, qu'il recouvra la faculté de marcher, et dès ce moment, il n'eut aucun retour de convulsions de la mâchoire.
Yiridet rapporte un fait dans lequel une bien petite cause produisit des accidenis vaporeux ; une étincelle tomba sur le poignet d'un médecin , la rougeur dura plusieurs jours; il s'y forma une croûte qui sécha et tomba ; il lui survint des vapeurs , des inquiétudes , des fatigues et
(1) Manget lui-même, Sepulcb. anatom., 1. 1, sect. 13. Append., obs. 4, t. i, p. 539.
(2) Mémoires de l'Académie royale, 1770 et 1772.
112 DES une insomnie f^iliganle qu'il ne savait à quoi attribuer ; des chaleurs passagères qu'il éprouvait qiieliiuefois dans l'en droit brûlé, le portèrent à y soupçonner quelque levin acre ; quoiqu'il n'y eût point d'élévation, il voulut ouvrir la cicatrice ; il en sortit la grosseur d'un pois de matière blanclie, et tous les accidents cessèrent (l).