‹ Œuvres de TissotChapitre 3 sur 160 · CE · texte numérisé non relu

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crelé des humeurs dont on s'est trop occupé autrefois , et à laquelle quelques médecins, irrités de cet abus, n'ont voulu donner aucune influence , sont une des causes les plus fréquentes de ces maux , et que quelquefois l'on a attribué mal à propos à des maux de nerfs des accidents qui ne sont produits que par une petite fièvre que l'uGrcté des humeurs occasionne, et que l'on augmente par un traitement chaud. Je remarque dans ce chapitre que ces mêmes causes qui disposent aux maux des nerfs sont aussi celles qui en déterminent les accès, et qu'elles se trouvent par-là même tout à la fois causes prédisposantes et causes procatarliques. Je placerai à la suite des causes morales l'examen des sympathies nerveuses, c'est-à-dire de cette liaison entre les fonctions de différents rameaux nerveux, qui fait que les lésions de l'un entraînent souvent celles de l'autre ; de façon même que celui sur lequel la cause agit immédiatement paraît quelquefois moins aÛ'ecté que celui sur lequel elle n'agit que par une suite de celle communication; communication qui existe en tout temps , qui a vr.iisemblablemetit ses fonctions dans l'état de santé, et dont ou aurait pu parler par- là même dans la physiologie ; mais elles sont alors si obscures, leurs inQueiices sur les fonctions si peu connues, qu'on les aurait peut-être toujours ignorées, si l'état maladif ne les avait pas rendues plus sensibles ; c'est ce qui m'a engagé à n'en parler que dans la pathologie , dont le dernier chapitre a pour objet les métastases nerveuses, qui paraissent dépendre beaucoup du nième principe d'organisation qui produit les sympalliiej , et par lesquelles on entend le passage d'une cause irritante d'un rameau de nerf à un autre. Dans les sympathies, il y a transport d'effet, si l'on peut employer celle expression; la cause agit dans un endroit, et l'effet se manifeste dans un autre; dans les métastases il y a transport de

PRÉFACE

causes. Il m'a été impossible de bien traiter les métaslases nerveuses sans ])arler des autres espèces, et cela a amené presque inévitablement un court parallèle entre les maladies aiguës et les maladies chroniques, parallèle qui serait intéressant et utile, mais qui demanderait à être traité avec plus de détails que je n'ai dû le faire ici. L'article sur lequel j'insiste le plus, c'est l'existence réelle des crises, et par-là même la nécessité de la coction dans ]ilusieurs maladies chroniques, même dans celles des nerfs. Après cet. exposé général des lésions des nerfs, je passe au traitement en général , et comme le traitement suppose la connais- S'Tnce, c'e«t au commencement de ce chapitre que j'examine avec la plus grande attention la différence qu'il y a entre les maladies purement nerveuses, dans lesquelles les nerfs seuls sont malades, et celles dans lescjuelles ils ne sont malades que par accident; je donne les caractères qui servent à distinguer les maux de nerfs , et j'examine aussi si ces maladies purement nerveuses dépendent constamment d'une seule cause, comme quelques médecins l'ont établi, ou si elles peuvent avoir plusieurs causes différentes, comme on le voit tous les jours si évidemment. De la variété des causes naît celle des indications, de celle dei indications celle des traitements, qui doivent être trèsdilVén.'nts ; et je donne les caractères auxquels- il faut s'attacher pour juger quel est celui qui est indiqué dans chaque cas : je lâche de rappeler à leurs vrais principes les principaux traitements, d'indiquer leurs cftets, de les apprécier, de les dépouiller de ce que l'enthousiasme leur prêle , et de leur restituer ce que l'aniraosité leur ôte. Il n'y a point de médecin un peu instruit qui ignore que cet objet important n'a point encore été traité; je fais voir les avantiiges d'un régime doux, de la diète blanche, du lait d'ànessc ; je détaille les effets des remèdes généraux, des eaux acidulés

et des eaux thermales, de l'aimant, de l'éleclricilé et de quelques autres remèdes, dont la tractation ne me paraît pas devoir appartenir plus particulièrement à quelque chapitre particulier.

Apres avoir traité tous les objets généraux, je passe au détail des maladies j on a vu dans la physiologie que les nerfs servent aux sensations , au mouvement sous lequel je comprends la circulation sur laquelle ils influent, à la nutrition , et aux sécrétions : c'est relativement à ces quatre fonctions essentielles que l'on peut envisager leurs lésions.

En tant qu'ils servent au mouvement, ou ils sont incapables de rendre le mouvement, de là des maladies soporeuses, surtout l'apoplexie et la paralysie qui appartient aussi aux vices des sensations, et le tremblement qui est une maladie paralytique; ou ils pro. luisent un mouvement involontaire, de là les maladies convulsives.

L'article de la paralysie est très-étendu ; je m'étais déjà occupé de cette maladie dans un autre ouvrage (ij, et j'en ai repris la tractation avec beaucoup de de soin : on trouvera dans ce cliai»ilre des observations sur un très-grand nombre de paralysies produites par des causes très-différentes sur diverses parties , dont les effets sont très - variés , et qui demandent beaucoup de variétés dans le traitement. On le trouvera peut-être fort long; mais ce reproche n'eu est point un, si la longueur n'est pas produite par les répétitions ou les inulililés. Je n'envisage dans le chapitre des convulsions que les convulsions en génér.il , le tétanos , le cliorcx vili, mot dont on a trop étendu la signification, les convulsions produites par des causes externes , les convulsions des petis enfants, et celles de la dentition. L'épilepsie et les con-

(1) Epislola Halleroj.de Variolis, Apoplcxia cl Ilydrope,

viilsions paiticulières des diftYicnls organes auront leurs nrlicles séparés, puisqu'il n'est pas possible de joindre toutes les uKiladies convulsives particulières au chapitre des convulsions en général , comme j'ai joint celui des ])aralysics des dillërentes parties à celui de l'apoplexie et de la paralysie en général, parce qu'elles exigent une tractnlion beaucoup plus longue.

Mais avant que de parler de la paralysie cl des convulsions, j'ai placé un chapitre sur cet état des nerfs que l'on désigne par le nom de mobilité, état exlrènicment fréquent, souvent très- fâcheux, quelquefois général dans les nerfs, d'autres fois borné à une seule paire ou même à un seul rameau; que l'on peut envisager comme une disposition prochaine k tous les maux des nerfs, et qui consiste en ce que les eflels de toutes les impressions, tant externes qu'internes, soit morales, soit physiques, sont beaucoup trop forts; et la réaction dans lis orgnnes étant aussi excessive, il en résulte des bouleversements continuels dans l'économie animale pour la plus légère cause d'irrilalion ; cet état de mobililé est celui des enfants, et il expli{]ue pourquoi ils sont si sujets aux maladies ner^ veuses.

Après avoir traité des maladies des neris comme organes du mouvement, j'examine les lésions dont ils sont susceptibles, en tant qu'ori;ancs des sensations; de là naissent la douleur, la perte des sensations et les erreurs, objets trèsintéressant et trop négligé : on trouvera dans cet article plus d'observations réunies que l'on n'en a vu ailleurs. Des erreurs des sens, je passe à la folie , que l'on peut envisager comme une fausse sensation qui sert de base à tous les jugements de l'âme, et ces jugements ne répondant pas par -là même aux objets externes, paraissent erronés à tous les spectateurs; je n'ai rien négligé pour répandre quelque jour sur les causes et le

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traitement de cette cruelle et effrayante maladie, dont il paraît que les médecins ne se sont point occupés jusqu'à présent autant qu'il aurait été à souhaiter. C'est ici où j'ai parlé du vertige, maladie qui tient aux erreurs des sens, et quelquefois même à celle des idées, qui aurait pu aussi se placer parmi les maladies soporeuscs, puisque souvent il tient à la même cause, et que quelquefois il en est le précurseur; j'ai vu plus d'une fois un violent accès de vertige accompagné d'une légère paralysie.

Les sensations doivent se faire sans douleur, et après avoir parlé précédemment de la douleur comme cause de maladies, il faut examiner en quoi elle consiste ; j'indique ses principales causes, et les remèdes qui leur conviennent; il y a de vraies douleurs nerveuses, un rhumatisme nerveux indépendant de tout autre vice; c'est ici qu'il faut en parler, ainsi que du clou hystérique.

On jugera sans doute que le chapitre des dérangements des sensations aurait dû précéder celui des lésions du mouvement; mais comme dans la paralysie complète et dans les convulsions décidées , on voit les maladies des nerfs très-nettement, il m'a paru qu'il fallait les présenter sous ces deux formes avant que de venir aux maladies qui , ([uoiqu'elles appartiennent à l'une ou à l'autre de ces classes, n'en offrent les phénomènes que si faiblement, qu'il ne serait pas aisé de les reconnaître, si l'on n'était pas déjà familiarisé avec les maladies principales.

L'action des nerfs étant nécessaire à la nutrition, si celte action est dérangée, la nutrition ne se fait pas; il en résulte ce que l'on appelle atrophie , marasme , consomption, et celte maladie est, ou générale si tous les nerfs sont lésés , ou particulière s'il n'y a que quelques branches offensées. M. Whitt est le premier qui ait traité spécialement cette matière, en tant qu'elle appartient aux maux de nerfs; mais il ne l'a pas traitée dans

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toute l'clenduc dont elle est susceptible.

Après avoir parle des dérangements qui nuisent à la nutrition , je parle de ceux qui, agissant sur les organes sécrétoircs , en troublent souvent l'action, et produisent un très-grand nombre de maladies, dont on ne traite quelquefois que le symptôme , sans apercevoir la vraie cause ; ce qui expose les malades à beaucoup de mauvais traitements, dont ils sont souvent les victimes pendant plusieurs années. C'est principali^ment dans les cas de cette espèce que les malades ne se rétablissent réellement que quand , las du peu de succès des remèdes, ils les abandonnent entièrement ; souvent alors les nerfs n'étant plus irrités par dt s secours nuisibles, et la nature, aidée ])ar un régime convenable, rétablissant peu à peu leur action, on voit finir des maladies très - fâcheuses et très - graves. C'est dans ce chapitre que je parle des tumeurs nerveuses, accident extrêmement rare; de l'état de la caroncule lacrymale, des sing'ularités des urines.

Je dois remarquer ici que les erreurs des sens tiennenlloutis au trop ou au trop peu de mouvement des esprits animaux, ou à l'irrégularité de ce mouvement; que l'atrophie dépend évidemment de l'affaiblissement ou de la cessation totale de l'action nerveuse , et que le dérangement des sécrétions tenant ordinairement à un mouvement spasmodique dans les organes sécrétoires , quelquefois à leur paralysie , il est vrai de dire , comme je l'ai déjà remarqué plus haut , que tous les maux de nerfs peuvent projircment se réduire à la paralysie et au spasme , ou à la convulsion qui est une alternative très prompte du spasme à l'état naturel, ou à la ])aralysie.

Du traitement des maladies générales, je reviens à celui des maladies convulsives particulières, en suivant exactement l'ordre des parties. La première est l'épilepsie, après laquelle je place la cata-

lepsie; mais je préviens que ce chapitre est bien court , puisque je n'ai presque

rien observé moi-même sur cette mala- (i

die très - rare partout et en tout temps , ('

que je n'en ai vu que quelques accidents, i

et que jamais je ne l'ai observée com- i

plète et parfaitement caractérisée. v

Je passe ensuite à la migraine, qui est ï évidemment une maladie des nerfs, trèsfréquente, très-fâcheuse, et qui est une c de celles sur lesquelles j'ai trouvé le p moins de lumière dans tous les ouvrages t de médecine. i

Je i)lace à la suite de la migraine un 1

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