chapitre qui renferme plusieurs obser
vations de maladies qui ont évidemment f
leur siège dans le cerveau, qui n'appar- i
tiennent iiroprement à aucune maladie 1
caractérisée, mais dont les accidents très- k
graves et très - fâcheux tiennent des pa- p
ralytiques et des spasraodiques ; qui ne li
sont point rares, et sur lesquelles il m'a li
paru important de fixer au moins l'atten- i
tion, et de répandre quelque jour qui t
serve à déterminer les vues générales du I
traitement, et qui prévienne les essais ^
dangereux que l'on fait très-souvent. i
Les veilles opiniâtres m'ont aussi paru j
mériter un article , et c'est ici sa place, i
A la suite des veilles, j'ai parlé des som- I
meils maladifs , qui , s'ils appartiennent !
par leurs pliénoniènes à la classe des ma- I
ladies soporeuses , appartiennent le plus î
ordinairementpar leurs causes à celle des '
maladies convulsives. i
Les chapitres suivants ont pour objet j les convulsions des yeux, des muscles des • joues et dts lèvres, connues sous le nom de /ic douloureux^ et celles des muscles de la mâchoire , maladie souvent trèsgrave, endémique dans quelques pays, surtout parmi les enfants , et qui se présente partout. Je parle aussi du torticolis. Je passe ensuite aux maladies spasmodiques et convulsives des parties intérieures de la bouche, du larynx, et surtout du pharynx et de l'œsophage , qui ! sont très- communes et assez graves ; il
PREFACE
f a un chapitre sur la rage, qui est évileiiimcnt une maladie convulsive ; et je raite avec beaucoup de détail , dans le îhapilre suivant , l'asllinie convulsif , naladie cruelle , et qui , comme tous les lutres maux de nei fs, me paraît être devenue plus fréquente depuis plusieurs années.
Le cauchemar, la coqueluche ou toux convulsive, les évanouissements, les palpitations, les intermittences, et les autres maladies du cœur qui ne dépendent que 3e l'action lésée des nerfs qui s'y distribuent , et j'en ai vu de très rares ; le hoijuet , les spasmes du diaphragme et de l'estomac , les coliques véritablement nerveuses , les jaunisses qui dépendent de la même cause , coliques que Sydenham a bien connues, et que l'on a mal à propos niées , sont les sujets des chapitres suivants. Je passe ensuite aux irritations nerveuses de la vessie et de la matrice : ce dernier chapitre traite des coliques menstruelles et des convulsions des femmes eu couche. Après cela , je viens enfin aux vapeurs eial'hypochondrie, ces maladies qui seules ont été l'objet de tant de traités , et qui dépendent du désordre des nerfs les plus importants du bas - ventre. Après en avoir donné une description très-détaillce , j'indique les principales opinions que l'on a eues sur leurs causes , je cherche à établir la véritable et à démêler la différence qui se trouve entre ces deux maladies, et que j'ai vues sous leurs formes les plus variées. Je donne les causes des différents caractères que l'on observe souvent dans chacune, et enfin j'indique ce que j'ai vu réussir le mieux dans ces maux , je développe les causes de leur opiniâtreté , et cette recherche conduit aux moyens de vaincre cette opiniâtreté : peut-être que cet article, bien lu par les malades, sera un de ceux qui contribueront le plus à rendre cet ouvrage utile.
.Enfin , après m'être occupé des maladies qui appartiennent proprement au
système nerveux, mot par lequel on doit entendre le cerveau et le cervelet . la moelle alonge'e , la moelle e'pinièrc , et tous les nerfs le'pandus dans tout le corps , j'examine l'influence des nerfs dans les maladies chroniques et aiguës, et surtout dans les fièvres ; et je prouve une vérité déjà connue par plusieurs auteurs, mais point assez généralement : c'est que les fièvres intermittentes sont de véritables maux de nerfs ; j'en donne l'histoire , la théorie et la pratique, et je développe les principales causes de la périodicité dans les maladies, question que je crois importante , et sur laquelle je n'ai rien vu jusqu'à présent qui m'ait paru fort satisfaisant. Je finirai peut-être par une récapitulation générale, dans laquelle je présenterai en abrégé les diflerents objets essentiels de tout cet ouvrage, et surtout les principales vérités pratiques que l'on doit toujours avoir sous les yeux, quand on traite les maux de nerfs.
Partout j'ai cherché à être clair et à ne rien omettre de ce qui m'a paru pouvoir être utile : j'espère que ceux qui savent et qui sauront davantage rempliront un jour les vides de cet ouvrage, et , profitant des lumières que le temps donnera sur ces matières, comme sur tous les autres objets de physique , corrigeront les fautes qui me sont échappées, et perfectionneront ce que j'ai commencé ; mais j'ose croire que, en attendant mieux, cet ouvrage, tel qu'il est , sera utile , et plus utile peut-être en montrant ce qu'il faut éviter qu'en indiquant ce qu'il faut faire. Au moins il est certain que dans le grand nombre d'histoires des maladies de nerfs qui ont passé sous mes yeux j't n ai trouvé plus de la moitié qui avaient été produites ou qui étaient entretenues par des erreurs de traitement.
L'analyse que je viens de donner ne présente qu'imparfaitement les objets dont je traite, puisqu'il y a plusieurs maladies nerveuses qui tiennent si étroitement à d'autres qu'il est impossible de
PREFACE
les séparer. Le chapitre des causes physiques tl celui des reniciles en gciicral sont surtout ceux où il y a le plus de choses qui ne paraissent pas, au premier coup d'œil , devoir s'y trouver, et parmi lesqueHes il y en a qui pourront donner des vues utiles aux personnes appelées à exercer la médecine , sans avoir eu les occasions ou la facilité de réfléchir allenlivemeiit à l'action de tous les moyens qu'elles emploient : c'est ce manque d'attention sur les effets de ce que l'on ordonne qui me paraît être la cause de cette multitude d'erreurs qui se commettent tous les jours en médecine , et qui font tant de mal.
Qu'est ce qu'il y a a changer dans ce malade que jesi'is charge de conduire?
Qu'ope'rera ce que je vais lui ordonner? Voilà les deux questions que tout médecin devrait se faire , les deux questions sur lesquelles roule toute la pratique de la médecine, et auxquelles j'ose dire qu'il est possible de répondre avec plus de certitude qu'on ne le croit ordinairement ; mais j'avoue avec un vrai regret que l'on pourrait aussi demander combien y a-t-il de médecins qui se les proposent, et combien qui puissent y répondre (l)avec cette justesse qui est nécessaire pour s'assurer au moins de ne jamais nuire : et ne pas nuire doit être le premierobjetde la médecine : on peut toujours espérer, avec quelques lumières et de la sagesse , de le remplir. Être utile n cst pas un bonheur aussi fréquent : il y a des cas difficiles dans lesquels les
(1 ) Il faut que chaque médecin ait présente cette belle remarque de M. Boerliaave, l'un de ceux à qui sûrement elle était le moins applicable : « Je trouve toujours, dit-il, des explications de tous les phénomènes à donner à des malades ignorants, très-satisfaisantes pour eux ; mais j'ai souvent une très-grande difficulté à m'en rendre compte à moi-même.»
Prœlect. adinst., t. vi.
moyens de guërison ne peuvent pas être aisément saisis ; il y en a dans lesquels P"' l'art n'a plus de ressources : les maux de^" nerfs en offrent trop souvent des exemples , et alors il faut avoir le courage de les abandonner à celles de la nature , à qui l'on ne donne pas toute la confiance {[u'elle mérite , parce que l'on ne s'oc cupe point assez à connaître sa marche el à apprécier ses forces ; le manque de lu mières sur cet article est une autre source d'erreurs dans l'exercice d'une science dans laquelle toutes les erreurs sont mal heureusement de conséquence. Je me féliciterai si cet ouvrage peut contribuer à en prévenir quelques-unes, et je serai sincèrement reconnaissant poui ceux de MM. les médecins qui voudroni bien m'indiquer , avec cette honnêteté que l'amour du vrai et du bien devrai toujours inspirer, celles qui peuvent m'ê tre échappées dans un ouvrage tel qui celui-ci. Je l'ai destiné aux médecins par-là même je n'ai liù. en retrancher n l'historique des découvertes , ni les dis-t eussions, ni les petits détails, ni les cita fions que j'ai déjà justifiées dans la pré face d'un autre ouvrage, ni les notes, qu sont souvent indispensables pour exposa des points de doctrine nécessaires à Vé claircisieuient du sujet, et déplacés dan le texte. Tous ces articles sont important pour ceux qui se vouent à l'élude et à 1. pratique de la médecine , ils sont super flus et même incommodes pour les au^ très lecteurs ; mais ce n'est pas pour ce derniers que j'ai écrit, et l'on ne doitja mais juger un ouvrage que d'après le bu de l'auteur.
Après avoir établi des principes qu j'ai crus vrais , je leur ai comparé toute les opinions avant que d'en adopter au cune, et quelquefois j'ai do inémes rai sons; d'autres fois je lésai supprimées pour éviter des longueurs qui n'auraien rien appris; mais toujours en rejetan les opinions j'ai évité tout ce qui pour lait faire de la peine à leurs auteurs , e
PREFACE
fl partout je lue suis fait un plaisir de rentre justice et de payer le tribut d'éloges j tuxquels ont droit ceux qiii m'ont fourni j les lumières sûres. Quand j'ai proposé nés propres conjectures , sans pouvoir m'en démontrer la vérité , je ne les ai amais données que pour des conjectu-
res, avec le ton du doute et avecle désir le plus vrai d'acquérir des connaissances plus sûres sur des objets qui sont tous de la plus grande importance. Je finis celte longue préface en disant avec la plus grande sincérité : Si qiiid novisli rectius istis, candidiis imperti.
ET
DE LEURS MALADIES