‹ Œuvres de TissotChapitre 33 sur 160 · ES · texte numérisé non relu

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maladie a élé bien trailëe, à mesure que les forces reviennent, les accidents nerveux disparaissent , et au bout d'un certain temps , les malades en sont aussi exempts qu'avant leur maladie. Ainsi les dérangements que les malades éprouvent ne sont que passagers , piirce que , dans un corps bien organisé, quand la maladie n'a laissé que la faiblesse, à moins qu'elle ne soit extrême ou le malade très - âgé , les forces se réparent toujours et la machine revient à son premier état. Mais il n'en est pas de même quand la maladie a été mal terminée, que les crises ont été imparfaites , et qu'il est resté ou de l'âcreté dans toute la masse des humeurs ou un foyer d'ii'ritalion dans quelque partie particulière , soit par le dépôt de l'humeur acre , soit par mie dénudalion de quelque partie importante , qui peut être la suite de la maladie ou des remèdes, ou enfin par un aifaiblissement de quelque organe important plus grand que celui des autres parties , parce que quand la faiblesse n'est pas en même proportion pour tous les organes , souvent ceux qui sont les plus affaiblis le restent toujours.

§ 90. La compression que les nerfs éprouvent par l'enflure de quelijue partie enflammée peut encore produire des accidents nerveux, et c'est sans doute de quelque circonstance de cette espèce que dépendait la paralysie du bras gauche que Galien observa après une forte inflammation de poitrine, mais qui fut très-passagère (1). C'est à la crise imparfaite de l'àcre fiévreux irritant qu'il faut rapporter principalement les afteclions nerveuses qui succèdent aux fièvres éruptives, telles surtout que la miliaire ou la fièvre écarlaline, qui sont celles dont l'àcre , plus subtil et plus versatile , si je puis me servir de ce mot, laisse le plus d'accidents nerveux. J'ai vu un ancien officier, l'homme naturellement le plus ferme, accablé de tous les accidents et de toutes les faiblesses des femmes hystériques, et des craintes les plus funestes des hypochondres , dont le mal avait commencé six ans auparavant par une fièvre miliaire , qui lui laissa une grande mobilité. Deux ans ensuite, un retour de la même maladie fit faire de très - grands progrès au mal; enfin, une troisième attaque , deux ans après la seconde , le mit dans le triste état dans lequel je le vis.

(1) De locis afTectis, liv. iv, cbap. vu. Chart., t. vil, p. 464.

NERFS

J'ai aussi été consulté par une femme qui, après une fièvre écarlaline très - forte, accompagnée d'un violent mal de gorge, était tombée dans une telle mobilité que la plus petite émotion lui donnait surle-champ les palpitations les plus violentes , et des convulsions qui fermaient les doigts avec t:int de force qu'il élait impossible de les ouvrir; ils devenaient en même temps extrêmement enflés et livides.

§ 91. La dénudalion des intestins par la destruction de leur mucosité pendant le cours de la fièvre laisse dans les nerfs de ces parties une sensibilité qui , se communiquant aux nerfs de toul le corps, les jelte dans l'état le plus misérable ; et j'ai connu sur la fin de ses jours un homme qu'une dysenterie mal traitée vingt ans auparavant avait réduit à l'état d'hypocliondrie le plus fâcheux , qui véritablement avait été aggravé par les remèdes toniques et échauffants. 11 avait un symptôme singulier, c'était une pusillanimité si grande quelques heures après le repas qu'il avait des frayeurs continuelles et ne cessait de fondre en larmes pendant que cet état durait.

§ 92. L'humeur âcre de la coqueluche, qui est souvent une maladie chronique, est aussi une cause fréquente , quoique ])eu remarquée , des maux de nerfs. Ses effets pendant que la maladie dure sont entièrement convulsifs, aussi on doit la placer parmi les maladies nerveuses ; mais après même qu'elle a cessé , si elle n'a pas été très-bien conduite, elle laisse des maux de nerfs qui durent des années, quelquefois toute la vie ; et j'en réserve les exemples pour le chapitre oii je traiterai de celte maladie. Je passe actuellement aux maladies chroniques, dernière cause physique des maux de nerfs.

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