‹ Œuvres de TissotChapitre 39 sur 160 · DE LA TRISTESSE · texte numérisé non relu

DE LA TRISTESSE

§128. Chagrin et tristesse ne sont, dans le premier sens des mois , qu'une même chose ; mais le chagrin désigne ordinairement une tristesse vive, subite, et d'autant plus forte qu'elle est imprévue; la tristesse est durable : c'est un chagrin prolongé ; on dit : cet événement lui a fait le plus grand chagrin , et sa tristesse se soutient. L'âme occupée d'une idée triste paraît abandonner le corps, toutes les fibres tombent dans le relâchement, l'action du cœur s'affaiblit, le pauls se ralentit , il est languissant , petit, souvent intermittent; on a des palpitations, on éprouve quelquefois un froid extrême; on se sent le cœur serré, parce qu'il est trop tendu, son action est troublée , suspendue , ce qui donne des défaillances; quelquefois même elle est totalement et mortellement arrêtée. Le poumon s'engorge , on est oppressé; et dans les cadavres des personnes tuées par le chagrin , on a trouvé le cœur et les ])oumons surchargés de sang (2); ou si le cœur est serré par le. spasme , ce sont les oreillettes et la veine-cave qui se dilatent, comme l'a remarqué M. Sénae.

M. Lieutaud a vu la veine - cave mon-

(1) Silvius, Prax. medic-, 1. m, ch. jii,

(2) Boneii, SepuUhr., t, i, p. 899.

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