ARTICLE
§ 1. Telle est l'admirable constitution de l'homme et de l'animal, que ces parties, dont les fondions paraissent si différentes , sont cependant enchaînées de façon qu'elles influent toutes , du plus au moins , les unes sur les autres : cette vérité a déjà été vue , et son importance bien appréciée par les premiers médecins. Hippocrate l'a exprimée avec son énergie ordinaire (2) ; et il n'est que trop démontré par une multitude de faits qu'il n'y a aucune partie du corps qui , fortement irritée , ne puisse irriter tout le corps. Mais, outre cette harmonie générale, il y a différentes parties qui ont entre elles une liaison plus étroite , qui sont unies par différents moyens, de façon que l'état de l'une influe d'une façon très -marquée sur l'autre, ou au moins est altérée par les
(t) Traité des affections vaporeuses, t. ii, p. 440.
(2) iuppoia p.t«, Zup.7rota pta, EupiTra- Bsi.a. Travra. De alim. de loci in homine. Fœsiiis, p. 408; il dit que chaque parlie du corps peut entraîner la maladie d'une autre.
NERFS
changements qu'elle éprouve : c'estla force du sympath.iaà.esG!Tec!i et Aw consensus des Latins; et elle en souffre quelquefois au point que l'effet est beaucoup plus marqué sur la partie en sympathie que sur celle qui est primitivement affectée : c'est ainsi que le c;ilcul des reins , oii on ne le sent pas, occasionne quelquefois des vomissements continuels, et que des aigreurs dans l'estomac, oii elles n'occasionnent aucune douleur, donnent des douleurs de tête , des vertiges , des convulsions , à une femme délicate (1). Les symptômes alors ne désignent point la partie véritablement malade, et il est aisé de comprendre à quelles erreurs dangereuses on serait exposé , si l'on n'avait j)as une idée nette de cette loi du corps animal qui produit les maladies sympathiques , et si l'on n'avait pas des moyens de distinguer celles qui ne le sont pas; on comprend encore combien il est important de savoir que le vomissement peut avoir sa cause dans les reins, et que le vertige peut dépendre de l'estomac; et combien il est nécessaire de distinguer les maladies de cette espèce de toutes les autres. Pour cela , il faut faire connaître les causes différentes de ces sympathies, donner des observations sur les différents effets qu'elles produisent, indiquer en même temps les caractères auxquels on peut les reconnaître , et remarquer les attentions de traitement qu'elles exigent. Plusieurs auteurs ont senti l'impoi tance de cette matière et s'en sont occupés. Hippocrate avait déjà vu que l'inflammation du diaphragme occasionne la frénésie, et que les nerfs du pied irrités produisent des convulsions générales. Arélée en donne des exemples tirés des maux de reins etdel'épilepsie. Galien en a observé plusieurs, et a surtout remarqué la prodigieuse influence de la partie supérieure de l'estomac sur la tête : si elle est irritée , il peut, dit - il , en résulter des léthargies , des convulsions, l'épilepsie , et même la cataracte. Il avait aussi très-bien vu la sympathie entre l'utérus et l'estomac. Cœlius Aurelianus a aussi prouvé la grande
(1) « Consensus est physicus partium corporis humani sentieritium nexus, quo una earum graviter affecta et mulata, aliis cum ipsa nervosque connexis , simul insignem affert niulationem. » Bucliner, T>e miitna uteri cum ventriculo consensione. H al., 1753, § 4.
influence de celte dernière partie sur tout le corps. Fernel a placé dans sa Pathologie un chapitre de morbo per consensuni. Ballonius donne des exemples de maladies sympathiques.et avertit qu'on doit prendre biengarde à ne pas appliquer les remèdes sur la partie qui ne souffre que par sympathie. Amb. Paré en a conservé un bel exemple , en rapportant l'histoire de la piqûre du nerf du bras de Charles IX , à qui cette piqûre donna des convulsions. L. Mercatus a aussi quelques observations. Sennert en parle en traitant des différences des maladies. Rivière en parla plus au long après lui ; mais C. Pison est le premier qui ait établi bien distinctement que beaucoup de phénomènes que l'on ne pouvait pas expliquer, dépendaient du consensus entre les différentes parties auxquelles la sixième paire se distribue , et qu'il suffisait d'en suivre la distribution pour s'en assurer (1). Quarante ans après lui, Villis, qui avait du génie, qui était anatomiste et praticien, et qui, le premier, a vu toute l'étendue de l'influence du genre nerveux sur toutes les fonctions animales, indiqua plusieurs exemples de sympathies.
Vieussens consacre un chapitre à examiner celles qui dépendent de la huitième paire , et un à celles qui viennent de la sixième. Morton, Valentini, EtmuUer, le chev.ilier Sibald, en parlant des maladies d'Ecosse (2), Bagiivi , en différents endroits, en traitent aussi (3); mais celui
(1) De morb. a colhiv. seras., p. 1.50.
(2) Scotia illustrata sive prodromus historiée naluralis, fol. lîdimb., 1696, p. 46.
(3) Bausner et non pas Baumer, comme je le vois dans un ouvrage moderne sur les sympathies, donna, en 1656, un petit ouvrage. De conscnsu; mais il a eu un autre but que celui d'écrire sur l'espèce de sympathie dont traite cet article; il s'est proposé , et ce but était utile , de faire voir les secours que différentes parties se prêtent réciproquement ; de montrer comment plusieurs concourent à la fonction d'une seule; comment toutes les parties travaillent pour toutes : consensus chez lui , signitie concours et non pas sympathie, qu'il désigne par le mot consensus occidtus , qui n'est pas son objet, mais dont il parle cependant occasionnellement dans quelques endroits.
Irrité contre les facultés qui étaient alors le grand agent des écoles et par lesquelles on expliquait tout, mais qui, selon Bausner, n'expliquaient rien, et étaient incapables d« satisfaire quelqu'un qui aime
qui , le premier, a traité celte matière dans un ouvrage particulier, estM. Réga, professeur en médecine et très - habile médecin à Louvain : il publia en 1721 un ouvrage très bien fait, dans lequel il donne une notice de ce que l'on trouve sur ce sujet dans les auteurs qui l'ont précédé; il traite ensuite de la sympathie en général , et après cela il passe au détail des sympathies des principales parties avec toutes les autres : il commence par la tète , et il insiste particulièrement sur la sympathie de l'estomac, qui est celle qui est la plus marquée. Cinq ans plus tard , IVI. Senac donna sur les mouvements sympathiques un chapitre trèsbien lait et très-intéressant , qui , après quarante ans , a passé tout entier et sans aucune amélioration dans l'Encyclopédie, et que l'auteur du Dictionnaire raisonné d'anatomie et de physiologie a copié exactement. M. Boerhaave traite la même matière dans ses leçons sur les maux de nerfs. M. Hoffmann , trop peu prisé aujourd'hui, en a traité très -habilement, et M. Kaau Boerhaave, dans son ouvrage sur V Inipetum J'aciens, développa la doctrine de M. Boerhaave. M. Whyt a fait de cette matière le premier chapitre de son ouvrage. M. Meckeladonné fort en détail l'histoire des sympathies qui dépendent de la cinquième paire. M. Haller assigna cinq causes à ce consensus dans ses Primce lineœ ; et deux ans après, cette matière fut traitée frès-mé- Ihodiquement , et d'après ses principes , dans une thèse soutenue sous sa présidence (1). Depuis lors, il a paru quelques autres dissertations sur différents points de cette doctrine : celle de M. J . - H. Rahn (2) mérite d'être distinguée de toutes les autres, et doit être conservée.
la vérité, il chercha, dans le concours de l'action des différentes parties, l'explication des fonctions que l'on attribuait à la faculté d'une seule, et le titre même de son ouvrage l'annonce. Batli. Bausneri, De consensu partium corporis humant, lib. IH, in quitus ea omnia , quce ad quamque actionem , quoquo modo in homine, concurrunl, recensentur, actionum modus, ut et consensus ratio explicalur, adeoque universa hominis œconomia traditur. ln-12. Amst., 1656. Bausner n'était pas médecin.
(1) Dan Langhans, De consensu partiUm.
Gœit., in-4°, 1749.
(2) Mirum inter caput et viscera abdominis commercium, Gœtt., 1771.
164 »ES § 2. Jd ne me propose ici de traiter que (les sympathies nerveuses, supposé même q'i'il y en ait d'autres; mais je présenterai cependant en peu de mois toutes les causes admises par M. Haller : Il paraît, dit - il , que ces sympathies , si célèbres dans la pratique de la médecine, dépendent : )" de la communication de tous les vaisseaux, qui fait que quand les humeurs sont repoussées de quelque partie, elles se portent en trop grande abondance sur une autre, comme quand le froid de pied donne mal à la tête ; et comme cette communication s'étend à toutes les espèces de vaisseaux, et que l'absorption d'une humeur, pompée dans une partie et portée sur une autre, produit le même eftet que le reflux mécanique , on comprend , et l'on voit tous les jours , que cette cause peut opérer beaucoup d'effets différents; mais il faut bien faire attention que plusieurs de ces effets appartiennent plutôt aux métastases qu'aux sympathies. 2» De l'analogie entre l'organisation et les usages de deux parties, d'oii il résulte que les mêmes causes produisent sur l'une et sur l'autre des changements semblables : c'est de là que dépend le rapport entre l'utérus et les mamelles; rapport attribué depuis Galien à l'anastomose des épigastriques et des mammaires, mais qui ne peut presque jamais en dépendre. Je remarquerai, sur cette seconde cause , que cette sympathie ne répond pas précisément à l'idée qu'on doit avoir des sympathies, puisqu'ici une partie ne souffre pas précisément parce que l'autre souffre; mais elles souffrent en même temps, parce qu'étant analogues dans leur structure et destinées aux mêmes fonctions , les mêmes causes les affectent l'une et l'autre. C'est 3 ce principe que M. Haller attribue un phénomène qui se présente trop souvent en pratique , c'est que l'engorgement d'une glande conglobée est suivi de l'engorgement de toutes les autres; c'est encore à l'analogie entre les vaisseaux exhalants de la peau et des intestins qu'il attribue les diarrhées qui surviennent à la suppression de la transpiration ; mais il faut avouer que c'est plutôt ici une métastase ou une crise succédante qu'une sympathie. 3° De la continuité de» membrimes , et de là naissent le prurit du gland quand on a la pierre dans la vessie , l'utilité de la diarrhée dans la surdité, et la démangeaison du nez quand on a des vers : le premier et le dernier exemple appaftiewaÇût vériiablçmeat aus
sympathies , mais la diarrhée qui emporte la surdité est une véritable crise ; et dans les deux autres cas , n'est-ce pas des nerfs que dépend ce qu'on attribue à la continuité des membranes? Si ces membranes n'étaient pas tapissées de nerfs, ces sympathies auraient-elles lieu? M. Senac ne Ta pas pensé , et il rejette absolument les sympathies par les membranes, qui perdant, dit-il, tout sentiment dès qu'elles sont dépouillées de nerfs, ne peuvent point être la cause des accidents qui s'étendent d'une partie à l'autre ()). M. Kaau paraît avoir pensé comme M. Senac; M. Whytt est dans la même idée , et dit très-positivement que toutes ces sympathies , attribuées par beaucoup d'auteurs à la toile cellulaire, aux vaisseaux sanguins ,- aux membranes, à la similarité des parties , si on les examine attentivement, paraîtront toutes ou dépendre des nerfs ou n'être point de vraies sympathies (2). Il paraît même qu'il ne peut y avoir eu ici de différence que dans la façon de s'exprimer, et non pas dans celle de penser, et aucun physiologiste n'a voulu dire que la communication de sentiment se fit d'un endroit à l'autre autrement que par les nerfs.
4" Des nerfs et de leurs anastomoses : c'est à cette classe qu'appartient l'agacement des dents qui est la suite de certains bruits , parce que les anastomoses de la cinquième paire avec la septième sont cause que les sons qui affectent celle - ci d'une certaine façon, agissent sur la première; c'est delà même cause que résulte ce que l'on observe souvent, que l'affection d'un œil agit sur l'autre (3), et n'agit pas de même sur l'oreille; c'est encore par la même raison que la pierre dans les reins donne des vomissements.
5° Du cerveau même , qui est le centre des communications nerveuses ; et l'on verra plus bas que c'est proprement la seule. De là vient que l'irritation d'un seul nerf produit des convulsions dans tout le corps, et qu'un vice local dans
(1) Anatomie d'Heister, les mouvements sympalliiques.
(3) Si , quand un œil est malade, l'autre le devient aussi , cela îie dépend-il pas principalement de ce qu'étant parfaitement semblables , les mêmes causes ont les mêmes influences? Ce qui rangerait cette sympathie parmi celles de la seconde classe.
ET DE LEURS MALADIES
les exlrémités peut produire l'épilepsie )a plus forte. Il est aisé de voir que ces deux classes ne diffèrent proprement , dans l'idée même de ceux qui les admettent toutes, que par le degré : une cause médiocre produira une afFection sympathique dans les nerfs les plus voisins ; plus forte , elle entraînera tout le genre nerveux. I,a pierre duns les reins qui produit le vomissement peut aussi produire des convulsions générales; et chez quelqu'un qui a le genre nerveux Irèsdélicat, ce même bruit aigre , qui ne produit ordinairement que le grincement des dents, peut jeter Ions les muscles dans des convulsions très - fortes. 6° La dernière espèce de consensus est celle qui se fait par le tissu cellulaire, qui est étendu presque dans tout le corps , et dont les affections dans une partie se communiquent souvent de proche en proche dans toutes les autres : à cette classe appartiennent la plupart des hydropisies , les routes cachées et obscures du pus, ces exlravasions qui passent d'une partie à l'autre , l'extension rapide et ])rodigicuse de l'emphysème ; mais j'avoue que le mot sjmpalhie ne me parait pas exact ici : il n'y a proprement même jamais synipai thie , c'est ou extension du siège de la maladie : ainsi, quand, dans l'anasarque, le tissu cellulaire du bas de la jambe est infiltré , l'infiltration monte plus haut; ou transport d'une partie à l'autre, comme quand, par le séjour au lit, les jambes désenflent en partie, et le tissu cellulaire de la têle ou du cou s'engorge.
§ 3. On voit, par les réflexions que j'ai faites en rapportant ces dilieientes classes de sympathies, qu'il y en a plusieurs qui appartiennent plutôt aux changements, aux extensions, aux transports de maladies, qu'aux sympathies dans le vrai sens de ce mot : ce n'est vraisemblablement que les nerfs seuls qui peuvent produire de vraies sympathies (l); et y en eût - il réellement d'autres , ce sont les seules dont je doive m'occuper ici. En
(l) M. Haller a sans doute eu lui-même celle idée, puisqu'il demande, « An symp.TlIiiaî pariium a nervis? • et répond : « Sic videiur ex morbis hystericis, eic. » De origine nervi intercost. , thes. 5. Hoffmann n'admellait, d'aprf's Etmuller, que des sympathies nerveuses; Zypœus, avant Etmuller, avait aussi rejeté les autres causes; et M. Whytt n'en reconnaît, et prouve qu'il n'y en a proprement point d'autres.
présentant les principaux exemples de mîilailies sympathiques, on pourrait les ranger ou selon l'ordre des différentes paires ( c'est la méthode que l'on a suivie dans une dissertation soutenue à Vienne [l]) ou les rapporter aux trois ])aires sympathiques : la cinquième, Tinlcrcostale et la huitième, eu suivant Vieussens et RI. Meckel , dont le premier a détaillé celles de la sixième et de la huitième paire, et le second celles de la cinquième , à laquelle il attribue cinq usages très-importants : a d'établir un commerce étroit entre la face, le tronc et les extrémités; b d'établir ce même commerce entre les parties vitales et les différentes parties de la tête; c d'opérer les changements du visage dans les passions; d de contribuer à la perfection de presque tous les sens ; e d'opérer les mouvements des muscles du visage (2j ; ou enfin les rapporter aux différentes parties , et c'est l'ordre qui a été le plus généralement suivi , et qui est peut-être le plus commoi.!e pour les praticiens ; mais, pour éviler les répétitons, il ne faut s'astreindre trop servilement à aucun. Je les rangerai sous les quatre articles suivants : des sympathies du cerveau et de celles des autres parties de la tête, des sympathies de la poitrine, de celles de tous les viscères renfermés dans le bas-ventre, qui sont les plus nombreuses, de celles des téguments ou des parties externes, parmi lesquelles il y en a de très-frappantes.
ARTICLE II. — DES SYMPATHIES DU CERVEAU ET DES AUTRES PARTIES DE LA TETE.
§ 4. On peut envisager le cerveau comme la racine de tous les nerfs , et par là même il n'y a aucune partie qui ne puisse être lésée, si le cerveau se trouve lésé lui-même dans les endroits d'oîi les nerfs qu'elle reçoit tirent leur origine : ainsi, on peut établir que tout le corps sympathise avec le cerveau, mais on peut cependant aussi remarquer que cet organe a une sympathie plus étroite avec certaines parties, celles sans doute qui ont plus de nerfs, et dont les fonctions souffrent un dérangement plus considérable par les lésions des nerfs. Celte sympathie générale du cerveau avec tout le corps, et de tout le corps avec le cer-
(1) Eggcr, De conserisunervorum,
(2) De quint, par, nervor., § 107.
veau , mërite d'autant plus notre attention qu'elle est sans doute l'a base de toutes les sympathies parliculières, comme je le prouverai tout à l'heure , et qu'elle opère les plus grands effets. On verra dans les chapitres des convulsions, du tétanos , et surtout dans celui de l'épilepsie, qu'il n'y a aucun viscère et aucune partie externe dont l'irritation ne puisse produire ces maladies. On a déjà vu dans la première partie de cet ouvrage , et l'on verra dans plusieurs autres chapitres, que l'irritation du cerveau, soit artificielle, soit maladive, peut produire des convulsions ou la paralysie de toutes les parties , et qu'à mesure que celte cause s'étend dans le cerveau , ses effets s'étendent à proportion dans les parties : c'est ainsi que Riolan vit un malade qui eut d'ahord des douleurs de tète atroces, qui devint ensuite aveugle, tomba après cela dans une incontinence d'urine , fut au bout de peu de jours paralytique du pied droit , ensuite du gauche, et finit , au bout de peu de temps, par une paralysie générale ou une apoplexie mortelle (1). Wepper vit aussi une paysanne qui , en chargeant une trop lourde masse de foin sur sa tête , sentit quelque chose se rompre dans son cerveau : depuis lors, elle eut peine à retenir ses urines. Quelque temps après, elle ne put plus se soutenir sur le pied gauche; ensuite elle devint paralytique de tout ce côté, et en même temps elle se plaignait de vertiges et d'un mal de têle, dont elle sentait que le siège élait dans le côté droit , ce qu'il faut remarquer; enfin, elle tomba dans une suite de maux dont elle mourut : tous ces maux dépendaient d'un abcès dans le ventricule droit du cerveau (2). Les épanchements dans le cerveau après des plaies, des chutes, des contusions, mettent tous les jours sous les yeux des médecins les lésions les plus étonnantes dans toutes les parties , occasionnées par la compression ou l'irritation des nerfs dans telle ou telle partie du cerveau. Ces faits et beaucoup d'autres . semblables prouvent que tout le corps peut souffrir quand le cerveau est malade, et que le cerveau sympathise à toutes les parties : c est la sympathie la plus universelle. Mais les sympathies particulières , celte sympathie qui fait vomir quand on a la pierre au rein, ou tousser quand on a des
(1) Ayilropograph., 1. ii, ch. xxv.
(2) Histor. ajwplect., hist. xiv, p, 558.
acides dans l'estomac ou quand on touche le fond de l'oreille, tiennent-elles à cette même sympathie, ou dépendent ■ elles de l'union de différents rameaux de nerfs au-dessous du cerveau par les anastomoses, les plexus et les ganglions.'' L'un et l'autre de ces systèmes ont eu leurs défenseurs : le premier paraît avoir été celui deWillis (1 ), et le dernier est celui de Vieussens , qui, ayant beaucoup observé les unions différentes des nerfs, avait assez naturellement pu penser que ces union? particulières, qui, correspondantes aux sympathies particulières, paraissent arrangées pour les produire , en étaient les véritables causes (2). M. Perrault n'adopta cependant point ce système, et il établit que toutes les sympathies sefaisaient par l'intervention du cerveau; et en J736, M. Astruc donna une bonne dissertation pour prouver que les sympathies n'avaient lieu que par le cerveau (3) ; mais M. Boerhaave , MM.
Berghen , Wallber, Vater, Bucbner (4), M. Meckel même, adoptèrent le système de Vieussens, qui, pendant long-temps, a été assez généralement reçu. On doit à M. Van Swieten la justice de dire que, quoiqu'en général il fût très-attaché à la doctrine de son maître , il a très-bien jugé , et vraisemblablement sans avoir connaissance de ce qu'en avaient écrit MM. Perrault et Astruc, que ces sympathies se faisaient par le cerveau (5), puisque les nerfs n'avaient point de communication de leur substance médullaire ailleurs. Et M.Kaaunie aussi absolument qu'il puisse y avoir aucun consensus entre les différents nerfs , autrement que
(1) Comme il n'a point traité la question expressément, et que, dans quelques endroits, sa façon de s'exprimer est un peu équivoque, on conjecture ce qu'il a pensé plutôt qu'on ne peut le décider.
Morton paraît avoir cru qu'elles ne se faisaient que par le cerveau.
(2) Vieussens est positif; il croit que les mouvements convulsifs viennent trôsrarenient du cerveau, mais qu'ils naissent des ganglions, p. lOO, 19), 192, etc. Ce système est insoutenable.
(.>) An sympathia a certa positione nervorum in sensorio communi. Paris , 1756.
(4) De consens, primar. viar. cum péri' met. corpor, § 5, où il admet les ramifications nerveuses pour cause des sympaliiies particulières.
(5) Aplior. 711, t. Il, p. 553.
ET DE LEURS MALADIES
par le moyen du cerveau (1). M. Haller l'a pensé de même (2) ; M. Monro l'a établi comme une vérité (3) ; M. Malirer le pense aussi, et M. Whytt est entré dans le détail des raisons qui démontrent qu'il est impossible qu'elles se fassent aulrementj(4), quoique l'autre explication paraisse, dit-il, d'abord très-plausible.
§ 5. Les raisons qu'il allègue sont les suivantes :
1 ° Et celte raison est celle de M. Van Swieten ; les plus petits filets nerveux sont absolument distincts les uns des autres, depuis leur sortie du crâne; nonseulement leur partie médullaire ne se mêle pas, mais elle ne se touche même pas et ne doit pas se toucher, puisque sans cela il y aurait eu nécessairement de la confusion dans nos sensations et dans nos mouvements.
2° On trouve des sympathies entre différentes parties du corps, dont les nerfs n'ont aucune communiciilion ensemble; c'est ainsi, dit-il, que l'estomac chargé nuit à la vue, quoiqu'il n'y ait aucune communication entre les nerfs de l'estomac et le nerf optique. Les nerfs de l'uvée , qui ont tant de sympathie avec le nerf optique, n'ont aucune communication ; et il n'y en a aucune entre les nerfs des deux yeux, dont les mouvements sont si étroitement enchaînés, lors même qu'ils ne sont pas exposés à l'action de la même cause.
3° « Si la sympathie, continue M.
» Whytt, qui est entre les viscères du 3j bas-ventreet les autres parties du corps, » est l'effet de la communication qu'ont » entre eux les nerfs de ces parties, par » le moyen des nerfs intercostaux ou
(1) Impct.facicns, § 197, 198, 199, 200. Cet ouvr;ige , et le second tome de celui de M. Van Swieten , ont paru en même lemps, ainsi l'on ne peut pas dire que l'un ait instruit l'autre; mais sans doute les auleurs vivaient et cau aient beaucoup ensemble.
(■i) De vcra origine nervi intercost. , coroll. i, Elem., 1. x, sect. vu, § 23, t. iv, p. 820. On peut remarquer que ce grand homme n'était pas extrêmement décidé sur les sympathies. V. 1. vin, sect. iv, § 36, t. m, p. 584.
(3) Edinb. Easaijs, t. m, p. 526 et 563. M. Wilson trouve qu'il est difficile de décider la question. Sliart remarcks itpon autumnal disorders.
(4) §14et 1.5 ; et il l'a aussi établi, appendix, etc., p. 258.
» grands sympathiques , pourquoi n'y a- » t-il pas aussi de la sympathie entre » toutes ces parties, dont les nerfs vien- )) nent des inlercoslaux ou communiquent » avec eux.'' Pourquoi, dans l'inflamma- » tion des reins, l'estomac souffre-t-il » plus que les intestins? et pourquoi les » poumons et les autres parties ne sont- » ils point du tout affectés dans cette » maladie? pourquoi l'irritation qui se » fait dans le nez n'occasionne-t-elle que » l'éternuement , et non pas la toux ni le «hoquet? n'excite -t -elle point à vo- » mir, et ne purge-t-elle point ])ar en » bas ? » Il accumule plu.sieurs exemples semblables; ainsi, les trois premières preuves sont, que nulle part la substance médullaire des nerfs ne communique, et qu'ils n'ont d'aulre communication que le rapprochement de leurs enveloppes; la seconde, c'est qu'il y a des sympathies entre des parties dont les nerfs n'ont point ces ra(iprochements; la troisième , c'est que si les sympathies étaient produites par ces rapprocLements de nerfs , il y en aurait plusieurs que l'on n'a jamais observées , et ces trois preuves seraient bien suffisantes; mais on en ajoute encore une plus forte, c'est que cette sympathie cesse dès que l'on coupe les troncs des nerfs, dont les différents rameaux sont en sympathie aussi longtemps que ces troncs subsistent. Il me paraît qu'il faut aussi remarquer que toute irritation d'une partie ne met pas en jeu les sympathies qui en dépendent; ainsi, l'inflammation de l'oreille ne produit pas la toux, comme le simple chatouillement de celte partie, ce qui prouve encore que ce n'est pas une simple irritation mécanique de partie à partie, qui ne varierait que du plus au moins, mais une certaine action sur le cerveau et une réaction du cerveau sur les nerfs en sympathie.
§ G. On peut, d'après toutes ces preuves , établir :
1° Que les sympathies dépendent toutes de la communication des nerfs dans le cerveau.
2° Que la sympathie générale vient de ce qu'une irrilalion très-forte peut irriter tout le cerveau , jusque dans ses parties les plus éloignces de, l'origine du nerf souffrant.
3° Que les sympathies particulières ont lieu entre les parties dont les nerfs ont des communications plus étroites dans leurs origines.
40 Qup, quoique ces sympathies ne de-
pendent point des différentes unions qu'ont les nerfs hors du cerveau, cependant, comme elles sont plus fréquentes entre les parlies qui tirent leurs nerfs des rameaux oii l'on trouve le plus de ces unions, on peut établir, comme une vérité de fait, que les anastomoses et les sympathies se trouvant plus souvent dans les mêmes nerfs, on a peut-être droit de conclure de là que la nature a voulu unir par plus de moyens dans leurs routes les nerfs dont eile avait voulu que les origines fussent rapprochées, et (|ue ces anastomoses, (|ui n'opèrent ni ne peuvent opérer les sympathies, concourent peut-être , sans que nous puissions deviner comment, à les favoriser, et c'est ce qui m'a déterminé à placer, à la lin de ce chapitre, une table d.ms laqi\elle, d'après l'exposé analoniique de la première partie , j'indique les principales anastomoses de chaque nerf et les sympathies qu'on peut leur attribuer.
6" Si l'on demande pourquoi il n'y a pas de sympathies entre toutes les parlies entre lesquelles il paraît, ])ar l'origine de leurs nerfs, qu'il devrait y en avoir, je répondrai : a que nous ne connaissons point encore toutes les sym])alhies, parce qu'il peut en exister beaucoup qui n'ont jamais eu d'observateurs ; b que comme toutes les sympathies ont sans doute leur utilité (1), et que si elles étaient trop multipliées sans avoir d'usages , ce serait une source de maux en pure perte ; la sagesse de la dispensalion de la nature , à laquelle l'observatiim ramène continuellement, quoi qu'en disent les détracteurs absolus des causes finales, la sagesse, dis-je, de l'auteur de la nature a sans doute établi des unions plus étroites
(I) Voyez Wliytt, § 19, où il indique quelques-unes de ces sympathies utiles:
la contraclion de la prunelle à un trop gi'and jour, colle des paupières à l'approche d'un corps étranger, la sécrétion :iboi;dantc des larnins et de la salive <]uand on applique des acres dans l'œil ou dans la bouche, les vomissements dans la pierre des reins, )a toux quand on irrite le conduit de l'oreille, la contraction des muscles du bas-ventre dans l'accouchement, les contractions des mômes muscles dans l'éti rnuement , la loux el If. Iinijuet, cl le mouvement augmenie des muscles de la respir;iiion dans l'asilimc; il y en a encore beaucoup d'autres dout les usages sont sensibles et peut-être aucune qui n'en ait quelqu'un.
entre les filets entre lesquels elles pouvaient être utiles.
6° Il est extrêmement vraisemblable, comme je l'ai déjii dit, que le principe qui forme les sympathies, et qui se manifeste si évidemment dans beaucoup de cas de maladies , n'est pas sans utilité dans l'état de santé ; il me paraît même que ce principe est bien dans la sagesse de la plus belle des constructions, et qu'il doit enirer pour beaucoup dans les forces de ce qu'on appelle la Nature.
7" Toutes les irritations d'une partie ne paraissent pas pouvoir produire les sympathies qui en déj)endent; il n'y en a que quelques-unes, on l'a déjà remarqué plus haut, et il peut même y avoir des états du corps dans lesquels il est beaucoup plus ou beaucoup moins susceptible de sympathies. En général , les sympathies sont plus marquées chez les personnes dont le genre nerveux est trèsdélicat.
8° Il y a dos sympathies particulières assez constantes , el que , dans les mêmes circonstances , on retrouve j)resque chez tout le monde ; mais il y en a d'autres plus rares et peut-être particulières à certains sujets , el l'on n'en sera point surpris, si l'on se rappelle ce quej'ai dit ailleurs, que les nerfs varient beaucoup dans leurs distributions particulières.
9" Quoique ces sympathies aient leurs usages, cependant il peut arriver que, quand leur force est capable d'opérer complètement l'effet qu'elles déviaient produire, ce demi-effet devienne nuisible; mais cela ne prouve rien contre la sagesse de leur institution , et c'est une remarque de M. Whytt.
lO' Des sympathies particulières dépendant des nerfs (|ui ont des connexions plus étroites , de légères causes peuvent les mettre en mouvement; il en faut de plus puissantes pour décider des effe!s bien marqués de la sympathie générale.
1 1° Tous les hommes ne sont pas également sujets aux sympathies, parce que le genre nerveux n'est pas également sensible chez tous; ainsi, la même cause qui occasionnera les sympathies les plus marquées chez une ]icrsonne n'en |iroduira aucune chez une autre; son action sera bornée à son siège , parce que ses nerfs sont moins sensibles.
1 2° On remarque, quand on observe et quand on lit les observateurs, que les métastases sont plus rré(|uentes entre les parlies entre le.ii|iiellcs il y a beaucoup de sympathies, et il est résulté de là que
ET DE LEU
plusieurs médecins ont placé des métastases parmi les sympathies, sans faire attention au caractère essentiel qui les distingue parfaitement.
13° N'est-ce point au consensus général qu'il faut attribuer cette force imitative qui obligeait Monro à répéter tout ce qii il voyait faire. M. Whytt lui atiribue le hâilleuicnt et le vomissement involontaires; mais je ne sais cependant si le simple consensus physique ne peut pas opérer seul ces phénomènes.
1 On pourrait, pour plus de clarté, diviser les sympatliiis en actives et passives ; on appellerait actives celles que Torgane où siège la cause du mal exerce sur l'organe ou les symptô.nes se manifestent, et passives celles qu'éprouve ce dernier orçane. Dans le vomissement produit par le calcul des reins, leur sympathie est active; celle de l'estomac, passive. J'adopterai celte division, qui est commode et sert à prévenir bien des obscurités.
i'o° La connaissance des sympathies sert à se diriger dans le choix du lieu où il faut appliquer les irritants.
Après ces remarques générales, je viens aux différents exemples de sympathies, et quoique les unions sensibles des nerfs n'en soient pas la cause, j'indiquerai cependant souvent celles auxquelles lesanatomistes les ont attribuées, puisqu'elles sont comme les marquesdes unions qui se trouvent à l'origine des neifs. J'indiquerai aussi quelques phénomènes qui dépendent de la situation des nerfs, et qui, quoiqu'ils n'appartiennent pas aux sympathies, m ont paru mieux placés ici que partout ailleurs.
§ 7. Les sympathies les plus marquées de la tête avec les autres parties, sont celles avec l'estomac et le foie. — Le mal de tête ôte d'abord l'appétit, et le vertige qui a son siège dans la tête donne des nausées et souvent des vomissements mêmes ; les premiers accidents des plaies, des contusions, des épanchements qui attaquent le cerveau sont aussi très souvent des vomissements; tous ces faits prouvent l'extrême influence de l'état de la tète sur l'estomac ; elle est confirmée par les el'tels de la méditation et d'une attention long-temps soutenue , qui détruit les fonctions de l'estomac; et j'ai dit ailleurs que si, dans les premiers jours d'une convalescence , j'étais obligé de lire pendant quelques moments, j'éprouverais un léger mal de cœur qui tient à ce même consensus, fondé, sans
doute, sur ce que l'estomac recevant beaucoup de nerfs, ce qui prouve combien ils lui sont nécessaires dès que le cerveau souffre, les fonctions de l'estomac doivent être plus altérées que celles des parties qui en ont moins besoin. Ce consensus du cerveau avec l'estomac est surtout n)arqué dans tous les effets des passions, qui intéressent si singulièrement l'estomac, que, comme on l'a déjà vu , plusieurs médecins avaient cru devoir y jilacer le siège de l'âme , c'est dans ce cas où l'on voit évidemment que le consensus est d'autant plus marqué que le cerveau est plus sensible , et l'on doit en conclure que ce qui est si évident dans ce cas, a lieu dans tous les autres, quoique d'une façon moins marquée. — Les altérations du mouvement du cœur, si sensibles aussi dans les passions , sont un effet du consensus du cerveau avec ce viscère. C'est à ce même consensus qu'il faut rapporter les effets des passions sur les autres viscères, et celui qu'il a avec le foie pourrait aussi se démontrer par les jaunisses qui succèdent à la colère, au chagrin , à la frayeur; mais le phénomène de cette sympathie auquel on a donné le plus d'atlention, c'est les abcès au foie après les plaies de la tête.
§ 8. L'exisleuce de ces abcès n'est pas douteuse ; il y a un très-grand nombre de médecins et de chirurgiens qui les ont observés , et l'on a cru mal à propos qu'ils élaient accidentels et existaient indépendamment de l'état de la tête ; il est bien démontré qu'ils en sont la suite.
Paré, Ballonius, Figray, P. de Marchettis. Siéger, Stadlender, Job Meeckren, MM. Bertrandi , Andouillé , et plusieurs autres observateurs, les attestent; je les ai vus moi-même ; mais quelle en est la cause ? Marchettisles attribuait au repompement du pus du cerveau déposé ensuite dans le foie , et il avait assigné la route du pus, en disant qu'il avait souvent observé que, quand, dans les plaies de la tête, la partie postérieure et latérale du cou commençait a faire mal, la matière purulente passait dans les parties inférieures; cette métastase est très-possible, et est sans doute arrivée plus d'une fois ; mais quand il se forme de* abcès dans le foie, sans qu'il y ait eu d'abcès dans le cerveau , comme le remarque M. FiCgM , cette cause rie peut jilus avoir lieu; celle qu'assigne ]\L Bertrandi est bien peu satisf iisanle , et il me paraît, avec Pigray et M. Rega, que l'on ne peut pas se dispenser de reconnaître ici les
effets du consensus. En se rappelant ce que j'ai dit plus iiaut de la putridité qui succède ordinairement aux ligatures des nerfs, on comprendra aisément comment, si ceux qui vont au foie sont lésés, son action lanijuit, et la bile se corrompt; si , à cette disposition à la putridité, on joint les effets de la lièvre, ceux de la frayeur ou de la colère qui peuvent souvent avoir accompagné les accidents (]ui ont occasionné les plaies de la tète , enfui les meurtrissures locales que le l'oie peut avoir reçues par une suite du même accident, on jugera que cette suppuration n'a rien d'étonnant, qu'elle ne doit point être si rare, et qu'elle doit être placée dans la classe des effets qui dépendent en grande partie du consensus; on peut aussi rapporter aux mêmes causes quelques exemples de gangrènes particulières survenues aux plaies du cerveau (1), et l'engourdissement de la cuisse et le froid de la main observés par Job Van Meeckren (2). C'est encore à la même espèce de consensus, la lésion des nerfs à leur origine, qu'il faut rapporter ce que dit Valsilva d'une dame bolonaise, que de violentes douleurs de tête rendaient totalement aveugle pendant qu'elles duraient, ordinairement trois jours, et qui recouvrait la vue dès que les douleurs finissaient ; et il cite, dans le même endroit, une observation de Camerarius , qui vit nn homme que d'extrêmes douleurs de tète rendirent toul-à-coup aveugle , et qui recouvra aussi subitement la vue dès que le laudanum lui eut procuré du sommeil et ôté les douleurs (3).