‹ Œuvres de TissotChapitre 46 sur 160 · DES DENTS ET DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

DES DENTS ET DE LA LANGUE

§ 20. Les dents et les gencives, car ces deux parties, ayant tous leurs nerfs communs, doivent être envisagées comme une seule , entraînent par leur irritation beaucoui» d'accidenis que l'on peut placer ici. Les plus remarquables, les plus sensibles, les premiers qui se développent, sont les accidents de la dentition, qui commencent chez quelques enfants dès l'âge de trois mois, et qui durent jusqu'à ce que la dentition soit finie. Ils sont très-violents chez les uns, très-légers chez les autres, et nuls chez un assez grand nombre. La salivation , l'engorgement des parotides, les douleurs d'oreilles , la démangeaison du nez, les enflures dans tout le visage, les maux d'yeux, un gonflement sous la paupière, un tremblement de la paupière même, l'insomnie , la fièvre , les sursauts , le hoquet, le vomi sèment, les convulsions les plus violentes, sont la suite de celte petite irritation partielle , qui peut produire des accidents mortels. La dentition des huit derniers marteaux n'occasionne pas ordinairement les mêmes accidents; elle en produit cependant quelquefois , et j'ai vu la seconde dentition en avoir d'assez graves, et plus d'une fois entraîner du bégaiement ou de la surdité ; et j'ai dit ailleurs que l'éruption de chaque dent de sagesse avait occasionné une maladie cruelle à une femme qui succomba sous la troisième à l'âge de plus de trente ans.

§ 21. Mais les irritations accidentelles des dents peuvent avoir des suites aussi fiinesles. Bartholin parle d'une religieuse de Padoue qui, ayant une dent plus longue que les autres, voulut la faire

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