‹ Œuvres de TissotChapitre 48 sur 160 · DES LÈVRES · texte numérisé non relu

DES LÈVRES

§ 22. Les lèvres sont extrêmement sensibles; en les chatouillant, on produit une espèce de frémissement dans tout le corps, et elles peuvent avoir par là même une force S)mpathique qui est surtout marquée dans les aneclioas des lèvres inférieures sur les glandes salivaires. Cette action a attiré l'attention de M. Camper, qui a observé que le cancer de la lèvre inférieure n'attaque presque jamais la lèvre supérieure, mais oui bien la glande sous-maxillaire et la partie in-

(1) Scpidchrct. anat., t. i, p. 464.

(2) Cent. Il, obs. 10.

(3) SupplémerUàla Cldrurgie d'U.Qisler, t. 11, p. 98.

NERFS

férieure de la parotide , ce qu'il attribue F au rameau inférieur du nerf dur, qui se il' distribue d'abord dans le bas de la parotide, ensuite à la glande suus-maxillaire, en^n à la lèvre inférieure. — Cet habile 1 médecin demande si l'on ne peut pas <1 conclure que le virus cancéreux se coin- t munique plus par les nerfs que jiar les 1 vaisseaux sanguins et lymphatiques, et ' si Tonne devrait pas, par là même, trai- 1 ter les squirrhes et les cancers avec des remèdes qui agissent sur le genre nerveux? Les conjectures de M. Camper méritent toujours qu'au moins on les examine attentivement; il fortifie la sienne de quelques considérations qui doivent être lues dans l'ouvrage même (l).

LES NEUFS DU V1SA3E EN GÉjnÉrAL.

§ 23. Je traite actuellement une dame assez sourde, surtout d'une oreille, qui , si elle se touche la tempe, le front ou la joue de ce côté, éprouve tout de suite une sensation de bruit assez forte dans cette oreille. Un veut fort, une personne qui passe très- près d'elle , la main d'une personne qui la coiffe , produisent le même effet , surtout dans certains moments.

PIIAEYNX ET LARYNX. '

Les muscles du pharynx, irrités par quelque chose qui les stimule doucement, communiquent leur irritation à l'estomac, et cette irritation suffit pour occasionner les vomissements les plus abondants. On avait même voulu, il y a un siècle, accréditer les vomissements que l'on se procurait par ce moyen , comme une panacée infaillible pour tous les maux. L'irritation du larynx met en jeu tous les organes de la respiration, et occasionne une toux convulsive Irès-forte. Mais la sympathie la plus marquée des muscles de ces deux parties , surtout de ceiu du la- , rynx, aussi bien que de ceux des muscles delà mâchoire, est une sympathie passive ' qui fait qu'il y a peu de parties qui , fortement irritées, ne puissent communiquer leur irritation à ces muscles, et les jeter dans ce spasme violent qui ne permet ni d'ouvrir la bouche ni d'avaler, qui gène très-souvent la respiration , et qui , devenant souvent mortel en peu d'heures, est regardé comme d'un très- mauvais

(1) Monro , De nervis, par M. Coopmans, p. 112.

ET DE LEURS MALADIES

présume toutes les fois qu'il survient, ou dans les maladies aiguës, ou dans les ciironiques, ou dans les cancers, et surtout dans les plaies des extrémités; et si l'on se représente les origines des nerfs qui se distribuent aux muscles de toutes ces parties, on verra qu'ils en tirent de presque tous les nerfs de la tête, des premiers cervicaux, de la paire vague, de l'intercostale. Si l'on fait aussi atSention à leur forme, à leur mollesse, à leur grande irritabilité ; si l'on remarque combien ils reçoivent de nerfs relativement à leur volume , on comprendra aisément combien ils doivent êire susceptibles de recevoir toutes les affections nerveuses, d'où qu'elles viennent, et d'être très-aisément jetés dans cet état funeste de spasme qui sera l'objet d'un article particulier quand je traiterai du tétanos,

ARTICLE m. — DES SYMPATHIES DE LA POITRINE. LE POUMON.

§ 24. La membrane extrêmement sensible qui revêt la trachée artère et le poumon , et qui tire des rameaux du récurrent, étant irritée, communique son irritation au larynx : c'est peut-être pour cela qu'une perte de voix caractérise souvent les maladies naissantes de la poitrine , et aux nerfs qui se distribuent à l'estomac; aussi elle peut donner des vomissements, on en voit des exemples tous les jours, et l'on a remarqué que si dans l'asthme on pouvait vomir, il finissait ordinairement ; mais que de grands et inutiles efforts pour vomir étaient une mauvaise marque , parce qu'ils prouvaient toute l'ang'oissedu malade et l'insuffisance des elî'orls de la nature pour l'en tirer. Est-ce à la sympathie , comme le croit M. Whylt , que l'oa doit attribuer les efforts que font non-seulement tous les muscles destinés à la respiration , mais ceux de presque tout le corps dans un accès d'astbme? Je suis plus porté à croire que ces efforis dépend - nt de ce conc iu's récipro([ue établi entre lo'ites les parties dans le cas de pratides irritations. — Il faut fiire ailenliou (|ue le pimtnon étant un viscère mou et peu nerveux, exci-plé d-.ns cette ineuibrane dont je viens de jiarler, il a peu à exercer U'ie puissance qui tient uni(|uempnt aux nerfs ; mais comme . par sa texture, il est p'Mpre à f )ri'ier et a recevoir des dépôis purtilenls , qui sont la matière 'des niétast.ises 'in poumon sur d'autres parties , et d'autres parties sur le pou-

mon , les larmes qui coulent dans les pleurs, tiennent au consensus du poumon et des yeux. — Les affections du cœur influent singulièrement sur toute la machine ; mais ce n'est point dans les lois de la sympathie qu'il faut en chercher la raison ; c'est un mobile qui s'altère et dont les effets sont troublés. — M. Monro a remarqué que le passage du phrénique gauche à la pointe du péricarde occasionnait cette vive douleur au creux de l'estomac , que l'on éprouve souvent dans les palpitations.

§ 25. L'inflammation du diaphragme paraît avoir la plus grande influence sur le cerveau , puisqu'elle produit le délire plus qu'aucune autre maladie inflammatoire ; elle produit aussi quelquefois le ris sardonique que l'on attribue à l'anastomose du nerf dur, qui fournit à quelques muscles du visage, surtout au zigoraatique avec la seconde paire des cervicaux, qui fournit au nerf phrénique. — Il ne faut point perdre de vue qu'il se trouve dans la poitrine des troncs de nerfs considérables dont les blessures peuvent avoir des effets sympathirjues très-marqués. On a vu ailleurs une belle observation de M. Schmicdel , et Stalpart. Van der Viel en rapporte une trèsintéressante ; un jeune homme d'environ dix-huit ans fut blessé à la poitrine par un coup d'épée ; l'hémorrhagie fut considérable , et on le crut d'abord mort ; mais ces premiers accidents dissipés , il se trouva muet et entièrement paralytique d'un côté du corps ; après un temps fort long, il recouvra assez bien l'usage de la parole, beaucoup moins celui de la jambe , et point du tout celui de la main (l). Van der Viel ajoute en remarque, qu'un chirurgien , nomme du Foix , lui avait dit avoir vu un homme qu'une blessure à la poitrine rendit aveugle. En se rappelant la marche de la huitième et de la sixième paire, et les expériences sur les ligatures des nerfs , ces observations n'auront rien d'obscur.

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