‹ Œuvres de TissotChapitre 50 sur 160 · BES · texte numérisé non relu

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greurs et qui ont le genre nerveux trèsmobile , si elles ont man8:é des graisses qui se rancissent, ou pris quelque boisson flalueuse ; on les voit, dis-je, éprouver un spasme qui les empêche d'avaler, jusqu'à ce qu'elles aient rendu quelques gorgées de ces matières irritantes ou seulement quelques vents ; et M. Ferrein rapporte un exemple bien frappant de cette sympathie : une fille d'environ vingt à vingt-cinq ans perdit totalement, tout-à-coup, et sans aucun autre symptôme de maladie , la faculté d'avaler quoi que ce soit ou du liquide ou du solide; le troisième jour elle eut d'assez forts mouvements convulsifs qui se réitérèrent ensuite tous les jours, et, au bout de huit jours , la faiblesse était au point de paraître dangereuse. M. Ferrein, apprenant alors qu'immédiatement avant l'accident elle avait eu quelques légers maux de cœur, et que ia veille elle avait mangé beaucoup de sucreries, il soupçonna que quelque mauvais levain dans l'estomac était la cause de cet accident , et il crut qu'elle serait dégagée s'il pouvait la faire vomir ; mais ne pouvant rien lui faire avaler, il eut recours à la fumée de tabac qui opéra cet effet, et la facilité d'avaler revint aussitôt (1).

§ 32. L'action de l'estomac sur les nerfs de ces mêmes organes, en troublant la sécrétion qui s'y fait continuellement, et qui les entretient toujours humides , peut y produire ilne sécheresse qui donnera le sentiment de la soif; c'est cette soif dont M. Rahn a fait un article dans sa bonne dissertation, et qu'il appelle consensuelle (2) ; telle est celle que les hystériques et les hypochondriaques éprouvent souvent sans aucune apparence de fièvre, et qui cède aux nnti-spasmodiques et aux narcotiques bien mieux qu'aux boissons abondantes; telle est celle qu'éprouvent souvent les enfants qui ont des vers ; et M. Broklesby a très-bien vu que la sécheresse de la bouche qui dépendait de l'embarras de l'estomac se dissipait

(1) Histoire de l'Académie royale des sciences, 1768. M. Ferrein parle aussi de quatre femmes qui toutes à la fois perdirent la faculté d'avaler; mais il ne donne l'histoire que d'une seule, et laisse celle des autres totalement incomplète et obscure; si l'observation eût élé publiée pendant sa vie, elle serait sans doute plus achevée,

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