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(2) Medicina rational., t. m, sect. prim., cap. IV.
(3) Dissertation upon the nerves hy W.
Smith, Lond., 1768, p. 145.
gue des grands médecins, croit qu'on ne peut bien traiter d'une maladie que quand on connaît exactement la partie malade et ses fonctions (1). J'ai senti la justesse de celte idée , et elle m'a servi de guide dans la composition de cet ouvrage, que je commencerai par une description des nerfs, qui ne sera point telle qu'on la désirerait dans un livre d'anatomie, mais suffisante pour pouvoir comprendre la variété étonnante de phénomènes que riiistoire de leurs maladies offrira : je donne ensuite le précis de ce que l'on connaît de plus certain de leur nature et de la façon dont ils agissent. Nos connaissances sont encore fort bornées sur ce dernier article, que de nouvelles recherches éclairciront peut-être davantage, mais qui restera éternellement obscur dans plusieurs points, parce qu'une partie de la scène se passe dans des infiniment petits qui échappent à l'œil armé même des meilleurs microscopes.— A la description des nerfs et de leurs usages, je ferai succéder l'histoire des différentes lésions auxquelles ils peuvent être exposés, c'est-à-dire celle de leurs maladies en général ; j'examinerai ensuite les causes les plus ordinaires de ces dérangements , et les moyens généraux d'y remédier ; après quoi j'entrerai dans le détail de ces maladies ; j'en ferai l'histoire et j'en donnerai le traitement : sous cet article je réunirai les directions des médecins qui en ont écrit avant moi, et tout ce que mes propres observations m'ont appris.
§ 4. Quelques parties de ce plan ont été exécutées avec le plus grand succès par des hommes très - supérieurs , mais aucun ne l'a encore emlnvissé tout entier. Le grand Boerhaave , à qui la médecine a les obligations les plus essentielles(2), et M. \A hyt, célèbre professeur à Edimbourg , sont les deux médecins qui ont écrit le mieux, et qui ont donné les ouvrages les plus considérables sur les maux de nerfs (3); mais quoique nous
(t) Yocalium inslnmmtorum dissectio , cap. I, Cliaricri, t. iv, p. 219.
(2) On ne voit pas sans indignation, dans quelques-uns de ces ouvrages pleins de mois et vides de choses, tels qu'il en parait tous les jours, qu'on lit le malin et qu'on oublie le soir, le ton avec lequel leurs auteurs parlent de cet illustre médecin.
(3) L'ouvrage de M. Boerliaavc est intitulé : PmieclionC'S <i(mlen>kœ de t'crro-
ayons plusieurs articles communs , j'en ai un plus grand nombre dont ils n'ont pas même parlé, et dans ceux que nous avons traités les uns et les autres , je [me suis enrichi de leur travail. M.
Whyt n'a proprement traité que des vapeurs et de leurs différents symptômes; et quoique M. Boerhaave, dont l'ouvrage est un posthume recueilli sur trois différents cahiers de ses élèves , paraisse s'êire proposé le même objet que moi, le système qu'il avait adopté sur les nerfs, en les regardant comme l'origine de toutes les parties solides du corps humain, système qui était celui de Wepfer(l), l'a conduit à omettre des maladies qui appartiennent véritablement aux nerfs , et à traiter de plusieurs autres qui leur sont étrangères. On pourrait appeler son ouvrage, Traité des maladies des solides du corps humain ; et quand on ne juge de ce qu'il doit contenir que par le titre de l'ouvrage, sans connaître la doc trine de l'auteur sur les nerfs, on est bien éloigné de prévoir qu'il parle des pâles couleurs, des maux de dents , des pana ris, des ongles, des verrues, des cors, et qu'il ne dit rien ou ne parle que par occasion des vapeurs et de l'hypochondrie , dont M. Whyt a fait l'objet de son ouvrage , des erreurs des sens , de la migraine , du tétanos , des convulsions , de l'asthme convulsif et de plusieurs autres maux qu'on s'attendait à voir traiter dans son ouvrage.
§ 5. Outre ces deux livres essentiels, et ce que tous les auteurs qui ont donné des traités entiers de pratique ont écrit sur ces maladies, plusieurs autres médecins, parmi lesquels il faut distinguer Ch. Pison, médecin de Pont-à-Mousson, au commencement du sit-^le dernier (2); Willis, célèbre médecin de Londres , il y a cent ans (3j , l'immortel Sydenham
rum, à Van Ems ediiœ, 2, vol. xii, Leid. 1761. Celui de M. Whyt est : Observations on the nature causes and cure of disorders called nervous , hypocondriac or hystérie, in-S". Edimbourg, IIQA. Il a été traduit en français.
(1) De Cicut. aqnatic., p. 87.
(•2) Caroti Pisonis selectorum observatiouum et consilioriim Liber singularis , 1G18, et Leyde, 1753. Je citerai souvent cet excellent ouvrage.
(3J Dans deux ouvrages différents, Cerebri anulom. ncrvorumqne descriptio et mus, et De anima brulorum exercitationes duœ.
ET DE LEURS MALADIES
son ronCemporain , à qui l'on doit un ^1 Iritilc des maladies hystériques, qui ne .sera peut-être jamais égalé quant au ] diagnostic, et qui m'a servi de guide (1), I M. Raulin et M. Pomme, plusieurs au- , ,' très médecins , dis-je, ont écrit sur les . luauv de nerfs avec plus ou moins de suc-
ces : j'aurai occasion de parler de leurs j ouvrages dans la suite; il n'y en a point j qui ne m'ait été de quelque utilité , et ; qui par là même n'ait quelque droit à ma ,. reconnaissance (2); mais je leur dois ce-
pendant beaucoup moins qu'aux simples g observateurs qui m'ont fourni les faits ' les plus intéressants : j'en ai même trouvé ,i| dans les ouvrages oii je les cherchais le
moins; les livres de chirurgie, les natu- ' J ralistes, les voyageurs, les historiens ont
contribué à enriciiir cet ouvrage, et mes !j propres observations en font une partie
considérable •• on ne les trouvera point Ij toujours réunis sous le chapitre auquel
elles paraissent d'abord appartenir par u le titre; mais je les ai distribuées, tout , j comme celles que j'ai empruntées des ,j autres médecins , dans les endroils où ^1 elles m'ont paru convenir le mieux. J'ai ,j. ra|)porté dans l'histoire d'une maladie j celles qui pouvaient le mieux la dévelop-
per ; je les ai placées sous l'article des jj. causes, quandellesen éclaircissaientbien jj les effets, et dans celui des remèdes quand
elles en prouvaient bien l'efficace ; j'ai
espéré parce moyen les rendre plus utiles, et l'ouvrage moins fastidieux. On i. en trouvera peut-être qui paraîtront mi-
nutieuses aux médecins instruits; mais jjl c'est pour ceux qui ne le sont pas encore ij. que j'écris : ces observations , que ceux
qui ont beaucoup vu trouveront peu ,1, imporlanles, sont précisément celles qui 1. se présentent tous les jours, celles par- là il même qu'il imporle le plus de faire conjj naître aux médecins commençants; ellej
doivent être l'objet de leurs premiers " soins , et ce n'est qu'en se familiarisant
id.
^ (1) Dissei tatio epîstolavis ad Guill. Colb. ^11 devariolis et affectione hijsterica. 1681. (2) Peut-être môme qu'on me blâmera
d'avoir employé et cilé des auteurs fort ^ peu connus; je répondrai qu'il y a peu J de mauvais livres dans lesquels on ne J trouve quelque chose de bon, et je pense
comme M. Worgagni, p-œfat ad epist.
aiiat. medic, § n , qu'avant d'écrire sur 'j un sujet, il est important de connaître, '^^^ autant que cela est possible, tout ce qui
ti> élé écrit sur ce sujet.
1 'J'is.wl,
avec elles qu'ils parviendront à n'être point étonnes de ces cas extraordinaires qui se présentent rarement , et pour lesquels on consulte ordinairement les médecins qui ont déjà acquis quelque réputation.
§ G. Quelques personnes me feront peut-être un autre reproche, c'est d'avoir embrassé plusieurs articles qu'on ne range point ordinairement parmi les maux de nerfs, et qui d'abord paraissent étrangers à celte matière; mais ce n'est que (juand on ne l'a pas vue dans toule son étendue, et un examen un peu plus attentif fera saisir aisément la liaison qu'il y a entre tous les arlicles de cet ouvrage, .l'avoue que je ne l'avais pas pressentie en le commençant, et que je n'avais pas prévu que je m'occuperais de plusieurs articles qui tiennent actuellement une place assez considérable, et auxquels j'ai été conduit par la tractation des autres, et parla nécessité de remplir les lacunes que leur omission laissait dans la suite des matières. Ainsi tout ce que l'on peut me dire, c'est qu'à cet égard mon ouvrage est moins incomplet que ceux qui ont paru précédemment, et je voudrais bien que l'on n'eîit pas déplus solides objections à me faire.