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ferait mieux de dire qu'ils doivent craindre , mais vers lequel ils sont souvent entraînés , parce qu'en général ils sont fri leux , comme tous ceux chez qui le genre nerveux est faible , et j'ai vu plusieurs malheureux qui s'étaient brûlés le visage, ou les mains , ou la poitrine, mais je n'ai vu que le jeune homme dont j'ai parlé § 58, qui se brûla les fesses, qui ail été guéri par ce moyen. Il peut arriver qu'un ëpileptique, saisi par son accès au bord de l'eau, y soit précipité et s'y noie; mais si jamais cela a çu lieu, cela esl au moins rare ; je ne l'ai vu ni observé nulle part, et si l'on fait attention qu'il n'y a personne qui n'approche souvent le feu, et que la plus grande partie des hommes ne se trouve jamais au bord de l'eau , on sera peu surpris de ce que l'un de ces éléments est souvent nuisible auv épiiepliques, l'aulre peut-être jamais. Il serait cependant imprudent à eux de se tenir long-temps au bord d'un courant ou sur un pont , l'aspect du cours de l'eau pourrait leur faire tourner la tête, et déterminer un accès,
ARTICLE XVl. — PRONOSTIC.
§ 93. Un article important dans toutes les maladies, c'est le pronostic. Celui de l'épilepsie a deux parties : premièrement, guérira-t-on ? en second lieu , si on ne guérit pas, qu'a-t-on à craindre? — Celte secontle partie est déjà remplie par lout ce que je viens de dire dans l'article précédent ; avoir développé les effets de l'épilepsie, c'est avoir fait connaître ce qu'on a à en craindre si elle ne guérit pas, et je n'ajouterai qu'une remarque, c'est que ces suites funestes ne sont à craindre que pour ceux qui ont des accès fréquents ou violents ; j'ai vu des épilepliques chez qui les accès étaient rares et peu forts . et chez lesquels il était bien difficile de découvrir aucune altération sensible qui dépendît de cette cause, mais on doit craindre un épanchemeut ou sanguin , ou séreux, et toutes leurs suites dans un accès très-fort. Si les accès sont très-rapprochés, ils laissent également le cerveau dans un affaissement singulier. J'ai vu une femme dont les accès étaient fort courts, mais qui en avait eu vingt-cinq dans une nuit, elle resta
Sendant deux jours dans une léthargie ont on craignait de ne pouvoir pas la tirer.
§ 94. La première partie du pronostic n'admet prcsijue aucune généralité , et
doit varier pour chaque malade; ainsi, tout ce qu'on peut faire, c'est de donner les principes qui servent à l'établir, en observant premièrement qu'on l'a fait en général trop fâcheux, ce qui vient vraisemblablement de deux causes: l'une, c'est le préjugé ancien qui faisait regarder celte maladie comme surnaturelle ; l'autre, c'est que, comme on la traitait mal, on la guérissait peu ou point. — Il y a, sans doute, plusieurs épilepsies incurables, mais elles ne le sont pas toutes; j'en ai guéri un très-grand nombre ; plusieurs médecins peuvent en dire autant, et je suis per.iuadé qu'on en guérirait bitn davantage, si les médecins n'étaient pas eux- mêmes imbus de ce préjugé , si plus d'espérance ne leur donnait plus d'attention , et si, en abandonnant trop lot un malade, ils ne le réduisaient pas 'n la triste nécessité de se jeter entre les m lins meurtrières des charlatans, qui osent tout, et qui, essayant les remèdes les plus violents, en guérissent quelquefois un sur un gr.ind nombre, et en jettent la plus grande partie dans un état fâcheux. J'ai sous les yeux lin mémoire pour une fille (le vingt-sept ans, attaquée d'un accès il y a cinq ans, sans autre cause apparente qu'assez d'irrégularité dans les règles, qui, la première année, eut stpt accès; la seconde, treize, sans qu'on lui eût rien fait qu'une saignée du pied , deux purgations et quelques bouillons rafraîchissants ; après le vingtième accès , on consulta un autre médecin , qui lui ordonna pour tout remède, sans régime, des pilules anti-hystériques ; elle les prit pendant six mois sans succès; elle consulta un empirique qui, par un remède violent que je soupçonne être la poudre d'Algarot, la fit vomir avec des efforts dans lesquels elle faillit h rester ; elle eut une salivation énorme, qui lui a fait perdre plusieurs dents et lui a laissé la bouche en très-mauvais état; ses digestions ne se font plus, sa santé est ruinée, et ses accès sont plus forts et plus fréquents. Si le médecin avait donné plus d'attention à son état , .s'il en avait mieux recherché toutes les indications , si , en lui ôtant sitôt l'espérance , il ne l'avait pas conduite à sa perte , je suis persuadé qu'il aurait pu la rétablir entièrement; et j'espère que fixer davantage l'attention des médecins sur tous les détails de celle maladie, dont j ai été si souvent occupé, ce sera rendie un vrai service aux malades qui ont le malheurd'en être atteints. § 95. Ilippocratc nous a laissé deux
ET DE tlDRS MALADIES.
apholismes sur le présage de l'épilepsie : « Ceux qui en sont attaqués, dit-il, avant » l'âge de puberté guérissent, mais ceux » qui n'en sont attaqués qu'après l'âge de «vingt-cinq ans le sont jusqu'à la mort » (l). « Et ailleurs: « Les jeunes gens at- M taqiiés de l'épilepsie guérissent princi- » paiement par le changement d'âge , de » pays et de façon de vivre (2j. » Dans un autre endroit , il détaille un peu davantage ce pronostic : « L'on a beaucoup 3) de peine, dit-il, à guérir les épilepli- » ques qui portent leur maladie dès i'en- » fance, et chez qui elle s'est soutenue » jusqu'à l'âge viril, ou ceux chez qui » elle s'est manifestée dans l'âge viril, 3) c'est-à-dire depuis l'âge de vingt-cinq » jusqu'à quarante-cinq ans (3). »
Celse a adopté ici, comme ailleurs, les pronostics d'Hippocrate. Alexandre la regarde comme incurable quand on ne la traite pas dès les commencements. Arétée avaitaussi établi, avant Alexandre, qu'en général elle est très-grave, et il dit que
le
quand elle cesse spontanément changement d'âge, elle laisse des tristes suites et est envieuse de la beaulé, c'est son expre^sion ; elle laisse difformes les jeunes ^ens qu'elle quitte en détruisant quelques sens , en laissant quelque impression désagréable sur le visage , ou en rendant quelque membre inutile.
Mais ce pronostic, qui regarde plutôt les suites de la maladie que l'espérance de la guérison , est trop sévère, et l'on voit souvent des jeunes gens guérir sans aucune suite fâcheuse. Les plus habiles médecins modernes n'ont rien dit de plus que ce que l'on trouve dans Sennert, qui avait recueilli avec soin ce qu'on avait écrit avant lui, et que l'on peut réduire aux articles suivants: l" Toute épilepsie est une maladie longue et dangereuse, mais elles ne le sont pas foutes également; 2» quand elle est héréditaire, elle ne guérit jamais, ou au moins très-rarement; 3" elle guérit d'autant plus aisément qu'on la laisse moins invétérer :
c'est le pronostic d'Alexandre ; 4" elle est d'autant plus dangereuse , que les convulsions sont plus violentes, la lésion des fonctions plus considérable et l'accès plus long. L'évacuation des excréments est fâcheuse ; la liberté de la respiration d'unbon augure. Il ajoute qu'elle est plus
(1) Lib. V, aph. 7.
(2) Aphorism. 43, lib. ii.
(5) Prœdiçdon, lib. ji, n° 16.
aisée à guérir quand les paroxysmes sont courts et fréquents que quand ils sont longs et rares, mais cela n'est point vrai dans tous les cas. Il rapporte ensuite les pronostics d'Hippocrate et d'Arétée que j'ai déjà cités. 6" Les enfants qui en sont attaqués peu après leur naissance échappent rarement; G" elle se guérit trèsdifficilement chez les vieillards et les décrépits. Je crois cet aphorisme idéalement vrai, mais les occasions de le vérifier sont très-rares, j'en reparlerai plus bas. 1" Une femme enceinte, attaquée d'épilepsie, court un très-grand danger:
c'est encore un aphorisme d'Hi|ipocrale que l'expérience ne vérifie pas toujours; et en général, le pronostic de cette maladie tient à des détails que je n'ai encore trouvés nulle part , et dans lesquels il me paraît important d'entrer.
§ 96. L'on a vu dans le pronostic général des maux de nerfs les raisons qui rendaient toutes leurs maladies difficiles à guérir, et l'on sent que l'épilepsie en général doit l'être plus qu'une autre, elle est une des plus graves ; mais la croire incurable , c'est ignorer les ressources de la nature et de l'art.
J'ai dit plus haut, § 9, que je regardais l'existence des épilepsies héréditaires ou connées comme fort douteuse ; ainsi je n'en ferai point le pronostic. Si elles existent, je suis porté à les croire incurables ; la difficulté avec laquelle on détruit les vices de nerfs acquis, paraît devoir se changer en impossibilité pour les connées : mais en supposant les épilepsies héréditaires, il serait sans doute impossible de les caractériser ; tant de causes peuvent produire celte maladie dès les premiers moments de la naissance, qu'on pourrait toujours les présumer accidentelles. Il n'y aurait qu'un caractère pour les épilepsies connées, ce serait des accès dans le sein même de la mère ; s'ils existaient, la mère ne pourrait pas les ignorer, et je ne doute point qu'un accès fort ne rompît l'utérus; il ne faut, pour s'en convaincre, qu'avoir essayé quelquefois de résister aux membres con vul ses d'un enfant dans les premiers jours de sa vie. Les épilepsies connées, si elles existent , sont héréditaires quand le père ou la mère était épileplique.
§ 97. Les épilepsies qui naissent dès la première enfance, et qui continuent , doivent être et sont très- opiniâtres; ce sont peut-être les seules dont on n'a pas aggravé le pronostic ; je crois même qu'on l'a fait trop favorable en supposant
qu'elles se dissipent quelquefois à l'âge de puberté spontanément; je ne l'ai pas vu, ce que j'ai vu ne me permet pas même de le croire avec confiance, et je crains que ce ne soit un pronostic fondé sur une théorie générale, plutôt que sur des observations particulières. — Les petits enfants sont très-souvent attaqués île convulsions ; mais très-souvent on les en guérit par des remèdes assez simples. J'ai indiqué les principales causes de ces convulsions d'enfance, dans l'Avis au Peuple, quand elles ne dépendent pas de quelqu'une de ces causes particulières aux enfants, ou qu'elles ne sont pas l'effet de quelque autre maladie de leur âge, mais bien celui de quelque autre cause qui échappe, et que la disposilionépileptique est très -forte, si l'on n'y apporte pas un prompt remède, les accès deviennent plus fréquents , les facultés intellectuelles soutirent, la santé même se dérange; ces enfants tombent souvent dans l'imbécillité, la consomption, la plus grande faiblesse, quelquefois la nouùre, et périssent la plupart avant même que d'atteindre l'âçe de puberté ; s'ils y parviennent , cette époque les tue et ne les guérit pas. Cette fausse idée, que la maladie se dissipera à sept ou à quatorze ans , fait qu'on attend à ces époques sans rien faire, et quand on souhaite du secours, il est trop tard pour en recevoir. Il n'y a pas un mois qu'on m'a amené un enfant de onze ans, qui avait l'air cadavéreux, et dont les parents vantaient beaucoup l'intelligence, mais qui me parut ne pas comprendre bien distinctement les questions que je lui fis, et qui articulait si mal, quoiqu'il eût parlé nettement jusqu'à l'âge de sept ou huit ans , que je ne pus comprendre aucune de ses réponses. Toute la tendresse de son père et de sa mère, qui tâchaient de nous servir de truchement, avait beaucoup de peine à masquer son imbécillité, qui se peignait sur sa physionomie, dans ses attitudes et dans ses gestes. Je leur donnai quelques conseils pour ne pas leur paraître cruel ; mais je suis persuadé que cet enfint n'a pas six mois à vivre ; et généralement les épileptiques d'enfance, qui ont passé dix ans avec leur maladie, sont presque toujours nonseulement incurables, mais même mortellement malades ; en seia-t-on surpris, si l'on se rappelle ce que j'ai dit de la grande influence que les nerfs ont sur la nutrition, qui souffre nécessairement quand ils sont gravement attaqués , et si
Ton fait attention que la nutrition, étant lésée dès l'enfance, entraîne nécessairement un dépérissement général .- j'ai cité plus haut l'observation d'une jeune fille qui avait été très-bien faite jusqu'à l'âge de huit ans, et que l'épilepsie défigura totalement.
§ 98. Quand cette maladie attaque depuis l'âge de quatre ou cinq ans jusqu'à celui de dix ou douze, si l'on s'en occupe à temps, si on lui donne des soins, elle guérit; j'ai vu beaucoup d'enfants de cet âge que la frayeur, les mauvais traitements reçus dans les écoles par des régents plus faits pour être muletiers que précepteurs, ou d'autres causes avaient rendus épileptiques, et plusieurs ont été parfiiitement guéris; j'en ai perdu de vue un très-grand nombre.
§ 99. Souvent on est attaqué d'épilepsie à l'âge de douze ou treize ans, quelquefois sans cause apparente , d'autres fois pour la plus légère cause; ces épilepsies et cette disposition épileptique, à cette époque, sont souvent l'effet de la crise dans laquelle la machine se trouve ; elle est dans un état d'épuisement et de sensibilité qui dure pendant cette période, et linit quelquefois avec elle; et c'est sans doute cette espèce qui, observée à demi, a fait dire trop généralement que la puberté guérissait les épilepsies; mais j'ose dire qu'elle ne guérit que celles qu'elle a produites, elle ne les guérit même pas toutes. J'ai vu des malades chez qui cette maladie avait commencé à cette époque, chez qui elle paraissait en être la suite, et chez qui elle subsistait dans l'âge viril ; il est vrai que celte continuation est quelquefois li'eftet des remèdes mal administrés.
§ 100. Il y a une remarque iparticulière à faire par rapport au sexe, et il est important de ne pas la négliger, elle est souvent l'objet des consultes les plus délicates. L'on a quelques observations de jeunes personnes guéries de l'épilepsie par le mariage. On en trouve deux exemples dans les Mémoires di!S Curieux de la nature (1) ; et quelques médecins, fondés sur ces observations particulières, sont trop portés à dire que le mariage guérit cette maladie, comme on le dit trop souvent pour tous les maux des jeunes personnes. C'est se jouer du bonheur des intéressés , et l'événement ne justi-
(1) Dec. I, an. I, obs. 86^, et deo. in, au. 1, obs. 12.
ET DE LEDRS maladies.
fie la promesse que quand le mal vient ou d'une suppression des règles que le mariage établit , ou de la difficulté de leur écoulement qu'il facilite, comme on l'a vu plus haut, § 27, ou d'un excès de tempérament, cause bien plus rare qu'on ne le croit, auquel il remédie : dans toute autre circonstance , le mariag-e augmente la disposition épileplique et la développe. J'ai déjà parlé d'une femme qui avait eu, depuis plusieurs années, de légers mouvements convulsifs dans le visage et dans la tête, avec un instant d'absence ; quelques jours de mariage développèrent un véritable accès d'épilepsie, qui est devenue très-forte. Ainsi il faut qu'un médecin fasse beaucoup d'attention à ses présages sur cet article.
§ 101. J'ai vu quelques jeunes gens qui avaient été attaqués d'épilepsie environ à l'âge de sept ou huit ans, qni en avaient été parfaitement guéris au bout de peu de temps, et chez qui elle se reproduisait à l'âge de quatorze ou quinze ans; mais je l'ai vue céder aisément.
Quand elle se soutient dès l'enfance jusqu'au-delà de la puberté , l'espérance diminue beaucoup ; mais, pour ne pas la perdre tout-à-fait il faut se rappeler le cas de Léonicéni, qu'on cite quand on veut parler de la plus belle vieillesse, et qui, après avoir été épileplique dès le berceau jusqu'à l'âge de trente ans, n'eut plus d'accès depuis lors, et devint presque centenaire sans aucune infir' mité.
L'épilepsie , chez les jeunes personnes qui n'ont pas encore été réglées et qui sont en âge de l'être, ne se guérit point avant que les règles aient paru ; chez celles qui, ayant déjà eu leurs règles, éprouvent une suppression, l'épilepsie, soit qu'elle soit l'effet de ce dérangement, soit qu'elle en soit indépendante, ne se guérit point pendant que la suppression dure; mais, ni dans Tun ni dans l'autre de ces cas, le rétablissement des règles n'opère pas toujours la guérison de l'épilepsie : c'est un obstacle enlevé , mais l'ouvrage n'est pas fait.
§ 102. L'épilepsie qui attaque depuis qu'on est sorti de l'âge de puberté n'est pas plus incurable qu'une autre, malgré l'aphorisme d'Hippocrate ; son pronostic ne varie que suivant les circonstances qui l'accompagnent, et qui seront l'objet d'un antre paragraphe.
§ 103. J'ai déjà dit qu'il était fort rare que l'épilepsie attaquât les vieillards, et l'obsçrva^iQn dç M. M[or§;agni, qui a vu
un homme de soiïanle-huit ans attaqué (le ce mal pour la première fois, est la seule de celte espèce que je me rappelle d'avoir lu. Je n'avais vu jusqu'ici qu'une seule personne qui en eîit élé attaquée au-dessus de l'âge de soixante ; elle l'a conservée jusqu'à sa mort, arrivée sept ans après une maladie putride, dans laquelle je la vis. Et il y a quelques semaines que j'ai élé consulté pour la femme d'un jardinier, âgée de soixantetrois ans, qui, il y a deux ans, en fut attaquée pendant la nuit d'un jour trèschaud ; depuis lors, elle a eu dix-huit ou vingt accès, mais qui tous, hors un seul, l'ont saisi la nuit; ils durent un quartd'heure, elle paraît piête à étouffer, et, après qu'il est fini, elle reste pendant quelques heures sans mémoire, et presque sans connaissance.
§ 104. Quant l'épilepsie subsiste dès la jeunesse et ne se guérit pas, elle ne laisse point parvenir à une grande vieillesse, elle dégénère en apoplexie et tue promplemcnt, ou bien, comme on l'a vu dans l'article précédent , la lésion du genre nerveux jetant toutes les fonctions dans la langueur, les malades périssent dans quelque maladie chronique.
§ 105. Indépendamment de l'âge, il y a d'autres circonstances qui varient le pronostic de l'épilepsie. — La sympathique est en général bien plus aisée à guérir que l'idiopathique, et on peut dire qu'elle l'est toutes les fois que la cause qui la produit n'est pas incurable, ou que la partie qui en est le siège peut être emportée sans danger ; à moins cependant qu'elle nedurât depuis bien long-temps, parce qu'alors il est à ciaindreqne le cerveau n'ait acquis par l'hiibitude une forte disposition épileplique, et que, lors même que la cause principale sera détruite, d'autres causes bien moins considérables ne la reproduisent. — L'épilepsie dont les accès sont très-violents fait craindre que le malade ne succombe et ne périsse dans l'accès. Quand ils sont forts et rapprochés on peut égalementcraindre que l'organisation ne soit très- viciée, et que le patient ne suit prêt à tomber dans la langueur. — Celle dont les accès ne sont produits que par une seule cause accidentelle, ou au moins par une cause accidentelle forte, est d'un plus heureux augure que celle qui se reproduit pour des causes si légères qu'elles échappent et qu'il est presque toujours impossible de les assigner. Cette grande facilité à fc reproduire prouvç une grande convulsi^
SIS BÏSi
bilité dans le cerveau, et laisse peu d'espérance (le la détruire.
La colère produit quelquefois des accès d'épilepsie , mais ils n'ont souvent aucune suite; je n'ai même pas vu d'exemple de quelqu'un qui fût resté épileplique après la colère, excepté la femme en couche dont j'ai parlé plus haut ; mais quand celte maladie est l'effet de la peur, elle est beaucoup plus à craindre et laisse bien moins d'espérance. Quand les chagrins produisent l'épilepsie, c'est à la longue , en détruisant le genre nerveux, plutôt que brusquement; et elle est très-fâcheuse, parce qu'elle est la suite d'un dépérissement général. — Le fond du tempérament qui a plus ou moins de ressource, l'état de la santé, les circonstances agréables ou tristes dans lesquelles on se trouve, l'air qu'on habite, le genre de vie qu'on mène, les remèdes qu'on a déjà employés, leurs effets, sont encore autant de circonstances qu'un médecin doit peser et combiner entre elles avant que de donner un pronostic. Enfin il ne faut point se dissimuler qu'il reste toujours incertain à un certain point , et il n'y a qu'un charlatan ou un fourbe qui puisse promettre une guérison complète et radicale avec cette confiance avec laquelle on promet celle de beaucoup d'autres maladies ; parce que nous n'avons aucun signe certain pour apprécier à quel point le cerveau est endommagé et susceptible de rétablissement. Il est temps de m'occuper des moyens qui peuvent le procurer.
ARTICLE XVII. IDÉE GÉnÉbALE