DU TRAITEMENT
§ 106. En se rappelant ce que j'ai dit plus haut des causes qui produisent l'épilepsie , ou verra que je les ai partagées en cause procgumène, ou disposition épileptique, convulsibilité du cerveau, en causes occasionnelles, et en causes accidentelles qui déterminent l'action de la cause proégumène ou des causes occasionnelles.
Pourguérir Tépilepsie, il faut: 1° connaître exactement quelles sont les causes occasionnelles, pour les détruire ; quelles sont les causes accidentelles dont l'iiifluence est la plus marquée, pour les prévenir; et enfin dissiper la cause proégumène en rendant au cerveau toute sa force et en changeant ce principe de convulsibilité , dont l'acte est un accès d'épilepsie. J'ai divisé les causes occa-
sionnelles en sympathiques et en idiopathiques.
§ 107. Les causes sympathiques ont leur siège, ou dans les organes intérieurs, ou dans les parties externes ; les premières , observées jusqu'à présent , sont , pour continuer l'ordre que j'ai suivi plus haut : 1° dans l'estomac ; 2» dans les intestins ; 'i° dans le foie et la vésicule; i" dans la rate ; 5" dans les reins ; 6° dans la vessie ; 7° dans les organes de la génération , et 8° dans la poitrine. — Les externes sont placées : 9° au sommet de la tête; 10° à la lèvre supérieure; 11" au sein; 12° à l'épaule ; 13° au bras et aux doigts de la main ; 1 4° à l'aine, à la cuisse et à la jambe ; 15° aux différentes parties du pied.
§ 108. Les idiopathiques se partagent en deux classes : ou celles qui sont fixes dans la têle, ou celles qui agissent en irritant d'abord le cerveau même. Les premières sont : 1° les différents accidents de chirurgie qui ont endommagé le cerveau, comme plaies, fractures, contusions ; 2° les caries et les abcès du crâne ; 3° les intropressions de la table interne ; 4° la corruption et l'ulcération de la duremère; 6° les ossifications des membranes du cerveau; 6° l'humeur gélatineuse et graisseuse qui s'épanche quelquefois dans les cavités ou autour de ce viscère; 7° la sérosité qui inonde quelquefois toutes ces parties ; 8° les hydatides et les abcès qui s'y forment; 9° le ramollissement du cerveau; 10° ses squirrhes ou callosités; 11° les tumeurs charnues qu'on y a trouvées. — Les secondes sont : 1 2° la pléthore , soit qu'elle se forme peu à peu par un excès de nutrition , soit qu'elle soit l'effet de la suppression de quelque évacuation ordinaire, soit que, par un vice de configuration , il y ait une pléthore parliculière du cerveau; 13° la pléthore occasionnée par le vin ; 14° l'âcreté dtshumeurs, qui dépend elle-même d'une grande variété de causes qu'il est inutile de rappeler ici.
Les causes accidentelles se rangent sous trois classes : 1° les passions ; 2°tout ce qui peut augmenter, la quantité ou le mouvement du sang ; 3° tout ce qui peut irriter le genre nerveux, et l'on a vu que celte classe se sous-divise en plusieurs genres.
§ 109. Avant que d'aller plus loin , il ne sera peut-être pas inutile de s'arrêter un instant sur cette division des causes, dont quelques-unes paraissent rentrer dans d'autres; ce qui pourrait laisser
Et DE -VEt
chez quelques personnes une idée confuse, que je souliaite de prévenir, quoique pour cela il faille répéter ce que j'ai déjà dit. L'épilepsie dépend de deux causes : la prédisposante , qui est un vice inhérent aux nerfs dans leur origine et qui ne tombe pas sous nos sens; et la déterminante, c'est-à-dire celle dont l'aclion met en jeu la première , et qui se divise en sympathique et en idiopathlque. J'espère qu'on a compris celle division; je la rendrai cependaut encore plus sensible par un exemple. Je vois un homme qui a une attaque d'épilepsie :
j'en conclus que la cause prédisposante de celte maladie existe chez lui ; et cette conclusion est bien sûre, puisque je conclus de l'effet à la cause; mais , une demi-heure après , cet homme se porte à merveille , il est fort bien pendant six mois, quoique la disposition de son cerveau soit toujours la même: j'en conclus avec raison qu'il y a quelque autre cause qui excite cette première. Un examen attentif me découvre que cette cause gît dans l'estnmac , dans les intestins, dans la vessie, dans l'u'érns, au sein, au pied, etc., où il y a des vices permanents, qui forment un foyer d'irritation, qui, se répandant par les nerfs , détermine l'accès quand il est porté au cerveau. C'est ce vice que l'on appelle cause déterminante, ou occasionnelle; mais ce vice existe continuellement dans plusieurs cas , et cependant l'épilepsie n'est pas continuelle, elle a de longs silencfs. Il y a donc des temps où ce second ordre de causes n'agit pas, il faut par conséquent qu'il y en ait d'autres qui déterminent son action: c'est celles que j'ai appelées causes accidentelles , qui sont aux occasionnelles ou déterminantes ce que celles ci sont à la prédisposante ou première. Mais ce qu'il est important de remarquer , pour éviter tout embarras , c'est que ces causes du troisième ordre que je viens de ranger sous trois classes: les passions, la pléthore, l'âcreté, sont souvent tout à la fois cause déterminante et cause accidentelle ; il n'y a pas toujours, comme on l'a vu, une cause organique fixée dans quelques parties ; mais les causes que je viens d'indiquer agissent sur le cerveau même. Il y a tel malade qui n'a aucun vice au cerveau que sa con vulsibilité , et elle n'est jamais mise en jeu que par la plétliore; ici la pléthore est c.iuse occasionnelle, et les Cjuses qui la varient soht les causes accidentelles. Cheï un autre, le cerveau
IS ÙALADIËS. Sid
est comprimé par une tumetlr, le inaladê est cependant souvent sans accès, et n'en aurait jamais sans cette tumeur; mais elle fait que dès que les vaisseaut sont un peu plus tendus , il tombe dans des accès : dans ce cas la tumeur est cause déterminante ou occasionnelle, la pléthore n'est que cause accidentelle.
Ces éclaircissements eli ces exemples suf* firont, j'espère, pour enlever tout ce qu'on aurait pu trouver d'embarrassant dans cet article des causes. — 11 en est des passions et des humeurs acres, comme de la pléthore ; elles sont souvent causes déterminantes et causes accidentelles ; on a même vu que les fortes passions produisent souvent la cause prédisposante, on pourrait alors les appeler causes créatrices.
§ 110. Guérir toutes ces causes occasionnelles, prévenir les accidentelles, changer la disposition épileptique du cerveau, c'est guérir l'épilepsie; mais l'on sent d'abord :
J° Que cela est toujours très - délicat et demande beaucoup d'attention , souvent difficile, quelquefois impossible.
2" Que le traitement de l'épilepsie demande par là même d'être varié suivant les causes, et qu'ainsi, annoncer un spécifique général pour sa guérison , en général est une charlatanerie qui prouve l'ignorance ou la fourberie. S'il peut y avoir un spécifique , ce serait uniquement pour la disposition épileptique du cerveau, la cause proégumène; mais cette même cause peut être combinée avec des circonstances différentes qui , elles-mêmes, exigent des attentions particulières, et mettraient obstacle à l'emploi d'un même remède : on en verra des exemples dans la suite de ce chapitre.
3° Que si l'on guérit peu l'épilepsie, c'est manque de faire attention à la variété de ses causes, et que si quelquefois les remèdes les plus vantés et peut-être les meilleurs réussissent mal, c'est parce qu'on ne fait point attention aux circonstances accompagnantes, qui en troublent l'usage et en pervertissent l'effet. — L'on trouve, dans Guy-P.itin, un morceau relatif au traitement de cette maladie, qUi mérite bien d'être rapporté ici.
« Je crois, dit -il, qu'il n'y a aucun «remède anti - épileptique ; ceux que » CroUius et la nation des chimistes van- » tent pour tels , sont des fictions et de » pures fables ; je n'excepte ni le guy de )> chêae , ni le pied d'élan , ni la racine