ARTICLE XIX. TRAITEMENT DES ÉPILEPSIES
SYMPATHIQUES QUI ONT LEUR SlÉ&E DAMS LES PARTIES EXTERNES.
§ 127. Il serait inutile de parcourir toutes les espèces d'épilepsies qui dépendent des causes externes que j'ai indiquées plus haut, et d'assigner à toutes leur trailement : elles ont des principes de curatioii communs qu'il suffit d'indiquer.— La nature, en guérissant p.ir l'ouverture d'une ulcération sur la partie mal.nde , comme on a vu plus haut qu'elle faisait quelquefois chez la religieuse dont parle Donat , a montré la.
bonne voie , qui consiste à ouvrir un écoulement sur l'endroit même affecté, ou au moins sur celui d'oii part le mal, si l'on n'y aperçoit rien; à emparter le corps étranger, s'il s'y en trouve un, comme chez la jeune fille dont Fabrice nous a conservé l'histoire ( voyez § 32) ; à extirper la tumeur, s'il y en a une, comme le fit M. Short. Quelquefois il faut inciser, d'aulres fois appliquer un vésicatoire , comme Wepl'er, ou brûler, comme Brunner le fit chez la malade dont le mal commençait par lanu'iue (§ 32). Je traitai le cordonnier , dont le mal commençait p ir la cuisse , en faisant d'abord appliquer un vésicatoire sur l'endroit même; ensuite , quand il fut tari , j'y fis ouviir un assez grand cautère, qu'il entretenait avec des boules de cire ovalaires plus grandes que celles qu'on emploie ordinairement , et je lui donnai en même temps delà valériane, ce qui l'avait parfaitement guéri (1). Cet emploi des antispasmodiques, dans le même temps qu'on ouvre une issue à la cause, est une précaution qu'il ne faut point négliger; elle peut souvent être superflue , mais elle n'est jamais dangereuse, moyennant qu'on choisisse bien les anti - sp;ismodiques. Ce n'est pas toujours la valériane ou des remèdes analogues, comme on le verra plus bas, qu'il faut ordonner, c'est
(1) Depuis que ceci est écrit, j'ai reçu de ses nouvelles; il m'a fait consuIl(3r pour un mal nouveau qui lui est survenu après cinq ans de santé; ce sont des crampes et des inquiétudes très-fortes dans la cuisse affeciéc, qui le font souffrir depuis vingt-quatre heures; je lui. ai ordonné une saignée au pied, du même côté, du petit-lait, et quand il en aura bu pendant quelques jours , un vésicatoire à la cuisse; mais je crains que ces çrampes ne présagent wu retour.
DES NËRFS
quelquefois les bains, d'autres fois le lait, le petit-iait, les aqueux.
§ J28. Si les vésicatoires , les brûlures, le cautère, étaient insuffisants, je ne balancerais pas , dans plusieurs cas oii cela est très-possible , à amputer le nerf qui anime l'endroit d'oii part le mal : je l'ai fait avec succès pour un mal de tète atroce (1 ) ; d'autres l'ont fait pour la migraine; d'autres, pour de vives douleurs au visage; M. André, chirurgien de Versailles, et M. Rifz, premier chirurgien de S. M. le roi de Pologne, pour le tic douloureux ; pourquoi ne le feraiton pas pour l'épilepsie? L'effet presque immanquable des ligatures, qi.ii suspendent la communication entre la fin et l'origine du nerf, assure le succès de l'amputation , et l'on sait combien celle d'un rameau nerveux cutané est peu dangereuse. J'ai rapporté plus haut le succès de l'amputation d'un doigt; dans des cas semblables, il faudrait la faire sans hésiter.— Lors même qu'on a lieu de croire ces espèces d'épilepsies absolument guéries, il n'est pas inutile d'ouvrir un cautère dans la partie qui a été le siège du mal : c'est un des cas de celte maladie où le cautère est bien indiqué , et il l'est en général plus souvent dans l'épilepsie que dans bien d'autres maladies ; mais je reparlerai de ses avantages plus bas.