‹ Œuvres de TissotChapitre 92 sur 160 · IV · texte numérisé non relu

IV

fille de dix-huit ans , tourmentée de convulsions affreuses , qui fut parfaitement guérie (1). M. Vincel, célèbre oculiste , établi alors à Vienne, lui apprit que ce secret n'était que des feuilles d'oranger, et M. Velse le lui confirma. C)n en fit cueillir, on en distribua dans tous les hôpitaux de Vienne, on en donna en poudre et en infusion ; il opéra utilement, mais ses succès les plus marqués furent à l'hôpital de Saint-Marc ; M. Locher, qui en était le médecin , rassembla plusieurs épilepliques ; il essaya tous les remèdes vantés, il n'en trouva point d'équiv.ilent à la feuille d'oranger : elle modéra la violence des accès chez les uns, elle les éloigna chez d'autres; elle en guérit absolument quelques-uns (2).

M. Van Swiften , M. Stork, l'ont aussi donnée avec succès ("3), et M. Idannes , médecin à Wésel, guérit par son secours un enfant épilcptique, dont la maladie avait résisté à tous les autres remèdes (4). J'ai employé les feuilles d'orar:ger dans l'épilepsie, dans les convulsions, dans les va|)eurs. J'ai vu que dans l'épilepsie elles faisaient quelquefois du bien ; je n'ai pas vu qu'elles guérissent, et je suis convaincu qu'elles sont fort inférieures à la racine de valériane. Si le succès de ces deux remèdes dans l'hôpital de Saint-Marc à Vienne a été différent, je suis porté à croire que c'est parce que la valériane, étant un remède bea ucoupplusaclif, peutavoiragi comme irritant sur des sujets qui n'avaient peutêtre pas été préparés assez long-temps à son usage, et pour qui le lieu même oîi on les traitait n'avait pas permis de se servir des moyens que j'ai indiqués plus haut comme indispensablement nécessaires pour l'employer avec confiance.

Je les ai vues réussir quelquefois d;ins les simples convulsions, et leur usage en tisane fait le plus grand bien à la femme la plus mobile que j'aie vue, et que beaucoup d'autres remèdes irritent. Je Itsdonne en poudre, <à la dose de demi-drachme jusqu'à une drachme, trois ou quatre fois par jour; et en tisane, je fais bouillir une demi-once de ces feuilles, avec vingt

(1) Idem, pars 6, cap. vu, § 4.

(2) Locher, Observât, practic. circa luem veiier. epileps. et man., cap. ii, p. 56.

(3) Cranlz, Mater, média. , pars. 1 ,

(4) ptiero «pi/eplico, p. 55.

onces d'eau , pendant un quart- d'heure , pour la dose du jour; ainsi les feuilles d'oranger sont un bon remède, leur saveur même devait le faire présumer ; mais ce n'est point un spécifique dans l'épilepsie, et M. Locher lui-même en convient.

ARTICLE XXVn. — LE KISA , LK TER, LK CAMPHRE, LE CASTOR, l'aSSA-FOETIDA, LA

BUE, etc.

§ 170. Le kina, joint au mercure, guérit, comme on l'a vu plus haut , d'après Heister, une épilepsie vermineuse , que les anires remèdes n'avaient pu guérir. Tozzi, Grainger, Fuler, Eller, s'en sont aussi servi avec le plus grand succès dans celte maladie ; M. Locliei- dit s'en être bien trouvé et l'emploie souvent. Je l'ai employé plusieurs fois, et j'en ai vu d'heureu\ effi-ls; je lui dois même en entier deux guérisons; mais la périoJicilé exacte que la maladie observait dans ces deux cas tout comme dans celui que décrit M. Grainger, dont le malade avait un accès Ions les six jours (l) : la faiblesse d'estomac, l'atome, qui existaient dans les autres cas dans lesquels je l'ai employé, me convainquirent que le kina doit être employé avec confiance dans les épilepsies qui dépendent de quelqu'une des causes que je viens d'iniliqner, mais qu'il n'a point de vertu antiépilepliqcie décidée, et que quand il s'agit de remédier au vice du cerveau, à celle disposition proéfiumène, qui est la hase de la maLidie, il est bien inférieur à la valériane : je le crois même en général fondé sur plusieurs observations, inférieur au fer dans tous les maux de nerfs ; et ce dernier remède , qui est le plus puissant des farliliatita, trouve aussi souvent place dans la cure de l'épilepsie, quand elle est accompagnée de quelquesunes de ces maladies auxquelles le fer, et le fer seul , remédie. — Les eaux minérales cbalybées, qui sont tians quelques cas la préparation martiale la plus utile, et qui ont quelquefois du succès dans l'épilepsie qui dépend de l'atonie dts premières voies , ne doivent cependant être ordonnées qu'avec prudence. Le principe spiritueux qu'elles renferment, qui porle si fortement les humeurs dans les rameaux des carotides qu'il enivre

(1) Febris anomala Batava, p. 112.

quelques personnes, et donne des maux (te tête à d'autres, est une forte contreindication pour les employer dans cette maladie. J'ai vu des épilepsies augmentées par les eaux de Pjrmonl et de Spa, qu'on avait annoncées comme des spécifiques immanquables, et il est démontré par la raison et par les fnits qu'autant qu'elles peuvent faire de bien dans quelques épilepsies sympathiques, autant elles peuvent nuire quand le siège du mal est dans la tête.

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