LE CAMPHRE
§ 171. Parmi les remèdes proprement dits anti-épilepliques, le camphre, le castor, l'assa-fœlida , la rue, tiennent aussi des ranfrs distingues. — Il n'est pas douteux que le camphre ne soit un remède très-c'flicacc ; ses sucres dans plusieurs maladies aiguës et chroniques sont incontestables; son action sur les nei'fs est bien démontrée ; et M. Alexandre a même prouvé , par une belle observation , qu'elle était si forte, quand on le donnait à grande dose , qu'elle pouvait devenir Irès-dangrrciise (I); ainsi on pourrait conclure à l'avance qu'il peut être utile dans l'épilepsie , et son odeur, analogue à celle de la valériane, quoique différente, leurs effets semblables dans plusieurs autres mal.idies , aiigmenlerit les espérances qu'on peut en concevoir dans celle-ci, et que l'expérience justifie. M. Hannes dit avoir souvent donné aux épileptiques avec succès une teinture camphrée, composée d'une once et demie de grains de kermès et autant de camphre, d.ms vingt onces d'esprit de vin, connue sous le nom de teinture épileplique de Pierre (v); e t iM. Lochera vu les plus heureux effets d'une teinture de camphre bien mieux composée, et dont il dit qu'il est incroyable de voir quelle eflicacité elle a dans le traitement de l'épilepsie (3j ; il guérit par son seul usage
(1) Deux scrupules de camphre, pris tout à la fois, lui donnèrent du malaise, de la faiblesse, de l'abaitement, de l'embarras de toie, ini trouble total île vue, une perle de connaissance, de fortes convulsions, des défaillances, un pouls irilisvite, et il fut près de trois heures dans un état dangereux. (Alexander, Experitnenial essais, etc., p. 159, )
(2) De puer, epileptico, p. 47.
(3^ Pr. Camphor. dr. semi saccar. ca-
ET DE LEORS MALADIES
un malade qui depuis trois ans était attaqué d'une épilepsie atroce ; j'ai vu de bons effets du camphre , sans pouvoir lui attribuer aucune cure épileplique, mais je n'en ai jamais donné plus de dix grains à la fois , et j'ai soin que la dernière prise soit toujours donnée avant les quatre heures du soir; j'ai remarqué depuis long-temps que, donné plus tard, il procure souvent des nuits inquiètes.