LE CASTOR
§ 172. La réputation du castor a beaucoup diminué depuis un siècle. Rivinus est le premier qui ait douté des grands effets qu'on lui attribuait et qu'il n'opérait pas; il voulait même qu'on le proscrivît despharmacies, oùilne sert, dit-il, qu'à répandre une mauvaise odeur (1).
Stahl n'en pensait pas plus favorablement, et Juncker, son élève et l'cxpositeurdesa doctrine, le condamne expressément dans l'épilepsie et dans les vapeurs , parce que, dit-il, s'il soulage pour quelques moments, il laisse ensuite de plus grands maux , surtout un grand embarras de lèle et des angoisses à l'estomac (2). Neumann, qui a si bien analysé tous les remèdes , le croit incapable d'opérer les effets qu'on lui attribuait (3), et M. Alexander conclut, d'après ses expériences (il est vrai qu'il paraît tirer trop vite des conclusions générales), que le castor ne mérite point une place sur la liste des médicaments : « d'après les » observations les plus exactes que j'aie )i pu faire, dit-il, et ce que j'ai appris » de celles des autres, on ne peut espé- >' rer aucun bcnélice sensible du cas- » tor dans les maladies fpasmodiques » (4). » Le peu de succès que je remarquai de ce remède, dans les premières années que je l'employai, m en dégoûta;
nar. mucilag. gumm. arab., aa. dr. j ; his invicem in moi-lar. niarm. Iril. add. acet. calid., unciam semi; aq. flor.
samb., uncias vj ; sirup. flor. pap. rliead., nnciani j. Observ. pract., p. 42. Le vinaigre n'est peut-être pas moins utile que le camphre.
(1) Censur. meJicamen officinal. .cap. ii, §8.
(-2) Conspecttis medic. tlieoret. pract., lab. 57, caut. 55, et tab. 55, caut. 5.
(5) The cliemical Works of Gasp. Neumann, p. 5G6.
(4) Expérimental essais, p. 87.
j'en ai fait dès-lors très-peu d'usage, et toujours plutôt par essai et en l'observant attentivement que par confiance; mais je n'ai jamais rien vu qui ait pu me faire changer d'idée ; d'ailleurs le vrai castor est rare, il se conserve peu en substance, sa teinture spiritucise distillée et son extrait aqueux sont sans force, et il n'y a que son extrait spiritueux qui peut servir à conserver ce qu'il a d'utile. Ainsi, sans lui ôter absolument toiile eHicacilé , comme il est souvent sophistiqué, qu'il se conserve mal, qu'il est excessivement désagréable, et qu'on a beaucoup de remèdes qui ont les mêmes qualités dans un degré fort supérieur, je pense, comme Rivin, qu'il serait à souhaiter qu'on le proscrivit.
l'assa-fostida.
§ 173. L'assa-fœtida , à laijtielle on peut joindre les autres gommes qui ont des vertus assez rappro.'ihées , mais plus faibles, surtout dans les maux de nerfs, est un remède véritablement eflirace dans plusieurs de ces maladies, et dont j'ai vu les plus grands effets, surtout dans quelques asthmes convulsiFs; elle est trèsutile dans l'épilepsie , quand il y a une complication de viscosité dans les humeurs, d'obstruction dans les premières voies, et un principe vermineux ; on peut dans plusieurs cas l'allier à la valériane, mais il faut f.iire attention que, comme toutes les gommes, elle porte un peu à la tète, et se souvenir de l'observation de M. Burgrave, qui a fait remarquer le premier que, pendant qu'on faisait usage des gommes, on était trèssujet à voir des étincelles devant les yeux (1), symptôme auquel les épileptiques sont sujet; , ce qui exige bien des attentions avant que de se déterminer à leur en donner des doses un peu fortes.